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Société - Justice

Demande d’extradition d’Igor Grechushkin : le Liban s’engage à ne pas appliquer la peine de mort

En deux semaines, la juge chargée de l’entraide pénale internationale, Myrna Kallas, s’est rendue deux fois en Bulgarie pour remettre les documents requis.

Demande d’extradition d’Igor Grechushkin : le Liban s’engage à ne pas appliquer la peine de mort

Les ravages causés par la double explosion au port de Beyrouth. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

L’avocate générale près la Cour de cassation chargée de l’entraide pénale internationale, Myrna Kallas, s’est rendue la semaine dernière en Bulgarie, où elle a remis aux autorités compétentes vendredi l’engagement écrit du Liban de ne pas prononcer une condamnation à mort – ou de ne pas exécuter cette peine – contre le propriétaire du navire Rhosus, Igor Grechushkin. Ce dernier avait transporté de Géorgie le nitrate d’ammonium à l’origine de la double explosion au port de Beyrouth (4 août 2020) et l’avait débarqué en 2014 à Beyrouth. Il a été arrêté en Bulgarie au début du mois courant en vertu d’une notice rouge d’Interpol émise à la demande du Liban qui, en octobre 2020, avait livré un mandat d’arrêt par défaut à son encontre. Entre le Liban et la Bulgarie existe une convention d’extradition, dont une clause stipule que l’État requis (en l’occurrence la Bulgarie) peut refuser une demande d’extradition formulée par l’État requérant (le Liban), à moins que celui-ci ne lui procure des garanties suffisantes assurant que la peine de mort ne sera pas exécutée. La Bulgarie a aboli la peine capitale, alors que la loi libanaise la prévoit toujours, même si aucune exécution n’a eu lieu depuis qu’un moratoire de fait a été établi en 2004.

De nationalité russo-chypriote, Igor Grechushkin, 45 ans, est selon plusieurs investigations menées par la presse l’affréteur de Rhosus, et non son propriétaire, qui serait plutôt le magnat chypriote Charalambos Manoli. M. Grechushkin est recherché pour « introduction d'explosifs au Liban, acte terroriste ayant entraîné la mort d’un grand nombre de personnes, et désactivation de machines dans le but de faire couler un navire », avait indiqué le parquet bulgare, dans un communiqué publié le 16 septembre.

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Il s’agit du deuxième déplacement de la juge Kallas, qui s’était rendue en Bulgarie quelques jours après l’annonce de l’arrestation d’Igor Grechunkin. Lors de ce premier voyage, la magistrate avait remis aux autorités bulgares les documents précisant les infractions reprochées et les dispositions pénales sur lesquelles reposent les poursuites et le mandat d’arrêt. Selon nos informations, la justice bulgare aurait ensuite demandé quelques clarifications, notamment sur l’engagement du Liban à ne pas prononcer ni exécuter la peine de mort, dans le cas où M. Grechushkin serait extradé. C’est dans ce sillage que la juge Kallas a été dépêchée une seconde fois à Sofia, afin de remettre les précisions requises à l’ambassadeur du Liban en Bulgarie, avec lequel elle s’est rendue au ministère bulgare des Affaires étrangères. À l’heure actuelle, les documents seraient parvenus au parquet bulgare.

Les deux déplacements de Mme Kallas s’inscrivent dans le cadre des efforts intensifiés que déploie le ministre de la Justice Adel Nassar pour accélérer la transmission des pièces demandées. L’objectif est d’éviter tout risque de retard lié à la lenteur bureaucratique des canaux diplomatiques classiques (courriers), à travers lesquels les documents auraient pu ne pas parvenir à la date butoir du 13 octobre, date à laquelle la Bulgarie serait en droit de libérer M. Grechkushin, faute d’avoir reçu les pièces en question.

L’avocate générale près la Cour de cassation chargée de l’entraide pénale internationale, Myrna Kallas, s’est rendue la semaine dernière en Bulgarie, où elle a remis aux autorités compétentes vendredi l’engagement écrit du Liban de ne pas prononcer une condamnation à mort – ou de ne pas exécuter cette peine – contre le propriétaire du navire Rhosus, Igor Grechushkin. Ce dernier avait transporté de Géorgie le nitrate d’ammonium à l’origine de la double explosion au port de Beyrouth (4 août 2020) et l’avait débarqué en 2014 à Beyrouth. Il a été arrêté en Bulgarie au début du mois courant en vertu d’une notice rouge d’Interpol émise à la demande du Liban qui, en octobre 2020, avait livré un mandat d’arrêt par défaut à son encontre. Entre le Liban et la Bulgarie existe une convention...
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