Une grande photo de Naïm Kassem, actuel dirigeant du Hezbollah, affichée à côté de celle de Hassan Nasrallah, lors d’une cérémonie marquant le premier anniversaire de l’assassinat de ce dernier et d’autres dirigeants du mouvement par Israël, dans la ville de Deir Qanoun al-Nahr, près de Tyr, dans le sud du Liban, le 27 septembre 2025. MAHMOUD ZAYYAT / AFP
Le Hezbollah suit avec inquiétude ce qui se passe à Gaza. Pour lui, ce que le président américain, Donald Trump, présente comme un plan de paix durable dans le sillage des accords d’Abraham est surtout un plan de capitulation, prévoyant la disparition totale du Hamas et avec lui de l’esprit de la « résistance ». Le Hezbollah est conscient de la violence des attaques israéliennes à Gaza, qui touchent tous les aspects de la vie des Palestiniens sur ce territoire. Il peut donc comprendre que cette organisation songe désormais à baisser les bras. Mais ce qui l’inquiète essentiellement, c’est qu’après Gaza, ce soit son tour et celui du Liban.
En effet, si le Premier ministre israélien parvient à clore le dossier du Hamas et de Gaza selon ses désirs, il pourrait alors se consacrer à la situation au Liban, pour chercher à y imposer le même genre de solution. Autrement dit, et contrairement à ce qui se dit actuellement au Liban, Netanyahu voudrait alors en finir définitivement avec le Hezbollah, pas seulement avec ses armes mais avec même son existence politique, comme c’est le cas du Hamas dans le plan proposé par Donald Trump. Ce plan ne prévoit pas seulement la fin de l’aile militaire du Hamas, mais la disparition totale de cette organisation, en la privant de tout rôle politique dans la bande de Gaza et même en poussant ses représentants à quitter ce territoire.
Certes, la situation du Hezbollah est différente de celle du Hamas, tout comme le Liban n’est pas Gaza, mais les cadres du parti sont de plus en plus convaincus qu’aussi bien Trump et son équipe que les dirigeants israéliens estiment que les circonstances sont particulièrement favorables pour régler une fois pour toutes la question palestinienne et ses annexes, avec l’affaiblissement de l’Iran et de ses alliés dans la région. Pour les Américains et les Israéliens, il faudrait donc profiter de ce contexte pour éliminer toute possibilité de reconstitution du Hezbollah, sous quelque forme que ce soit et cela passe par sa destruction totale, en tant que force militaire mais aussi en tant que force politique ayant un poids populaire. C’est pourquoi le plan conçu par l’armée libanaise pour le désarmement du Hezbollah est considéré par les Israéliens comme lent, voire insuffisant. Après en avoir fini avec le Hamas, ils voudraient régler rapidement la question du Hezbollah. Cela pourrait passer par de nouvelles frappes plus étendues et plus violentes, peut-être même en concomitance avec de nouvelles attaques contre l’Iran. Mais en plus de ces attaques, le plan d’en finir avec le Hezbollah pourrait donc englober le rôle politique de la formation.
C’est du moins ce que pense le Hezbollah qui considère que ce qui se passe actuellement au Parlement sur le plan des débats au sujet de la loi électorale est un avant-goût d’un scénario qui voudrait lui faire assumer la responsabilité d'un éventuel report des élections. Le Liban serait ainsi discrédité sur le plan international et c’est lui qu’on rendrait responsable de cette situation. Un peu dans le genre de ce qui se passe avec la Syrie d’Ahmad el-Chareh. Le Hezbollah rappelle que jusqu’à présent, les Israéliens n’ont rien appliqué de ce qui est prévu dans l’accord conclu sous l’égide des Américains et des Français et qui est entré en vigueur le 27 novembre dernier.
Dans l’optique du Hezb, les Américains et les Français devaient être en principe les garants de l’application de cet accord, dans le cadre de ce qu’on appelle « le mécanisme ». Mais il n’y a jamais eu la moindre condamnation des attaques israéliennes qui se poursuivent depuis près de 10 mois. Le Hezbollah craint donc que le même scénario se reproduise à Gaza, où il n’y a pas vraiment de partie capable de garantir l’application par Israël des dispositions prévues dans la proposition américaine. Les similitudes entre les deux situations l’inquiètent et il est de plus en plus convaincu que dans les deux cas, la volonté israélienne est de fermer définitivement les dossiers palestinien, libanais, syrien et même iranien. Pour lui, la meilleure solution c’est que le Hamas cherche à gagner du temps en demandant des discussions au sujet de certaines dispositions de l’accord. Ce qui conforte son opinion c’est que mardi, déjà, le Premier ministre israélien a affirmé que l’armée israélienne restera dans plusieurs zones à Gaza, mais par contre le Hamas devra appliquer à la lettre tout ce qui est prévu...
Le Hezbollah mise donc sur un refus nuancé de la part du Hamas. Mais si ce n’est pas le cas, il se prépare à toutes les autres éventualités. Le problème, estiment toutefois des parties libanaises, c’est que le Hezbollah est convaincu de ne pas avoir perdu la guerre des 66 jours entre septembre et novembre derniers, alors que de nombreuses parties internationales, régionales et certaines parties internes considèrent qu’il a été vaincu... Depuis quelques mois, le Hezbollah ne cesse d’affirmer qu’il a soigné les blessures et les coups reçus pendant cette guerre et qu’il est en train de reconstituer sa force. D’un côté, ces propos sont destinés à sa base populaire, pour la rassurer et lui remonter le moral. Mais de l’autre, ils semblent donner une justification préalable à une éventuelle offensive israélienne. Le Hezbollah est donc tiraillé entre ces deux tendances et, comme c’est souvent le cas dans la région, il compte sur le temps pour changer la donne.



Le Liban et tous les pays de l’est méditerranéen sont importants en raison des richesses maritimes qui se trouvent dans leurs eaux. Cette énergie enfouie est nécessaire pour l’économie mondiale et en particulier pour le monde occidental d’où l’intérêt mondiale a régler le compte des gangs de tous genres dans la région. Le Liban n’y échappera pas et les partisans du Hezbollah comme tous les autres devront suivre sinon leur sort est scellé et ce sera l’extermination physique et politique. Cette fois, ils ne peuvent tabler sur le temps car le Président US est là pour les 4 ans à venir.
09 h 40, le 02 octobre 2025