Un nuage de fumée s’élève au-dessus du village de Debbine, au Liban-Sud, après des frappes israéliennes, le 18 septembre 2025. Photo fournie par notre correspondant Mountasser Abdallah
Israël a fait monter la tension d’un cran jeudi au Liban-Sud. Le porte-parole de son armée, Avichay Adraee, a émis des avis d’évacuation aux habitants de plusieurs villages, avant une série de frappes d’une ampleur inédite depuis le cessez-le-feu du 27 novembre 2024. Une escalade qui intervient alors que le Hezbollah refuse toujours de livrer son arsenal. L’émissaire américaine, Morgan Ortagus, est attendue dimanche à Beyrouth pour évoquer ce dossier et éviter un débordement.
L’armée israélienne a annoncé jeudi après-midi sur son compte Telegram avoir « commencé une série de frappes contre des cibles militaires de l’organisation terroriste Hezbollah au Liban-Sud ». En début de soirée, son porte-parole arabophone a publié sur son compte X un « avertissement urgent aux habitants du Liban-Sud ». Ces avis, qui rappellent ceux émis quotidiennement pendant la guerre de septembre dernier, concernaient les villages suivants : Meis el-Jabal, Kfar Tebnit et Debbein. Deux frappes ont d’abord visé Meis el-Jabal (Marjeyoun), faisant deux blessés de nationalité syrienne, selon les informations de notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Le village de Kfar Tebnit, dans le caza de Nabatiyé, a ensuite été touché par deux frappes, tandis que celui de Debbein, dans le caza de Marjeyoun au sud du fleuve Litani, a été ciblé par une frappe. Moins de deux heures plus tard, Adraee a lancé un deuxième avertissement aux habitants du Liban-Sud, notamment à ceux qui se trouvent à Chehabiyé (Tyr) et Bourj el-Qalaouiyé (Bint Jbeil).
Par la suite, l’aviation israélienne a mené une frappe visant le quartier al-Zaroub dans la localité de Chehabiyé. Un drone israélien a ensuite visé une maison à Bourj el-Qalaouiyé. Il s’agit du domicile du président du conseil municipal, Mohammad Noureddine, selon notre correspondant. À noter que certaines des localités visées se trouvent au sud du fleuve Litani. Le gouvernement libanais s’est engagé à démanteler l’arsenal du Hezbollah dans cette région d’ici à la fin de l’année.
Après les frappes, le porte-parole israélien a accusé le Hezbollah de continuer « ses tentatives de reconstruction d'infrastructures terroristes dans le sud du Liban, en particulier celles appartenant à l'unité de la force al-Radwane, dans le but de cibler l'État d'Israël ». Il a en outre indiqué que « des mesures ont été prises pour réduire le risque de blessures parmi les civils », tout en affirmant que les entrepôts visés étaient implantés au cœur de zones civiles ». Il a dans ce cadre accusé le Hezbollah d'utiliser « la population comme bouclier humain ».
Salam et Aoun interpellent la communauté internationale
Ne tardant pas à réagir à cette escalade, le Premier ministre Nawaf Salam a écrit sur X : « Le gouvernement libanais, attaché au cessez-le-feu, confirme sa participation aux réunions du mécanisme (de supervision du cessez-le-feu, dirigé par un général américain, NDLR). Mais la question légitime qui se pose aujourd’hui est la suivante : où est l’engagement d’Israël envers ce mécanisme ? Comment peut-il continuer à pratiquer l’intimidation et les agressions, alors que ces réunions sont censées garantir l’application intégrale de la résolution 1701 et du cessez-le-feu ? »
رداً على التهديدات التي أطلقها الجيش الإسرائيلي باستهداف بلدات ميس الجبل، كفرتبنيت، ودبّين، وما رافقها من إنذارات عاجلة لإخلاء المنازل، يهمني ان اكرر إنّ الحكومة اللبنانية، المتمسكة بمسار وقف الأعمال العدائية، تؤكد أنّها منخرطة في اجتماعات الميكانيزم، لكن السؤال المشروع اليوم:…
— Nawaf Salam نواف سلام (@nawafsalam) September 18, 2025
Peu après, le président de la République, Joseph Aoun, a lui aussi condamné les raids israéliens dans un communiqué. « Israël ne respecte pas le fonctionnement du mécanisme ni aucun des pays garants de l’accord de cessez-le-feu, et ses frappes aériennes constituent une violation flagrante de la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Le silence des pays garants est une défaillance grave qui encourage ces agressions. Le mécanisme doit servir toutes les parties, et non être un prétexte pour couvrir les attaques israéliennes. Il est grand temps de mettre fin immédiatement à ces violations flagrantes de la souveraineté du Liban. »
Le président du Parlement, Nabih Berry, a lui aussi condamné les frappes israéliennes qui ont touché « des villages paisibles du Liban-Sud », y voyant « une agression contre le Liban, sa souveraineté, son armée et les forces de la Finul ». Il a, dans ce cadre, affirmé qu’il s’agissait là d’une « occasion pour les Libanais » d’adopter une position unie face à « l’agression israélienne qui vise le Liban, tout le Liban ». Selon lui, ces attaques ne sont pas « de simples violations de l’accord de cessez-le-feu », mais « constituent une tentative d’entraver le travail de la Finul au sud du Litani, dans le cadre de la résolution 1701 à laquelle le Liban s’est totalement conformé ». M. Berry a, en outre, appelé la communauté internationale et les pays garants de l’accord, « en particulier les États-Unis », à « prendre des mesures immédiates et contraindre Israël, à cesser immédiatement ses agressions ».
Plus de 4 500 violations israéliennes
Au moment des frappes, l’armée libanaise a dénoncé, dans un communiqué, la poursuite des violations israéliennes, qui dépassent désormais « les 4 500 depuis l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu ». « L’ennemi israélien continue ses attaques contre les citoyens (…) faisant des morts et des blessés », indique le communiqué. Selon l’armée, « ces violations s’accompagnent d’atteintes répétées à la souveraineté libanaise sur terre, en mer et dans les airs ». Elle dénonce, dans ce cadre, des attaques « contre les habitants des villages frontaliers, notamment le lancement de bombes incendiaires et la destruction de maisons ». L’institution militaire précise que « ces violations entravent le déploiement de l’armée dans le Sud et compromettront l’exécution de ses plans à partir de la zone au sud du Litani ».
Par ailleurs, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a indiqué avoir repris la semaine dernière, à la demande du gouvernement, ses « opérations de déminage à des fins humanitaires » au Liban-Sud, après près de deux ans de suspension en raison « d’échanges de tirs à travers la ligne bleue ». Des experts en déminage du Cambodge et de Chine ont commencé à travailler dans deux champs de mines situés près de Blida (caza de Marjeyoun) et de Maroun el-Ras (caza de Bint Jbeil), sur une superficie totale d’environ 18 000 mètres carrés, précisent les Casques bleus.
« Un important trafiquant et fournisseur d’armes »
Mercredi, une frappe de drone menée par l’armée israélienne à Aaseira, à Baalbeck, avait fait deux morts. Jeudi, le porte-parole arabophone a indiqué que cette attaque avait « éliminé le terroriste nommé Hussein Seifo Chérif, qui était un important trafiquant et fournisseur d’armes opérant depuis le Liban pour diriger des cellules terroristes à l’intérieur de la Syrie, lesquelles planifiaient des opérations terroristes contre l’État d’Israël ». Selon les informations recueillies par notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah, les deux personnes assassinées la veille, Hussein Seifo Chérif et Kamal Raad, appartenaient aux rangs du Hezbollah, sans toutefois occuper de « poste de haut niveau ». Kamal Raad, aspirant à la retraite des douanes, tenait un supermarché, où il se trouvait avec Hussein Chérif au moment de la frappe. Le Hezbollah a organisé dans la journée leurs obsèques. Originaire de Yammouné, dans la Békaa, Hussein Seifo Chérif a été inhumé dans son village, a indiqué le parti chiite.



Mais non, l’hypocrisie généralisée n’a pas de limites: 1- le gouvernement libanais fait semblant qu’il désarme le HB avec notre armée désuète disant éviter la discorde interne 2- le HB ne veut pas désarmer pensant gagner du temps et épuiser l’armée israélienne même en sacrifiant sa population style Hamas dans une fuite en avant suicidaire 3- et Israel a toujours les coudées franches et les excuses pour continuer ses attaques dévastatrices et créer un no mans land au sud pour régler une fois pour toute la menace de la milice de Dieu…Et vogue la galère: on n’est pas sorti de l’auberge de sitôt!
17 h 17, le 19 septembre 2025