Le député du Hezbollah Hassan Ezzeddine, lors d’un discours prononcé le 21 juin 2025. Photo transmise par notre correspondant Mountasser Abdallah
Le député Hassan Ezzeddine, membre du bloc parlementaire du Hezbollah, a exhorté jeudi le ministre de la Justice, Adel Nassar, à expliquer pourquoi la justice libanaise « libère des collaborateurs » avec Israël, dénonçant un « manquement politique et juridique ». Une prise à partie lancée, aux côtés de son collègue Hussein Hajj Hassan, alors que le parti chiite s'indigne depuis un mois de la libération de Mohieddine Hassané, condamné par le tribunal militaire à 15 ans de prison pour « espionnage pour le compte d’Israël » mais relâché par la Cour de cassation militaire le 28 août au bout de 22 mois de détention.
Ingénieur en télécommunications, Mohieddine Hassané avait été arrêté le 14 décembre 2023 par les gardes du président du Parlement, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné, un peu plus de deux mois après l’ouverture du front de soutien avec Gaza par le Hezbollah, qui a marqué le début du dernier conflit avec Israël. Cet « agent » qui aurait ouvert la voie à l’attaque des bipeurs de septembre 2024, avait causé une levée de boucliers des milieux pro-Hezbollah, selon les milieux proches du parti chiite.
Selon des médias locaux, Hadi Awad avait lui aussi été arrêté en décembre 2023 aux côtés de M. Hassané. Condamné à dix ans de travaux forcés par le tribunal militaire, il a finalement été libéré en même temps que ce dernier par la Cour de cassation militaire.
Au cours d’une conférence de presse au Parlement, le député Ezzeddine a affirmé qu’il était légitime de « s'interroger sur les pressions extérieures exercées sur la justice et les responsables politiques pour libérer des collaborateurs », rappelant que «l’occupation (israélienne) avait utilisé le réseau de télécommunications local lors de la dernière agression, par l’intermédiaire de ses agents et en installant des dispositifs d’écoute». Le parlementaire a également assuré que son bloc « poursuivrait l’affaire devant la justice et au Parlement, afin de corriger le cours judiciaire et de protéger son indépendance. »
Dans une interview le 11 septembre, Mohieddine Hassané avait nié toute pression politique pour sa libération. Selon lui, il a été libéré car acquitté de l’accusation de collaboration avec Israël, la cour ayant uniquement « retenu une peine correspondant à la durée déjà effectuée pour exercice d’activité sans licence », en référence à son emploi au sein d’une entreprise américaine. Hassané dit alors avoir prouvé son « innocence » en démontrant l’existence de ladite entreprise, sans qu’il ne nomme celle-ci.
Un autre membre du groupe parlementaire du Hezbollah, le député Hussein Hajj Hassan, a pour sa part interpellé la justice, le ministre de la Justice et toutes les autorités qui « se réclament de l’indépendance de la justice » : « Comment le tribunal militaire et la Justice peuvent-ils acquitter deux collaborateurs, (Mohieddine) Hassané et (Hadi) Awad, alors que leur implication est avérée ? Et qui assumera d’être complice des conséquences de leurs actes ? », s'est-il interrogé.



On attend quoi pour juger tous les traitres et les corrompus de notre pays? Ce ne sont pourtant pas les preuves qui manquent. Il faut mettre fin à cette mascarade qui n’a que trop durée.
13 h 40, le 26 septembre 2025