Le mufti Ahmad Kabalan. ANI
Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan a appelé dimanche à la mise en place d'un « gouvernement national, protecteur, responsable et assidu », ainsi qu'à la création d'une « cellule de crise nationale pour protéger « l'entité libanaise » des divisions internes et des menaces extérieures ». Des déclarations qui interviennent dans un contexte politique tendu, depuis que le gouvernement Salam a adopté les objectifs de la feuille de route américaine appelant au désarmement du Hezbollah.
« La solution réside dans un gouvernement national protecteur, responsable et assidu, capable d'assurer la capacité du Liban à surmonter la phase la plus dangereuse de son existence », a déclaré le mufti, un proche du Hezbollah, dans un communiqué. « Il n'y a rien de plus urgent que la création d'une cellule de crise nationale pour protéger 'l'entité libanaise' des divisions internes et des menaces extérieures. Le gouvernement, tout comme l'opposition, est tenu d'apporter des réponses à la hauteur des catastrophes existentielles et de la menace stratégique qui pèse sur le Liban et la région. Israël représente à cet égard une menace existentielle », a-t-il poursuivi.
« Le gouvernement ne peut être un adversaire politique, sinon le Liban serait fini. Il faut surmonter les crises mortelles qui secouent le pays, au cœur d'une région en proie à des divisions, à des projets visant à attiser les tensions sectaires, ethniques et communautaires », a indiqué le mufti Kabalan.
Depuis la décision de consacrer le monopole des armes aux mains de l’État, prise en Conseil des ministres lors de sa séance du 5 août, le Premier ministre Nawaf Salam fait face à une campagne de diffamation de la part du parti chiite et de sa base populaire qui l'accusent d'attiser les tensions. Le parti chiite pro-iranien continue de rejeter le désarmement.
Malgré un cessez-le-feu instauré le 27 novembre 2024, Israël continue de frapper des cibles du Hezbollah de manière quasi-quotidienne, tout en occupant plusieurs points stratégiques au Liban-Sud.
Ahmad Kabalan a par ailleurs appelé à « une mobilisation nationale pour traiter les problèmes du pays dans le cadre d'un état d'urgence, sans quoi aucune vision nationale de sauvetage et de solidarité ne permettra au Liban de survivre, d'autant plus que le pays est plongé dans une spirale de crises qui menacent sa valeur et sa fonction identitaire, dans un contexte d'hémorragie financière, économique et souveraine ». « Ce que nous vivons actuellement n'est pas une menace pour la légitimité interne, mais pour l'existence même de l'entité », a-t-il ajouté.
Khatib : la résistance « reste solide »
Le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Ali Khatib, s'en est pris pour sa part dimanche à « certains sur la scène interne qui ont tenté de réaliser ce que l'ennemi n'a pas réussi à faire, en faisant pression sur la résistance (le Hezbollah) et en la désarmant ». « Mais les faits ont prouvé que la résistance n'a été vaincue ni militairement ni psychologiquement, que son environnement reste solide et que le Liban ne sera pas vaincu tant que la résistance existera », a ajouté le cheikh, lors d'une cérémonie organisée par la municipalité de Lebbaya (Békaa ouest) en l'honneur des élèves de la localité ayant réussi leurs examens officiels.
Khatib a par ailleurs critiqué les responsables qui « misent sur la diplomatie ou la protection américaine », et demandé « où est cette protection aujourd'hui, alors que l'agression israélienne frappe au cœur du Golfe et de Doha, qui abrite la plus grande base américaine ? Les allégations selon lesquelles le danger pour les Arabes venait de l'Iran ou de la résistance ont été démenties, alors qu'en réalité, le véritable danger est Israël et ceux qui le soutiennent. »
« Malgré sa diversité confessionnelle et sectaire, la société libanaise reste une société unie, et sa position doit être unanime face à l'ennemi israélien brutal qui a pris pour cible notre souveraineté, notre unité et notre existence. Mais la résistance lui a fait face et a préservé le Liban », a déclaré le religieux.
« L'ennemi israélien s'est imaginé qu'il était capable de vaincre le Liban, mais dès qu'il a affronté les résistants à la frontière, à Kfar Kila, Meis el-Jabal, Kfarchouba et ailleurs, il s'est rendu compte qu'il était incapable d'avancer sur le territoire libanais et que ses décisions avaient échoué face à la résistance », a souligné le cheikh Khatib. Il a conclu en affirmant que « l'espoir repose sur les nouvelles générations qui ont été élevées dans la culture de la résistance et de la victoire, et qui porteront le flambeau dans leurs positions pour défendre la dignité du Liban, de la Palestine et de la nation ».



Il faut et il faut et il faut. Toujours à nous sermonner de haut et à vouloir nous apprendre le patriotisme importé. Ces discours vides ne sont plus de mode. Trop tard pour changer les choses, vous avez fait la guerre seuls et vous l’avez perdue. Vous n’avez plus de crédibilité, et ces belles paroles il fallait les dire du temps de votre dictature criminelle. M. Kabalan, vos récitations tardives ne servent plus qu’à remplir les pages des journaux.
11 h 38, le 22 septembre 2025