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Société - Liberté D'expression

Barreau de Tripoli : un avocat refuse de se rétracter après avoir critiqué la Sûreté générale

À la suite d'une plainte de la SG, Mohammad Sablouh, défenseur des droits humains, a été entendu récemment par le conseil de l’ordre, qui n’a pas pris de mesures contre lui.

Barreau de Tripoli : un avocat refuse de se rétracter après avoir critiqué la Sûreté générale

Mohammad Sablouh. Photo tirée du site de Legal Agenda.

À la demande du bâtonnier de Tripoli, Sami el-Hassan, le secrétaire général du conseil de l’ordre des avocats du Liban-Nord, Tony Frangié, a convoqué, mercredi, un membre du barreau, Mohammad Sablouh, engagé dans la défense des droits humains. Cette convocation a eu lieu dans un contexte de tensions entre cet avocat et la Sûreté générale (SG) après la publication par le premier de messages virulents sur les réseaux sociaux, accusant ce service de « violations présumées des droits humains commises sur des détenus ».

Me Frangié a demandé à Mohammad Sablouh de supprimer ses publications, mais celui-ci a refusé, affirmant qu’il les retirerait lorsque la Sûreté générale « permettra la présence des avocats lors des interrogatoires et mettra fin à la torture ». À l’issue de l’entretien, Me Frangié a transmis un rapport au bâtonnier, qui, selon nos informations, n’envisage pas d’engager de procédure disciplinaire contre Me Sablouh, contrairement à ce qu’aurait sollicité le directeur général de la SG, Hassan Choucair, dans la perspective de poursuites pénales fondées sur les articles de loi relatifs à la dénonciation calomnieuse, et à l’atteinte au « prestige de l’État » et au « sentiment national ».

Généralisation

Contacté par L’Orient-Le Jour, Me Sami el-Hassan se positionne en faveur à la fois de la nécessité de « préserver le prestige de l’État et de ses institutions », et de celle de « protéger un avocat engagé dans la défense des droits de l’homme ».

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Sur le premier point, il affirme qu’« assimiler des centres de détention de la Sûreté générale à la branche Palestine porte atteinte à l’image du pays », en référence à une comparaison publiée en ligne par Me Sablouh entre ces centres et la prison syrienne tristement célèbre pour ses pratiques de torture et ses conditions de détention inhumaines, qui était dirigée par les renseignements militaires du régime Assad. Sur le deuxième point, le bâtonnier de Tripoli rappelle que l'ordre des avocats a pour mission de « défendre les droits de l'homme », indiquant que « le conseil de l'ordre ne peut lever l'immunité d'un membre du barreau engagé dans cette cause ». Il précise toutefois qu'un avocat se doit d'agir par les voies légales et judiciaires et ne publier des propos qu'après en avoir fait la demande au bâtonnier. À ce sujet, Me Tony Frangié affirme que « le problème est que Me Sablouh ne respecte pas le code d'éthique de la profession ». « S'il voulait se plaindre devant le parquet ou devant le tribunal militaire contre un agent en particulier, et plaider selon les règles, le conseil de l'ordre le soutiendrait sans limites », suggère-t-il.

Mohammad Sablouh, lui, affirme sur les réseaux sociaux n'avoir eu recours à ceux-ci qu'après avoir constaté « l’absence de sanctions judiciaires et de réponses de la part des services de sécurité (face aux infractions) ». Me Frangié rétorque en soulignant que « cela ne justifie pas la généralisation à l'ensemble du service sécuritaire d’exactions présumées commises par certains éléments, en usant de termes exagérés et inappropriés ».

Selon nos informations, le directeur général de la SG aurait informé le bâtonnier de Tripoli, en août dernier, qu’il avait rassemblé des publications diffusées par Me Sablouh accusant la Sûreté générale notamment de torture et de violences physiques pour extorquer des aveux. M. Choucair aurait auparavant porté plainte auprès du parquet militaire, à qui il aurait demandé d’arrêter Me Sablouh. Une demande qui n’a pas été satisfaite, un magistrat du parquet lui ayant conseillé de s’adresser au bâtonnier, lequel avait demandé à Me Frangié de convoquer une première fois Me Sablouh, le 21 août. Au cours de l’entretien qui s’en était suivi, ce dernier aurait déploré « une impunité judiciaire persistante, malgré des dizaines de plaintes pour torture restées sans suite, les auteurs n’ayant pas été poursuivis et les victimes demeurant en prison sans traitement ».

Parmi les accusations lancées par ce défenseur des droits humains, figure un message sur X dans lequel il dénonce un prétendu plan de la Sûreté générale visant à « créer des chambres noires (…) pour fabriquer des dossiers judiciaires contre des réfugiés syriens ». Il avait également mentionné, dans un autre message, « des personnes détenues pendant huit jours sans possibilité de contacter un avocat ni d’informer leur famille, leur sort restant inconnu en l’absence de tout contrôle judiciaire et de toute redevabilité des responsables de la Sûreté générale ».

L’avocat avait, en outre, posté un tweet dans lequel il rapportait le cas d’« un détenu ayant perdu l’ouïe en raison de coups subis lors de son interrogatoire par le service des renseignements de la Sûreté générale ». Selon lui, « ce détenu a ensuite été acquitté par le tribunal militaire de toute accusation d’appartenance à une association de malfaiteurs et de collaboration avec l’ennemi, tandis que l’enquêteur n’a pas été sanctionné ». 

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Au lendemain de la convocation de Me Sablouh par le secrétaire général du conseil de l’ordre, une rapporteuse spéciale des Nations unies, nommée par le Conseil des droits de l’hommes de l’ONU, a exprimé, le 11 septembre, son « inquiétude » face aux « menaces croissantes contre l’avocat libanais en droits humains Mohammad Sablouh, apparemment en lien avec ses dénonciations de l’usage de la torture et de l’inaction des autorités ». Elle a appelé le barreau de Tripoli à « (le) soutenir dans son travail ».

En parallèle, dans une nouvelle intervention sur les réseaux sociaux, Mohammad Sablouh a révélé avoir reçu des messages d’intimidation pour lesquels il a porté plainte devant le parquet de cassation. Il a également évoqué « des pressions exercées par des services sécuritaires » sur le conseil de l’ordre pour l’amener à lever son immunité. Une affirmation que le bâtonnier de Tripoli a fermement démentie.

L'OLJ a tenté à plusieurs reprises et sans succès d'entrer en contact avec la Sûreté générale et Me Mohammad Sablouh.

À la demande du bâtonnier de Tripoli, Sami el-Hassan, le secrétaire général du conseil de l’ordre des avocats du Liban-Nord, Tony Frangié, a convoqué, mercredi, un membre du barreau, Mohammad Sablouh, engagé dans la défense des droits humains. Cette convocation a eu lieu dans un contexte de tensions entre cet avocat et la Sûreté générale (SG) après la publication par le premier de messages virulents sur les réseaux sociaux, accusant ce service de « violations présumées des droits humains commises sur des détenus ».Me Frangié a demandé à Mohammad Sablouh de supprimer ses publications, mais celui-ci a refusé, affirmant qu’il les retirerait lorsque la Sûreté générale « permettra la présence des avocats lors des interrogatoires et mettra fin à la torture ». À l’issue de l’entretien, Me Frangié a...
commentaires (2)

Personne n’a oublié les images et vidéos montrant les FSI tabassant et maltraitant les manifestants dans la rue qui ne faisaient que réclamer leur dûs auprès d’un état corrompu, fort de ses fonctionnaires qu’ils utilisaient pour matter les citoyens alors que des voyous autour d’eux prenaient un malin plaisir pour leur faciliter tâche de faire taire les libanais mécontents à coups de bâtons et de couteaux. Et le pire c’est que c’était un ex président vendu, avec le président de la chambre et leurs alliés qui donnaient les ordres aux FSI qu’ils prenaient pour leurs propres protecteurs.

Sissi zayyat

11 h 56, le 17 septembre 2025

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Commentaires (2)

  • Personne n’a oublié les images et vidéos montrant les FSI tabassant et maltraitant les manifestants dans la rue qui ne faisaient que réclamer leur dûs auprès d’un état corrompu, fort de ses fonctionnaires qu’ils utilisaient pour matter les citoyens alors que des voyous autour d’eux prenaient un malin plaisir pour leur faciliter tâche de faire taire les libanais mécontents à coups de bâtons et de couteaux. Et le pire c’est que c’était un ex président vendu, avec le président de la chambre et leurs alliés qui donnaient les ordres aux FSI qu’ils prenaient pour leurs propres protecteurs.

    Sissi zayyat

    11 h 56, le 17 septembre 2025

  • Liberté de paroles si l avocat en question aurait des preuves tangibles’ «  sans la liberté de blamer. Il n ‘est point d ´ éloges flatteurs » (Beaumarchais)

    Robert Moumdjian

    23 h 27, le 16 septembre 2025

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