La Première dame libanaise, Neemat Aoun, à la tribune de l'ONU, lundi 22 septembre 2025. Photo publiée sur son site.
Trente ans après l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Pékin, les Nations unies ont réuni chefs d’État, dignitaires et acteurs de la société civile pour réaffirmer un engagement universel : l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles. Cette journée de haut niveau, qui s’est tenue en parallèle de la commémoration des 80 ans de l’ONU, a rappelé que, malgré des avancées, les promesses de 1995 restent largement inachevées. À la tribune, la Première dame du Liban, Neemat Aoun, a livré un plaidoyer vibrant : la reconstruction, la paix et la souveraineté du Liban ne peuvent se faire sans l’autonomisation des femmes. Dans une enceinte marquée par la mémoire des 80 ans, son discours s’est imposé comme l’un des temps forts d’une journée où le monde a réaffirmé que les droits des femmes sont des droits humains.
Un Liban à la croisée des chemins
Devant les chefs d’État et dignitaires rassemblés, Neemat Aoun a dressé un constat sans détour : « Le Liban est à la croisée des chemins. La reprise et la stabilité exigent des réformes politiques et économiques, et cela requiert à son tour l’autonomisation des femmes et la confiance accordée aux femmes. Le rôle des femmes n’est pas symbolique. Il est crucial pour restaurer la paix et la prospérité. » Elle a dénoncé les logiques de guerre qui paralysent le pays : « Le Liban ne peut pas continuer à être pris en otage par les calculs de guerre des puissances qui l’entourent. Les répercussions ne font qu’aggraver le sort des Libanais, et surtout des femmes. » Avec force, elle a placé les femmes au centre de la souveraineté nationale : « Il ne peut y avoir de véritable souveraineté sans que les femmes prennent le contrôle de leur propre destin. Il ne peut y avoir de véritable État souverain sans la participation des femmes à la prise de décision. »
Pour elle, la paix au Liban est indissociable de la paix régionale : « La paix au Liban signifie la paix au Moyen-Orient. Les femmes libanaises, aux côtés de toutes les femmes du Moyen-Orient, peuvent être un levier de stabilité et de souveraineté. »
Elle a enfin rappelé l’engagement du Liban dans le cadre international, notamment l’adoption d’un deuxième plan national en application de la résolution 1 325 du Conseil de sécurité sur « Femmes, paix et sécurité ». « Nous sommes prêts à travailler avec tous nos partenaires pour que les femmes et les filles du Liban puissent vivre dans la dignité, l’égalité et la paix. »
« Meilleurs ensemble »
Cette journée s’inscrivait dans la commémoration du 30e anniversaire de la Déclaration de Pékin (1995), adoptée par 189 pays. Si des progrès sont indéniables – dans la santé, l’éducation, la représentation politique – le constat de l’ONU est sévère : aucun pays n’a encore atteint l’égalité complète. Les financements se tarissent, les stéréotypes résistent et les crises globales aggravent les fractures.
La présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a inscrit Pékin+30 dans le cadre plus vaste des 80 ans de l’ONU. Évoquant les ruines de 1945, elle a rappelé l’esprit de la Charte : « Dans les moments les plus sombres, nos grands-parents ont eu le courage de mettre de côté leurs rancunes pour choisir la voie de l’espoir. Aujourd’hui, à notre tour, nous devons choisir le dialogue et la diplomatie quand la division est plus facile. » Et de conclure par une formule devenue emblématique : « Pas parfait. Pas achevé. Mais toujours meilleurs ensemble. »
« L’égalité n’est pas une faveur, c’est un droit »
Pour sa part, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a lancé un avertissement : « Les acquis durement obtenus sont aujourd’hui menacés. Une vague de misogynie déferle à travers le monde. L’égalité n’est pas une faveur, c’est un droit, et c’est le socle de la paix et du développement. » Il a particulièrement mis en garde contre les biais de l’intelligence artificielle : « Une industrie dominée par les hommes, façonnée par des données biaisées et alimentée par des algorithmes qui renforcent souvent les discriminations. La technologie doit servir l’égalité, pas l’exclusion. » Il a exhorté les États à appliquer intégralement l’Agenda Pékin+30, à investir dans l’éducation des filles et à ratifier universellement la Cedaw.


Vous êtes une grande Dame Mme Aoun. Merci pour cette bouffée d'espoir et d'Humanité
09 h 38, le 23 septembre 2025