(De gauche à droite) Le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi, le ministre syrien des Affaires étrangères Asaad el-Chibani et l'envoyé spécial américain pour la Syrie Tom Barrack posent pour une photo après la signature d'un accord à Damas le 16 septembre 2025. Photo AFP/LOUAI BESHAR
L'envoyé américain en Syrie, Tom Barrack, a affirmé avoir « bon espoir » quant à l'adoption par le Congrès d'une résolution visant à abroger la loi César, soulignant « la nécessité de suivre les recommandations du président Donald Trump, de leur donner une chance et de lever les sanctions » contre la Syrie.
La loi américaine César, entrée en vigueur en 2020, sert de cadre à Washington pour imposer des sanctions à toute personne et entité collaborant avec le régime syrien de l'ancien président Bachar el-Assad, renversé le 8 décembre dernier par une coalition islamiste conduite par Ahmad el-Chareh.
Tom Barrack a indiqué jeudi au journal américain « The Hill » que « la situation est complexe avec la loi César, mais elle permet de relancer l'activité ». « Il y a beaucoup d'attention et beaucoup de responsabilisation. La Syrie s'en sort bien dans la mise en œuvre de ce que nous avons demandé en matière de responsabilisation, et je suis optimiste », a-t-il souligné, en marge de la visite à Washington du ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad el-Chibani, première visite à caractère officiel d'un responsable syrien aux États-Unis depuis 25 ans.
M. Chibani s’était déjà rendu aux États-Unis pour assister à des réunions à la Banque mondiale (BM) et au Fonds monétaire international (FMI), sans toutefois rencontrer de responsables américains. Sa visite est intervenue environ quatre mois après la rencontre entre le président américain Donald Trump et le président syrien Ahmad el-Chareh en Arabie saoudite. M. Trump avait alors appelé à une levée totale des sanctions, accordant à Damas une exemption temporaire de six mois au titre de la loi César. Les partisans du locataire de la Maison Blanche au Congrès font pression en faveur d'une levée définitive des sanctions, estimant qu'il s'agit d'une condition nécessaire pour ouvrir la voie à la reconstruction et aux investissements à long terme. Assaad el-Chibani a rencontré plusieurs législateurs républicains et démocrates, alors que le Congrès débat du sort des sanctions imposées en vertu de la « loi César pour la protection des civils en Syrie ».
Les partisans de la levée des sanctions estiment que la loi est désormais obsolète, car elle a été conçue pour tenir le régime d'Assad responsable de crimes à grande échelle, tels que les meurtres, les tortures, les disparitions forcées et l'utilisation d'armes chimiques, explique le site libanais Al Modon qui a commenté l'interview. Ils considèrent que le maintien des sanctions entrave les investissements et la reconstruction, et rend insuffisantes les mesures temporaires telles que les dérogations présidentielles. En revanche, les opposants à la levée des sanctions mettent en garde contre une « approche laxiste » à l'égard de Damas, soulignant que le président Chareh a un passé controversé, notamment des liens avec des groupes extrémistes et les terribles violences ethniques qui ont récemment secoué le pays.
La question des relations entre la Syrie et Israël a été abordée lors des pourparlers à Washington. Le site Axios a rapporté que M. Chibani avait rencontré, avant son arrivée dans la capitale américaine, le ministre israélien des Affaires stratégiques, Ron Dermer, qui lui a proposé un accord de sécurité entre les deux pays. Les demandes israéliennes comprennent la création d'une zone tampon élargie à la frontière, l'imposition de restrictions sur l'armement de l'armée syrienne dans le sud, ainsi qu'une zone d'exclusion aérienne s'étendant du sud-ouest de Damas jusqu'au plateau du Golan occupé.


