Des plaquettes de pilules contraceptives. Philippe Huguen /AFP
Manque d’informations dans les programmes scolaires, forte augmentation du coût des moyens de contraception en pharmacie, absence de subventions et difficulté d’accès pour certaines catégories de population… Le 26 septembre marquait la Journée mondiale de la contraception. À cette occasion, L’Orient-Le Jour a fait le point avec le Dr Joseph Ghanimé, gynécologue, sur ce sujet de société peu abordé dans le débat public au Liban.
La contraception est-elle toujours taboue au Liban ? L’information autour de ce sujet y circule-t-elle assez ?
Le sujet reste en partie tabou au Liban, notamment dans certaines régions ou communautés où l’information sur la sexualité est peu accessible. Il existe une différence entre les femmes qui reçoivent directement l’information de leur médecin et celles qui ne consultent pas. Il en va de même pour les hommes.
Selon plusieurs études récentes, de nombreux Libanais n’ont pas accès à l’éducation sexuelle ni à la culture entourant l’usage des moyens de contraception. Parmi elles : une étude de 2023 sur la pénurie de pilules contraceptives dans le contexte économique ; une enquête de 2022 sur les connaissances des étudiants libanais sur la question ; et une étude de 2025 sur les pratiques des femmes libanaises à l'égard de la contraception. Toutes révèlent un accès limité et une compréhension insuffisante de la contraception.
L’accès aux moyens de contraception est-il aujourd’hui suffisant en termes de disponibilité et de coût ?
Le coût peut être prohibitif pour certains, les prix des pilules et des préservatifs ayant fortement augmenté depuis la crise (de 2019 et la dévaluation de la monnaie nationale). Tous les moyens – pilule, préservatifs, dispositifs intra-utérins comme l’implant sous-cutané ou les anneaux vaginaux à l’instar du Nuvaring (qui agit comme une pilule contraceptive mais qui dure trois semaines d'affilée au lieu d'être pris sous forme de comprimé chaque jour, NDLR) – sont disponibles en pharmacie. L'installation de certains de ces dispositifs en clinique privée reste toutefois coûteuse.
Comment améliorer l’accès à la contraception et à son information ?
Il est nécessaire de mener des campagnes de sensibilisation via le gouvernement et les ministères concernés, notamment ceux de la Santé et de l’Éducation, en impliquant les médias et même les instances religieuses et communautaires, pour informer sur les risques liés à l'absence de contraception, particulièrement les grossesses non désirées mais aussi les infections sexuellement transmissibles. L’éducation sexuelle et l’information sur la contraception devraient être intégrées dans les cursus scolaires. Sur le plan économique, un subventionnement national pourrait faciliter l’accès à ces moyens à toute la population.



Il faut aussi des unités de planning familial...Coté Education, c'est pas évident de sensibiliser. Dans les Ecoles publiques les etudiants sont issus de milieux pauvres et donc conservateurs, dans les écoles privées, celles ci sont en majorité religieuses et en la matière s'autocensurent....Pas facile d'être une femme au Liban. Je frémis á l'idée de penser au domaine voisin des MST. Comme quoi le sous développement est un. Il n 'y a pas de moitié de sous développement. Le Liban y est.
15 h 11, le 02 octobre 2025