Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu salue après avoir pris la parole devant l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU à New York, le 26 septembre 2025. Photo AFP / TIMOTHY A. CLARY
De plus en plus isolé à l'international, et sous pression croissante en Israël, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, entend défendre sa stratégie de « finir le travail » contre le Hamas à Gaza lors de sa rencontre avec Donald Trump lundi. Le rendez-vous intervient quelques jours après que le président américain a présenté un plan en 21 points pour mettre fin à la guerre dans le bande de Gaza, lors de discussions avec des dirigeants arabes et musulmans en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.
« Tout le monde est prêt pour quelque chose de spécial, une première » au Moyen-Orient, « Nous allons y arriver », a-t-il écrit dimanche sur sa plateforme Truth Social. Vendredi, M. Trump avait déjà dit penser avoir « un accord » sur Gaza, tandis que M. Netanyahu réaffirmait à l'ONU sa volonté de « finir le travail » dans le territoire palestinien dévasté par la guerre.
Des experts interrogés par l'AFP estiment que M. Netanyahu est acculé à mettre fin au conflit, sous la pression grandissante internationale et domestique. « Il n'a pas d’autre choix que d'accepter le plan », affirme à l'AFP Eytan Gilboa, spécialiste des relations israélo-américaines à l'université Bar-Ilan. « Tout simplement parce que les États-Unis — et Trump en particulier — restent presque ses seuls alliés », dit-il.
En Israël, des dizaines de milliers de manifestants exercent une pression continue pour un cessez-le-feu. Samedi, ils ont appelé M. Trump à user de son influence pour l'obtenir. « La seule chose qui peut empêcher une descente aux enfers, c’est un accord complet et global qui mette fin à la guerre et ramène tous les otages et soldats », a déclaré Lishay Miran-Lavi, l'épouse d'Omri Miran, toujours captif à Gaza.
L'isolement international d’Israël s'est accentué ces derniers jours, avec la reconnaissance de l'Etat de Palestine par plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la France, le Canada ou l'Australie. Selon une source diplomatique, le plan américain prévoit un cessez-le-feu permanent, la libération de tous les otages enlevés lors de l'attaque du Hamas en Israël qui a déclenché la guerre, le 7 octobre 2023, un retrait israélien de Gaza, ainsi qu'un afflux d’aide humanitaire.
Les dirigeants arabes et musulmans ont accueilli favorablement le plan, et appelé à un arrêt immédiat de la campagne militaire israélienne. Certains aspects pourraient toutefois s'avérer inacceptables pour M. Netanyahu, tributaire du soutien de l'extrême-droite pour la survie de sa coalition gouvernementale. L'un des points les plus controversés est la participation prévue de l'Autorité palestinienne à la future gouvernance de Gaza.
Son retour à Gaza, où le Hamas a pris le pouvoir en 2007, est conditionné, dans le plan américain, à des réformes internes, mais celles-ci « pourraient prendre des années », affirme Eytan Gilboa.
« Consensus global » requis
Plusieurs ministres d'extrême droite de M. Netanyahu ont menacé de quitter le gouvernement s'il acceptait un tel rôle pour l'Autorité palestinienne, ou mettait fin à la guerre sans avoir anéanti le Hamas. « Ce type de plan global nécessite un consensus tout aussi global », estime Ksenia Svetlova, ancienne députée et directrice de l'ONG ROPES pour la coopération régionale.
Autre point litigieux : qui garantirait la sécurité dans la bande de Gaza une fois l'armée israélienne retirée et le Hamas désarmé ? Le plan américain prévoit une force de sécurité internationale associant des forces palestiniennes à des troupes de pays arabes et musulmans. Mais la structure de commandement ou le contrôle opérationnel notamment sont laissés dans le flou.
« Ce plan internationalise le conflit à Gaza d'une manière inédite », relève Mme Svetlova, « mais sans ligne directrice claire, objectifs finaux définis, ni leadership désigné pour le mener à bien ». « Le facteur d'imprévisibilité est omniprésent », pointe-t-elle.
L'attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un bilan de l'AFP basé sur des données officielles. L'offensive israélienne en représailles sur Gaza a fait 66.005morts, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugés fiables par l'ONU.



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