Un drapeau libanais dans le village de Chebaa au Liban-Sud, face à la position militaire israélienne dite du « Radar », près des fermes occupées de Chebaa, le 23 juillet 2025. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Plusieurs localités du Liban-Sud ont été visées mercredi par des frappes de drones de l’armée israélienne, faisant au moins un mort et plusieurs blessés, rapporte notre correspondant Mountasser Abdallah.
En début de soirée, un drone de l’armée israélienne a largué une bombe incendiaire sur la localité de Breij, à la périphérie de Jbaa, dans l’Iqlim al-Touffah (caza de Nabatiyé). C’est la première fois que la région est visée par ce type de bombe, après avoir déjà été frappée à plusieurs reprises par des raids de l’aviation et des drones israéliens.
Un peu plus tôt, un drone a atteint une voiture dans la localité de Kafra (caza de Bint Jbeil) avec deux missiles, tuant une personne et en blessant cinq autres, dont deux grièvement. Le ministère de la Santé a confirmé ce bilan. La victime, Ali Karouni, était un garagiste, rapporte notre correspondant. Toujours dans le même caza, un autre drone a largué tôt dans la journée plusieurs bombes sur une carrière de pierres en périphérie de Yaroun, tandis qu’en début d’après-midi, un drone avait lancé une bombe en direction d’un habitant de Houla (caza de Marjeyoun) dans un champ, mais il en est sorti indemne.
Malgré l’entrée en vigueur de la trêve en novembre dernier, Israël continue d’occuper plusieurs points au Liban-Sud et y mène, ainsi que dans la Békaa, des frappes quasi quotidiennes, faisant plus de 300 tués, selon notre décompte à partir de données du ministère de la Santé et de l’ONU. Cette dernière a annoncé mercredi avoir pu confirmer la mort de 103 civils au Liban. « Nous constatons encore aujourd’hui les conséquences dévastatrices de frappes aériennes et attaques de drones sur des zones résidentielles et à proximité des forces de maintien de la paix de l’ONU dans le sud » du pays, a déclaré dans un communiqué le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk, tout en appelant à un arrêt immédiat des hostilités.
Incident avec une patrouille de la Finul
Par ailleurs, mercredi également, des habitants de Nfakhiyé, à l’est de Tyr, ont intercepté une patrouille de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) qui traversait la localité sans escorte de l’armée libanaise, indique encore notre correspondant. Des militaires libanais se sont ensuite rendus sur place pour mettre fin à l’incident.
Les tensions entre les Casques bleus et les habitants du Sud, région où le Hezbollah exerce une forte influence, se sont accrues depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le parti chiite et Israël fin novembre 2024 qui a mis fin à plus de 13 mois de guerre. Les frictions surviennent fréquemment lorsque des convois de la Finul patrouillent sans être accompagnés par l’armée libanaise. Les habitants, généralement partisans du Hezbollah, bloquent ou affrontent fréquemment ces patrouilles, accusant la force internationale d’outrepasser son mandat en circulant seule. Selon la résolution 1701 du Conseil de sécurité, la Finul est autorisée à se déplacer de manière autonome dans ses zones de déploiement.
Frontière libano-syrienne : une roquette explose à Joussié
À la frontière libano-syrienne, du côté syrien, une roquette, vraisemblablement résidu de la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël, a explosé près de l’école et de l’église du village de Joussié, rapporte notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah. Une vidéo partagée par notre correspondante montre une colonne de fumée s’échappant de la zone peu après l’explosion.
Des médias syriens font état d’un mort et de plusieurs blessés, indiquant que l’explosion a touché un « entrepôt » d’armes. Joussié se situe dans la province de Homs, dans une zone qui était sous le contrôle du régime Assad et du Hezbollah durant la guerre civile syrienne, et où des affrontements meurtriers ont opposé début 2025 des « clans » libanais (familles Zeaïter, Jaafar, Noun, Jamal et Racheini) aux nouvelles forces de sécurité syriennes hostiles au Hezbollah.


