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Société - Transparence

Adel Nassar défend sa circulaire adressée aux notaires et s'exprime sur plusieurs dossiers

Le propriétaire du navire Rhosus, Igor Grechushkin, n'a pas encore été interrogé.

Adel Nassar défend sa circulaire adressée aux notaires et s'exprime sur plusieurs dossiers

Le ministre libanais de la Justice, Adel Nassar. Photo Ani

Le ministre de la Justice Adel Nassar a déclaré pendant le week-end que le Liban doit impérativement renforcer la transparence dans sa gouvernance pour ne pas s’isoler du reste du monde. Ces propos ont été tenus alors que le ministre vient de durcir les contrôles sur les actes notariés au Liban, dans une décision inattendue.

« Cette étape est cruciale si le Liban veut rester lié au système financier mondial », a affirmé M. Nassar. Le ministre s'exprimait au cours d'une conférence à l’Université Saint-Joseph, sous le thème « Le judiciaire entre indépendance, droit et chemin vers l’État ».

Conformément à la circulaire n°1355 publiée vendredi, le ministère de la Justice exige désormais des notaires qu’ils mettent en œuvre un système renforcé pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. La circulaire vise à améliorer la traçabilité des transactions et à limiter les mécanismes donnant un contrôle caché sur des actifs ou des entreprises.

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Cette mesure intervient alors que le Liban est inscrit depuis un an environ sur la liste grise du Groupe d'Action financière (GAFI), qui regroupe les pays qui ne luttent pas suffisamment contre la criminalité financière. Le Liban s'est engagé à adopter un plan pour redevenir conforme aux yeux du GAFI, mais ne devrait pas être retiré tout de suite de la liste. Le secteur bancaire du pays est également paralysé depuis le début de la crise qui a éclaté en 2019, les autorités ayant repoussé pendant six ans les chantiers difficiles mais nécessaires pour l'assainir et lui permettre de recommencer à fonctionner. 

« Le Liban ne peut pas rester isolé du monde ; nous devons accepter les principes de transparence, car l’intérêt national supérieur l’exige. Personne ne bénéficie de l’existence du blanchiment d’argent ou du financement du terrorisme », a souligné Adel Nassar.

L'extradition de Habib Chartouni

Le ministre a également commenté les récentes rencontres entre délégations libanaises et syriennes, qui se réunissent depuis plusieurs semaines pour régler plusieurs dossiers, dont celui de la libération de prisonniers syriens détenus au Liban ou de personnes ayant commis des crimes et ayant fui vers la Syrie.

« J’ai personnellement demandé l’extradition de Habib Chartouni », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il a aussi demandé des informations sur les assassinats politiques et les personnes disparues de force, une information qu'il avait déjà évoquée le 3 octobre. Habib Chartouni a été condamné pour l’assassinat en 1982 de l’ancien président élu et leader des Forces libanaises, Bachir Gemayel.

« L’essentiel est de faire avancer ces enquêtes », a poursuivi Adel Nassar. « La réponse a été positive et compréhensive. » Concernant les Syriens détenus au Liban, il a déclaré : « L’approche des deux parties était positive, mais la solution ne peut pas se faire au détriment du sang du peuple libanais. »

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S’agissant des enquêtes sur l’explosion au port de Beyrouth en 2020, le ministre a précisé qu’il n’intervient pas dans le travail du juge d’instruction chargé de l’affaire, Tarek Bitar. Cependant, il a indiqué qu’il suivait le dossier de l’extradition du propriétaire du navire Rhosus Igor Grechushkin, actuellement « détenu mais pas encore interrogé ». Le Rhosus avait transporté et déchargé en 2014 le nitrate d’ammonium qui avait provoqué l’explosion double meurtrière au port de Beyrouth le 4 août 2020. Igor Grechushkin a été arrêté le 5 septembre de cette année à Sofia, en Bulgarie.

Le monopole de l'État sur les armes

Concernant le désarmement des groupes armés opérant au Liban, dont le Hezbollah ou les milices palestiniennes, Adel Nassar a affirmé que « le monopole des armes sous l’autorité de l’État est une exigence intérieure essentielle pour la construction de ce dernier ». « L’armée libanaise fait un travail immense, le processus de désarmement se déroule loin des médias et se poursuivra selon le plan de l’institution militaire », a-t-il ajouté.

L’armée libanaise est chargée de mettre en œuvre le plan approuvé par le gouvernement pour désarmer le Hezbollah et d’autres milices, conformément à la décision du Cabinet du 5 août réaffirmant le monopole de l’État sur les armes. Le gouvernement Salam doit se réunir lundi pour entendre le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal, qui doit fournir un premier bilan des actions de la troupe à ce sujet.

L'affaire du rocher de Raouché

Enfin, Adel Nassar a abordé la question de la projection des portraits des anciens secrétaires généraux du Hezbollah, Hassan Nasrallah et Hachem Safieddine, sur le rocher de Raouché le 25 septembre. « L’illumination de Raouché constituait une violation d’une décision administrative, et à travers elle, le parti a envoyé un message à ses partisans disant : ‘Je suis au-dessus de l’autorité de l’État’ », a-t-il estimé, avant d’assurer que les procédures judiciaires suivaient leur cours et devraient bientôt aboutir.

Ce dossier, comme celui du désarmement, est à l’ordre du jour d’un Conseil des ministres prévu lundi à 15h.

Le ministre de la Justice Adel Nassar a déclaré pendant le week-end que le Liban doit impérativement renforcer la transparence dans sa gouvernance pour ne pas s’isoler du reste du monde. Ces propos ont été tenus alors que le ministre vient de durcir les contrôles sur les actes notariés au Liban, dans une décision inattendue.« Cette étape est cruciale si le Liban veut rester lié au système financier mondial », a affirmé M. Nassar. Le ministre s'exprimait au cours d'une conférence à l’Université Saint-Joseph, sous le thème « Le judiciaire entre indépendance, droit et chemin vers l’État ».Conformément à la circulaire n°1355 publiée vendredi, le ministère de la Justice exige désormais des notaires qu’ils mettent en œuvre un système renforcé pour lutter contre le blanchiment d’argent et le...
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