Des portraits de l'ex-chef du Hezbollah assassiné Hassan Nasrallah (g), et du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei (d), le 23 septembre 2025 à Nabatiyé, au Liban-Sud. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a salué dans un discours mardi soir la mémoire de l'ex-chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, tué dans des frappes israéliennes massives sur la banlieue sud de Beyrouth il y a quasiment un an, le 27 septembre 2024.
Dans un discours télévisé, l'ayatollah Khamenei a évoqué l'anniversaire de cette élimination par Israël, menée lors d'une offensive élargie sur le Liban et le Hezbollah, après onze mois de guerre d'usure avec le parti chiite. Il a décrit Nasrallah comme une « grand trésor pour le monde islamique, le chiisme et le Liban (...) La richesse créée par Hassan Nasrallah, y compris au sein du Hezbollah, perdure et se poursuit, et elle ne doit pas être négligée, ni au Liban ni au delà », selon le texte rapporté par l'agence IRNA.
Le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, a répondu aux propos du guide suprême iranien. Sur sa page X, il a rappelé que « la seule chose qui perdure est l'autorité légitime au Liban représentée par le gouvernement et ses décisions irrévocables, en premier lieu la décision de consacrer le monopole des armes et d’étendre la souveraineté de l’État sur l’ensemble de son territoire ». Il a également souligné que « c'est l’armée libanaise qui perdure et qui restera à jamais la seule institution légitime et le principal défenseur du Liban, de son peuple et de sa souveraineté ».
Ce discours de Ali Khamenei, au cours duquel il a insisté sur « l'unité » du pays notamment après la guerre de 12 jours de juin dernier, intervient alors que le gouvernement s'est engagé à désarmer le Hezbollah, lourdement affaibli par la guerre de l'automne 2024. Téhéran a, à de nombreuses reprises, exprimé son refus du démantèlement de l'arsenal de son affidé libanais, dans des déclarations qui avaient été dénoncées à Beyrouth comme de l'ingérence dans les affaires internes du pays.
Dans ce cadre, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a évoqué la poursuite de l’acheminement d’armes et de fonds au Hezbollah malgré les difficultés et les défis, selon des propos rapportés par des médias locaux. Ces déclarations interviennent après celles de l’émissaire américain Tom Barrack, qui a indiqué il y a deux jours que le parti chiites est en train de reconstruire ses capacités militaires et reçoit 60 millions de dollars par mois.
Dans sa prise de parole, l'ayatollah Khamenei a également rendu hommage aux généraux, scientifiques et autres Iraniens tués lors de la guerre de 12 jours.



Un « grand trésor pour le monde islamique, le chiisme et le Liban »? Pour le chiisme et le monde islamique, je n'en sais rien, mais pour le Liban, il a plutôt été une grande catastrophe dont les effets durent encore.
07 h 34, le 25 septembre 2025