Capture d'écran d'un entretien accordé par Ali Larijani, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, à l'émission iranienne « Ham-e‘ahd », mercredi 1er octobre 2025.
Ali Larijani, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, a déclaré mercredi que le Hezbollah ne mène pas d'opérations militaires « parce qu'il ne veut pas rompre le cessez-le-feu » entre le Liban et Israël, lors d'un entretien à l'émission télévisée iranienne « Ham-e‘ahd », relayé par les agences de presse iraniennes.
« Si le Hezbollah n'agit pas en ce moment, c'est parce qu'il ne veut pas rompre le cessez-le-feu entre le Liban et le régime sioniste ; autrement, il a la capacité de bouleverser l'équilibre sur le terrain » a-t-il ainsi affirmé. « Pour l'heure, il fait preuve de retenue » ajoute-t-il. Selon lui, « la position et le prestige de ce mouvement expliquent l’inquiétude d’Israël ». « Si le Hezbollah était superficiel, il n’y aurait pas de crainte, mais sa profondeur oblige à une lecture plus attentive de son influence régionale », selon Ali Larijani.
Même si le Hezbollah est sorti très affaibli de sa dernière guerre contre Israël, perdant notamment la direction historique de son mouvement et des milliers de combattants, selon le parti lui-même, Ali Larijani a expliqué avoir observé « un profond renouveau au sein du mouvement » lors de ses déplacements à Beyrouth : « Ils se sont largement reconstitués et très rapidement » a-t-il vanté.
« Il est indéniable que le Hezbollah a subi des coups — assassinats de dirigeants, pertes — et cela a provoqué un choc » a-t-il également reconnu, notant que « le charisme de (Hassan) Nasrallah avait un effet moral sur l’ensemble du mouvement. » Secrétaire général du parti pendant 33 ans, Hassan Nasrallah a été assassiné dans des frappes massives sur la banlieue sud de Beyrouth, le 27 septembre 2024.
Le conseiller de l'ayatollah Ali Khamenei s'est longuement arrêté sur cette figure, « portée sur la consultation ». « Beaucoup de leaders prennent de bonnes décisions mais n’ont pas ce charme humain ; Nasrallah, lui, avait une dimension spirituelle, faisait preuve d’humilité et possédait un charisme perceptible » a-t-il déclaré. « Il se considérait tenu de suivre l’avis du Conseil (exécutif du Hezbollah, la Choura). Même lors de réunions auxquelles nous participions avec (...) Kassem Soleimani (général iranien considéré comme le deuxième homme de « l'Axe de la résistance », assassiné à Bagdad le 3 janvier 2020 par une frappe de drone américain, NDLR), et d’autres amis, il arrivait qu’il ait un avis tranché ; mais quand de nouveaux éléments apparaissaient dans les débats, il faisait preuve d’acceptation et de souplesse », a-t-il détaillé.
Ali Larijani a également estimé que les interventions « étrangères », en particulier en Irak, ont contribué à la formation de la « résistance » sur place : « Lors d’une réunion, on m’a demandé pourquoi nous voulions créer un courant de résistance en Irak ; j’ai répondu : « N’étiez-vous pas ceux qui avez engendré le Hezbollah au Liban ? Vous reproduisez maintenant la même chose en Irak. » » Selon lui, les erreurs « d’ingérence et d’humiliation » des populations locales ont favorisé la naissance des mouvements de résistance, « que l’Iran a ensuite soutenus ».
En septembre 2015, Ali Reza Zakani, député de Téhéran, avait déclaré qu’avec la prise de Sanaa, la capitale du Yémen, par les houthis, Téhéran contrôlait désormais quatre capitales arabes – les trois autres étant Bagdad, Damas et Beyrouth. Et en 2017, Ali Akbar Velayati, alors principal conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei, avait déclaré depuis Alep en Syrie que « la ligne de résistance part(ait) de Téhéran et traverse Bagdad, Damas et Beyrouth pour atteindre la Palestine ».
À l'aune des bouleversements régionaux induits par la guerre débutée par l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et de la riposte israélienne qui a suivi, dont les conséquences se sont étendues à l'ensemble de la région, l'Iran a vu son « axe » péricliter, notamment après la chute du régime Assad en Syrie en décembre 2024, au profit d'une coalition islamiste sunnite hostile au « croissant chiite » dans la région.
Concernant le dossier du nucléaire, alors que l’ONU a officiellement rétabli dimanche soir ses sanctions contre la République islamique d’Iran, après l’échec des négociations, Ali Larijani a déclaré que « lorsque la partie américaine dit explicitement que la portée de vos missiles doit être inférieure à 500 kilomètres, cela montre qu’elle ne veut pas d’une négociation réelle. »




Ah nous voilà rassurés ouf
10 h 43, le 03 octobre 2025