Le président de la République, Joseph Aoun, reçoit à Baabda le vice-Premier ministre, Tarek Mitri, jeudi 2 octobre 2025. Photo publiée sur le compte X de la présidence libanaise.
Le vice-Premier ministre, Tarek Mitri, a informé jeudi le président de la République Joseph Aoun du « bilan des réunions libano-syriennes » tenues mercredi, qui « contribueront à renforcer la confiance dans les relations entre le Liban et la Syrie », selon des propos de M. Mitri relayés par la présidence dans un message sur X. « Nous avons examiné différents dossiers et travaillons à régler les questions en suspens, notamment la question des détenus syriens dans les prisons libanaises », a-t-il indiqué à la suite de la réunion.
Une délégation syrienne a mené un déplacement mercredi à Beyrouth, pour discuter notamment de l'épineuse question des détenus syriens dans les prisons libanaises, revenue en force sur le devant de la scène depuis l'arrivée au pouvoir à Damas en décembre 2024 de la coalition rebelle menée par Ahmad el-Chareh. Déjà mi-septembre, deux délégations libanaises s'étaient rendues à Damas pour en discuter, faisant suite à un déplacement à Beyrouth, le 1er septembre, d’une délégation syrienne qui avait rencontré Tarek Mitri. « Nous poursuivrons les discussions avec la partie syrienne à ce sujet, ainsi que la coopération visant à vérifier la possible présence de Libanais dans des prisons syriennes », a également indiqué M. Mitri, qui pilote les relations libano-syriennes.
Selon le quotidien panarabe Asharq al-Awsat, qui cite un « responsable libanais » ayant requis l'anonymat, la partie libanaise a demandé à Damas de « fournir des informations sur les assassinats qui ont visé des responsables politiques, religieux, militaires, sécuritaires et des journalistes libanais, et pour lesquels le régime syrien précédent est soupçonné d’être impliqué ». Elle aurait « remis une liste des personnalités qui ont été assassinées sous la domination du régime des Assad, et dont les enquêtes n’ont pas permis d’identifier les auteurs », « depuis le leader druze Kamal Joumblatt (assassiné en 1977, sous l’ère du régime de Hafez el-Assad) jusqu’à l’assassinat du chercheur Lokman Slim (en 2021, imputé au Hezbollah) ».
Sommet arabo-russe
Sur un autre volet, M. Mitri a indiqué avoir demandé à Joseph Aoun « ses directives concernant (sa) représentation au premier sommet arabo-russe, qui se tiendra à Moscou à la mi-octobre ». Le président russe Vladimir Poutine avait officiellement invité à la mi-mai les dirigeants de tous les États membres de la Ligue arabe à participer à ce sommet inédit, prévu le 15 octobre. « Nous avons évoqué la prochaine séance du Conseil des ministres, où il est prévu d’entendre la direction de l’armée au sujet du rapport mensuel relatif au monopole des armes, et nous avons discuté du climat de confiance existant entre le gouvernement et le président de la République », a enfin explicité le vice-Premier ministre.
De son côté, le ministre de la Défense, Michel Menassa, a rencontré dans la ville d’al-Ula, en Arabie saoudite, le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad el-Chaïbani, en marge de sa participation à un sommet sur la sécurité. Au cours de l’entretien, les deux hommes ont, selon l'ANI, examiné les moyens de développer les relations bilatérales entre le Liban et la Syrie et de renforcer la coordination entre les deux pays. Ils ont également poursuivi les discussions autour de l’accord conclu à Djeddah à la fin du mois de mars, visant à délimiter la frontière entre les deux États et à former des commissions juridiques spécialisées à cette fin, ainsi qu’à activer les mécanismes de coopération pour faire face aux défis sécuritaires et militaires.
Plainte contre Wi'am Wahhab
Dans le cadre du procès intenté en Syrie contre l’ancien ministre libanais Wi’am Wahab (proche du régime Assad), la justice du nouveau régime à Damas a convoqué mercredi le plaignant, l’avocat syrien Bassel Saïd Maneh, pour entendre son témoignage. Selon plusieurs médias locaux et syriens, les faits reprochés à M. Wahab ont trait à « la publication de mensonges qui portent atteinte au prestige de l’État (syrien), à l’incitation à la violence confessionnelle, la volonté affichée de renverser le chef de l’État, et l’incitation à la sédition armée sur internet ».
Alors que les affrontements battaient leur plein en juillet dernier entre des tribus bédouines sunnites et des habitants druzes de la région syrienne de Soueida (Sud), l’ancien ministre Wahab avait annoncé la création d’une formation baptisée « Armée du Tawhid », du nom de son parti politique, qui devait, selon lui, mettre en place « une résistance indépendante afin de défendre les druzes », qu’il a considérés comme victimes d’un conflit ourdi par les nouvelles autorités syriennes. Dès le 23 juillet, Wahab était visé par une demande d’ouverture d’une information judiciaire au Liban, dénonçant des crimes qui « menacent la sécurité nationale et la paix civile ». Un autre procès s’est ouvert en Syrie, devant le 5e juge d’instruction, spécialisé dans la cybercriminalité, tandis que Wi'am Wahab saluait les frappes israéliennes contre ce pays pendant cet épisode de violence.



On était bien contents de voir le Président s’impliquer dans la gérance du pays et en finir avec les pratiques honteuses et partisanes de son mauvais prédécesseur. Son rôle d’arbitre faisait plaisir. Mais son rôle premier est de défendre la légalité et la souveraineté de l’Etat. Etre encore conciliant avec les débordements arrogants et haineux d’une milice armée illégale et vendue ne va pas tout à fait dans ce sens. Tous ces voyous qui, même vaincus, nous menacent de guerre et de mort doivent être interpellés. C’est bien eux qui menacent la paix civile pas nous. Courage juge Nawaf.
06 h 29, le 03 octobre 2025