Pendant plusieurs jours, les médias occidentaux se sont enflammés autour de Charlie Kirk, analysant chaque mot comme s’il redessinait le monde. Pendant ce temps, Gaza n’obtient qu’une vingtaine de minutes de télévision, où l’on annonce chaque jour la mort d’enfants réduits à des chiffres : 14 morts, 23 blessés. On ne dit pas qu’ils jouaient au foot, qu’ils avaient peur du noir, qu’ils dessinaient des soleils dans les coins de leurs cahiers.
Comme autrefois, la logique médiatique réduit des vies humaines à des statistiques, comme les prisonniers n’étaient autrefois que des numéros tatoués. On aurait pu croire qu’avec tous nos progrès technologiques, nous aurions évolué depuis cette inhumanité. La seule différence, c’est qu’à l’époque, l’ignorance pouvait servir d’excuse. Aujourd’hui, le monde est simplement complice : un holocauste moderne, cette fois sous les micros et les caméras.
Cette hiérarchie du temps médiatique n’est pas une coïncidence : elle décide ce qu’il faut juger important et ce qu’on peut oublier. Ce qui arrive aux enfants de Gaza, de Sanaa ou de Mogadiscio n’est pas un drame lointain réservé aux « autres ». Ce qui est arrivé à Kirk est ce qui arrive déjà à vos propres enfants ; pendant qu’on détourne les caméras vers des polémiques, les mêmes mécanismes d’indifférence recouvrent les visages d’adolescents américains tués dans leurs écoles.
Il ne s’agit pas d’être insensible aux victimes des « school shootings », au contraire. Mais si la vie d’un enfant du Moyen-Orient compte moins qu’une minute d’antenne, alors même vos propres enfants finiront par compter moins que le buzz d’un polémiste. La hiérarchie des vies imposée par certains médias finit toujours par se retourner : d’abord elle déshumanise les « autres », puis elle banalise vos morts à vous.
Alors, que faire face à ce déséquilibre ?
Il revient à chacun de chercher les visages derrière les chiffres, de soutenir un journalisme qui raconte des histoires humaines et locales, et de diversifier ses sources pour ne pas se limiter au récit imposé par les « grands » médias. Il faut aussi refuser l’obsession médiatique, donner de l’attention aux récits invisibilisés et se rappeler que chaque vie mérite un nom et une histoire. Car si nous laissons l’importance que nous accordent certains médias décider de la valeur d’une vie, un jour, ce sera la nôtre qui se perdra dans le silence.
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Très belle< parole> que cet article!mais hélas!serait ce prêcher dans le désert?!mieux vaut crier et s indigner que se calfeutrer derrière le silence ,honteux et indigne! Merci mme
09 h 16, le 17 septembre 2025