Le Palais de justice de Beyrouth. Photo Claude ASSAF
Trois jours après avoir reçu du parquet de cassation le dossier Hawk III lié à la surfacturation du fuel et la falsification de documents, le procureur général financier Mohammad Cheaïto a engagé des poursuites vendredi contre quatre personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces délits présumés. Il s’agit du capitaine du navire Hawk III et son assistant, tous deux de nationalité philippine. Ce navire battant pavillon panaméen aurait transporté du fuel russe vendu à Électricité du Liban (EDL) par une société importatrice, à un prix frauduleusement majoré, causant une perte d’environ 4 millions de dollars pour l’État libanais.
Les deux autres hommes poursuivis sont E.L. et A.D., représentants de sociétés ayant un lien avec le transport et la vente du fuel, parmi lesquelles figure une entreprise chargée de la vérification de l’embarquement et du débarquement de cargaisons à Mersine (Turquie). Le navire Hawk III aurait accosté dans ce port pour simuler un débarquement de fuel russe, soumis à des sanctions internationales, et faire croire à son remplacement par du fuel turc, à l’aide de documents falsifiés. Les sanctions autorisent l’achat du fuel russe à condition que son prix ne dépasse pas un plafond fixé à environ 45 dollars le baril, soit bien au-dessous du prix international (environ 62 dollars). En dissimulant l’origine réelle de la cargaison, la société importatrice aurait facturé à l’État libanais le tarif standard du marché international, tout en n’ayant payé que le prix plafonné. Elle aurait ainsi empoché illégalement la différence.
M. Cheaïto, qui selon nos informations a également lancé des poursuites contre plusieurs sociétés mises en cause, a demandé à la première juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osman, d’émettre des mandats d’arrêt contre les deux Philippins et E.L, placés en garde à vue depuis le 19 septembre par le procureur général près la Cour de cassation, Jamal Hajjar. Le chef du parquet financier a aussi demandé à la juge Osman de lancer un mandat d’arrêt par contumace contre A.D., actuellement en fuite. Dans une démarche adminitrative, la première juge d'instruction a chargé la juge d'instruction Chehrazade Nasser de se pencher sur le dossier, selon nos informations



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