Un soldat de la Finul face à la ligne bleue, au niveau du village frontalier avec Israël de Alma el-Chaab (caza de Tyr), le 16 septembre 2025. Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Les Nations Unies ont annoncé mercredi avoir pu confirmer la mort de 103 civils au Liban depuis la trêve avec Israël de novembre 2024, tout en appelant à un arrêt immédiat des hostilités.
« Nous constatons encore aujourd'hui les conséquences dévastatrices de frappes aériennes et attaques de drones sur des zones résidentielles et à proximité des forces de maintien de la paix de l'ONU dans le sud » du pays, a déclaré dans un communiqué le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk.
Le responsable onusien a appelé à redoubler d'efforts pour une trêve durable, plus de dix mois après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. « Les familles sont incapables de commencer à reconstruire leurs maisons et leur vie, et elles doivent désormais faire face au danger imminent de nouvelles frappes. Des centaines d'écoles, de centres de santé, de lieux de culte et d'autres infrastructures civiles endommagées restent des zones interdites d'accès, ou, au mieux, partiellement utilisables », a-t-il détaillé.
Le Haut-Commissariat a indiqué avoir été en mesure de confirmer la mort de 103 civils entre novembre 2024 et fin septembre dernier sur le territoire libanais. Aucun décès n'a en revanche été signalé en Israël suite à des tirs de projectiles depuis le Liban depuis la trêve.
Le 21 septembre, un drone israélien a frappé un véhicule et une moto dans la zone frontalière de Bint Jbeil, tuant cinq personnes, dont trois enfants. Volker Türk a exigé l'ouverture d'une « enquête indépendante et impartiale » sur cet évènement, ainsi que sur d'autres cas qui, selon lui, soulèvent des questions quant au respect du droit international humanitaire.
De son côté, le ministère libanais de la Santé a annoncé mercredi qu'une personne avait été tuée et cinq autres blessées lors d'une frappe israélienne dans le sud du pays, sans préciser si les victimes étaient des civils.
Plus de 80.000 personnes restent déplacées au Liban à cause des violences, et environ 30.000 autres ont également été délogées dans le nord d'Israël, a rappelé l'organe onusien dans son communiqué.
« Pendant toute la durée des hostilités, les civils et les infrastructures civiles doivent être protégés et le droit international humanitaire pleinement respecté, quelles que soient les allégations de violations du cessez-le-feu », a encore martelé Volker Türk. « La mise en œuvre de bonne foi du cessez-le-feu est la seule voie vers une paix durable ; ses termes doivent être respectés », a-t-il insisté.
Malgré l'accord de cessez-le-feu qui a mis fin à plus de 13 mois de guerre, l'État hébreu continue d'occuper plusieurs points au Liban-Sud et y mène, ainsi que dans la Békaa, des frappes quasi-quotidiennes, faisant plus de 300 tués, selon notre décompte à partir de données du ministère de la Santé et de l'ONU. L'armée israélienne dit viser des combattants et infrastructures du Hezbollah, alors que l'armée libanaise démantèle l'arsenal du parti-milice le long de la frontière, au sud du Litani. La troupe doit désarmer le Hezbollah d'abord dans cette zone, avant de s'y atteler dans d'autres régions, conformément au plan qu'elle a présenté au gouvernement début septembre. La Force intérimaire des Nations unies (Finul) et l’armée libanaise ont collaboré pour s’assurer du désarmement de la formation chiite au sud du Litani.
La Finul fait partie du comité de supervision du cessez-le-feu qui est composé de cinq membres dont la France, les États-Unis, le Liban et Israël. Sa mission principale est de mettre en œuvre et de suivre trêve entre les deux pays principalement de garantir le démantèlement des armes du Hezbollah au sud. Le mandat de la force onusienne a été prorogé au Liban-Sud fin août pour une dernière fois en août par le Conseil de sécurité. Fin 2026, la force intérimaire devra entamer un plan de retrait qui durerait un an, donc se terminerait fin 2027. Les États-Unis et Israël ne cachent pas leur hostilité à cette présence onusienne au Liban-Sud qu’ils considèrent comme inefficace au vu de l’expansion du Hezbollah depuis la fin de la guerre de 2006 dans cette région.


