Le Premier ministre libanais Nawaf Salam arrive au Palais présidentiel de Baabda, le 5 septembre 2025, pour participer à une réunion du gouvernement consacrée à un plan de l’armée visant à désarmer le mouvement chiite Hezbollah. Photo AFP/ Anwar Amro.
Le Premier ministre Nawaf Salam, jouissant d'un élan de soutien ces derniers jours, notamment au sein de la communauté sunnite après l'incident de Raouché, l'a réaffirmé encore vendredi : « Prévenir la discorde ne peut se faire au détriment de l’application de la loi ; bien au contraire, prévenir la discorde exige que tous les citoyens se sentent égaux devant la loi et protégés par l’État ».
« Notre projet a toujours été et demeure la reconstruction de l’État. De même qu’il ne peut y avoir qu’une seule armée pour un seul État, il ne peut y avoir qu’une seule loi, appliquée de manière égale à tous, sans qu’aucun ne soit au-dessus de celle-ci ni à l’abri de la responsabilité et de la reddition des comptes », a-t-il également affirmé dans des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
La veille, il avait déjà affirmé « n'emprunter qu'une voie : un seul État, une seule loi, une seule armée. »
La projection il y a une semaine du portrait de l'ancien secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah et de son successeur éphémère Hachem Safieddine sur la Grotte aux pigeons à Raouché s'était faite en violation d’une décision administrative du mohafez (gouverneur) de Beyrouth, Marwan Abboud. Sur ordre de M. Salam, il avait interdit toute projection lumineuse des portraits des responsables sur ce lieu emblématique de Beyrouth.
« Nul ne peut mettre en doute mon arabité »
En réponse aux campagnes d'intimidation qui le visent, notamment de la part de la base populaire du Hezbollah, qui l'accuse d'être un « sioniste », ou un « esclave des Américains », M. Salam a répondu : « Ma conscience est tranquille, et ces campagnes malveillantes ne sauraient infléchir mon parcours ». « Nul ne peut mettre en doute mon arabité ni mes positions constantes en faveur de la cause palestinienne, que j’ai défendue dans les plus hauts forums internationaux, sans jamais en faire porter le prix au Liban » s'est défendu l'ancien juriste de renom, dans une pique à peine dissimulée à l'égard du Hezbollah.
Le parti chiite avait ouvert au lendemain du 7-Octobre un « front de soutien » à Gaza et au Hamas, qui s'est mué en guerre quasi totale d'Israël au Liban près d'un an plus tard, détruisant de larges secteurs de la banlieue sud de Beyrouth, de la Békaa et du Liban-Sud, où la communauté chiite est majoritaire.



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