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Politique - Conflit

Guterres dénonce les violations israéliennes : le Hezbollah « en profite pour justifier son existence »

« Israël viole systématiquement l’accord de cessez-le-feu en maintenant des positions à l’intérieur du Liban, selon le secrétaire général de l’ONU.

Guterres dénonce les violations israéliennes : le Hezbollah « en profite pour justifier son existence »

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'exprime lors d'une conférence de presse à la 9e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD 9) à Yokohama, dans la préfecture de Kanagawa, au sud de Tokyo, le 21 août 2025. YUICHI YAMAZAKI / AFP

La rentrée diplomatique des Nations unies s’est ouverte mardi à New York dans un climat électrique. À la veille de l’arrivée de plus d’une centaine de chefs d’État et de gouvernement pour la 80e session de l’Assemblée générale, António Guterres a tiré la sonnette d’alarme : « Cette semaine doit être une semaine de solutions. Les peuples n’attendent pas des postures ou des promesses, mais des actions concrètes. »

Le décor était planté. Face à un parterre de journalistes venus du monde entier, le secrétaire général a brossé le tableau d’un monde « plongé dans des eaux turbulentes, voire inexplorées », où la fragmentation géopolitique, les guerres, le dérèglement climatique et l’irruption incontrôlée des technologies menacent de pulvériser l’édifice déjà fissuré de la coopération internationale.

« Certains parlent de la Coupe du monde de la diplomatie, a-t-il ironisé. Mais il ne s’agit pas de marquer des points : il s’agit de résoudre des problèmes. Et il y a beaucoup trop en jeu. »

Une spirale de violations

Si la conférence de presse visait à traiter des grands dossiers mondiaux – de Gaza à l’Ukraine, en passant par la gouvernance de l’intelligence artificielle et la réforme du système onusien –, une série de questions de L’Orient-Le Jour a replacé le Liban au centre de l’attention. En cause : la décision récente du Conseil de sécurité de mettre fin, en 2027, au mandat de la Finul et de transférer la pleine responsabilité sécuritaire à l’armée libanaise. Sur le terrain, les doutes persistent : l’armée pourra-t-elle assumer seule cette mission, face à un Hezbollah toujours armé et à des violations israéliennes répétées de la ligne bleue ?

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Dans une réponse ferme, Guterres a dégagé les lignes de fracture :

« Au moment le plus difficile du conflit, j’étais là, en visitant la Force intérimaire des Nations unies au Liban à la frontière. Je suis vraiment fier du travail que cette Force internationale a accompli et continue d’accomplir au Liban. Mais la réalité est évidente : Israël viole systématiquement l’accord en maintenant des positions à l’intérieur du Liban et en lançant des attaques ponctuelles. Le Hezbollah profite de cette situation pour justifier son existence comme force armée. Et Israël profite de l’existence du Hezbollah comme force armée pour maintenir ses violations du cessez-le-feu. »

Un cercle vicieux qui, selon le chef de l’ONU, nourrit l’impasse et perpétue un statu quo explosif. « C’est pourquoi il est absolument essentiel de soutenir le gouvernement libanais, qui veut assurer le monopole de la force aux mains de l’armée, et il est tout aussi essentiel qu’Israël respecte le cessez-le-feu et abandonne ses positions à l’intérieur du Liban », a-t-il martelé.

António Guterres a replacé le drame du Sud dans un cadre plus vaste : celui d’un ordre international en miettes, où la diplomatie peine à contenir la violence. « Les temps exigent plus que des promesses, a-t-il conclu. Ils exigent des résultats. »

Programme chargé

L’Assemblée générale qui s’ouvre s’annonce comme l’une des plus chargées et des plus périlleuses de l’histoire récente de l’ONU. Près de 150 chefs d’État et de gouvernement sont attendus à New York. António Guterres, seul, a prévu plus de 150 entretiens bilatéraux, y compris avec le président libanais Joseph Aoun, pour tenter de désamorcer les crises, réduire les risques d’escalade et pousser vers des solutions tangibles.

À l’agenda : la guerre à Gaza, le conflit en Ukraine, le chaos au Soudan, les fractures du multilatéralisme, mais aussi la lutte contre le réchauffement climatique, la gouvernance de l’intelligence artificielle et la réforme de l’ONU. Un sommet biennal inédit réunira également dirigeants et institutions financières internationales pour accélérer le financement des objectifs de développement durable, dramatiquement en retard.

« Les Nations unies sont le lieu. La semaine prochaine est le moment. Les dirigeants doivent se montrer sérieux et agir », a insisté Guterres.

La rentrée diplomatique des Nations unies s’est ouverte mardi à New York dans un climat électrique. À la veille de l’arrivée de plus d’une centaine de chefs d’État et de gouvernement pour la 80e session de l’Assemblée générale, António Guterres a tiré la sonnette d’alarme : « Cette semaine doit être une semaine de solutions. Les peuples n’attendent pas des postures ou des promesses, mais des actions concrètes. »Le décor était planté. Face à un parterre de journalistes venus du monde entier, le secrétaire général a brossé le tableau d’un monde « plongé dans des eaux turbulentes, voire inexplorées », où la fragmentation géopolitique, les guerres, le dérèglement climatique et l’irruption incontrôlée des technologies menacent de pulvériser l’édifice déjà fissuré de la...
commentaires (4)

Israël prend prétexte des armes du Hezbollah, et celui-ci de la présence israélienne. Comme le faisait récemment remarquer Geagea, les deux adversaires se nourrissent l;un de l'autre. Une seule solution pour casser ce cercle vicieux: désarmer le Hezbollah, mais, malgré ses promesses, le pouvoir se refuse à le faire. … et tant pis pour le Liban!

Yves Prevost

07 h 13, le 19 septembre 2025

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Commentaires (4)

  • Israël prend prétexte des armes du Hezbollah, et celui-ci de la présence israélienne. Comme le faisait récemment remarquer Geagea, les deux adversaires se nourrissent l;un de l'autre. Une seule solution pour casser ce cercle vicieux: désarmer le Hezbollah, mais, malgré ses promesses, le pouvoir se refuse à le faire. … et tant pis pour le Liban!

    Yves Prevost

    07 h 13, le 19 septembre 2025

  • M. Guterres veut ménager la chèvre et le chou. Il devrait être plus nuancé dans ces propos et les faire suivre par des actes plus conséquents. Il est un jour dans son rôle et un autre jour l’allié de tous les pays agresseurs qu’il honore de sa présence et cela nous fait perdre le fil de ses aspirations qui semblent changeantes en fonction de son humeur. L’accord du cessez-le-feu stipule le dépôt des armes du HB et aucun prétexte ne peut justifier son refus de le faire dans un pays souverain qui le lui demande pour stopper les agressions sur notre pays, sinon les utiliser contre les libanais.

    Sissi zayyat

    13 h 12, le 18 septembre 2025

  • "… À l’agenda : la guerre à Gaza …" - Pardon: le GÉNOCIDE à Gaza!

    Gros Gnon

    04 h 58, le 18 septembre 2025

  • Monsieur Guterres est vraiment la voix de l'action et de la sagesse. Un grand Homme dont on se souviendra longtemps. Je lui souhaite tout le succès dans ses interventions courageuses. Hélène Somma

    Hélène SOMMA

    03 h 16, le 18 septembre 2025

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