Le président libanais Joseph Aoun au sommet arabo-islamique du Qatar, le 15 septembre 2025. Photo diffusée par la présidence libanaise.
Le président libanais Joseph Aoun a condamné lundi l'attaque israélienne à Doha lors de son allocution au sommet arabo-islamique du Qatar, appelant les participants à adopter une position « unifiée » et estimant que la « réponse » à cette attaque doit être « claire ». M. Aoun s'est rendu à Doha à la tête de la délégation libanaise participant au sommet arabo-islamique extraordinaire organisé par le Qatar et consacrée à la frappe israélienne du 9 septembre sur le sol qatari, qui a pris pour cible des responsables du Hamas et que l'émirat gazier a qualifiée de nouvel acte de « terrorisme d’État ».
« Le message transmis par l’agression contre le Qatar est (…) clair et explicite, a déclaré M. Aoun. Ainsi, je suis ici pour dire (…) que la réponse qui s’impose doit être tout aussi claire. » Le président libanais a affirmé que cette attaque israélienne contre une délégation du Hamas visait « le concept même de médiation et le principe de résolution des conflits par le dialogue » et qu’« une agression contre un frère est une agression contre nous-mêmes ». « Le but de cette agression n'était pas d'assassiner des négociateurs. Il s'agissait plutôt d'éliminer l'idée même de négociation », a-t-il souligné.
Il a ensuite appelé les États participants à adopter une position unifiée lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies, qui se tiendra à New York le 22 septembre. « Dans quelques jours, nous nous rendrons à New York, où se réunira le monde entier en quête de paix. Allons-y avec une position unifiée, incarnée par une seule question : le gouvernement israélien souhaite-t-il une paix durable et juste dans notre région ? Si la réponse est oui, nous sommes prêts, conformément à l’initiative de paix arabe proposée par l'Arabie saoudite lors du sommet de Beyrouth en 2002 et adoptée à l’unanimité par notre Ligue arabe », a observé le président Aoun. Il a rappelé que « l’initiative bénéficie d’un large soutien international, qui se traduit par la reconnaissance de nombreux pays de l’État de Palestine ». « La meilleure preuve en est la déclaration adoptée il y a quelques jours par l’Assemblée générale des Nations unies à une écrasante majorité sous le nom de ‘Déclaration de New York’, résultat des efforts incessants de l'Arabie saoudite et de la France, qui définit des mesures concrètes, assorties d’un calendrier, en vue d’une solution à deux États », a-t-il ajouté.Dans ce cadre, Joseph Aoun a invité les participants « à s’asseoir immédiatement sous l’égide des Nations unies et de tous ceux qui aspirent à la paix, pour examiner les implications » de la réponse israélienne à la paix. « Si la réponse est non, ou partielle, ou si aucune réponse n’est donnée, nous comprendrons la réalité des choses et agirons en conséquence. Peut-être pourrons-nous ainsi au moins mettre fin à la série de déceptions vis-à-vis de nos peuples et devant l’histoire », a-t-il conclu.
« Le soutien constant du Qatar au Liban »
Le président libanais a été accueilli à l'aéroport international Hamad par le vice-président du Conseil des ministres et ministre de la Défense, Cheikh Saoud ben Abdelrahmane al-Thani, le ministre de la Culture Abdelrahmane ben Hamad, et plusieurs responsables qataris, ainsi que par le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, déjà sur place. Joseph Aoun s’est entretenu à midi et demie avec l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, dans sa suite au siège du sommet.
Au début de la rencontre, le président Aoun a réitéré sa condamnation de l’attaque israélienne ayant visé Doha, soulignant « le soutien du Liban au Qatar et sa solidarité avec le peuple qatari frère ». Il a également remercié l’émir du Qatar pour le soutien que son pays apporte au Liban dans diverses circonstances, affirmant que « ce soutien est profondément apprécié par l’ensemble des Libanais ».
L’émir du Qatar a, pour sa part, souhaité la bienvenue au président Aoun et à la délégation qui l’accompagnait, remerciant le Liban pour sa solidarité avec le Qatar et sa condamnation de l’agression israélienne. Il a également réaffirmé « le soutien constant du Qatar au Liban et à son peuple, ainsi que ses efforts inlassables pour assurer la sécurité et la stabilité au Liban ».
Le président Aoun a rencontré le roi Abdallah II de Jordanie en marge des travaux du sommet. Selon le président libanais, M. Aoun « a exprimé sa gratitude pour le soutien que la Jordanie apporte au Liban dans les instances régionales et internationales, ainsi que pour l’aide qu’elle fournit à l’armée libanaise ». M. Aoun a également rencontré, en marge du sommet, le président syrien Ahmed el-Chareh et le président iranien Masoud Pezeshkian. Selon la présidence, il a souligné à ce dernier que « le Liban tient à établir des relations solides avec l’Iran, fondées sur le respect mutuel, la franchise et la non-ingérence dans les affaires intérieures, dans le but de servir les intérêts communs des deux pays ». De son côté, le président iranien a réaffirmé l’engagement de son pays au principe de non-ingérence dans les affaires des autres États, a rapporté la présidence.
الرئيس عون التقى الرئيس السوري أحمد الشرع على هامش أعمال القمة العربية-الإسلامية في قطر pic.twitter.com/kAWdnoIlqe
— Lebanese Presidency (@LBpresidency) September 15, 2025
Selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle) le chef de l'Etat libanais a aussi rencontré le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le prince héritier du Koweït Sabah Khaled al-Hamad al-Sabah, le prince héritier bahreïni Salman ben Hamad al-Khalifa, ainsi que le vice-Premier ministre omanais chargé des affaires de la défense, Chihab ben Tariq al-Saïd.
Le sommet a commencé vers 15h30, heure de Beyrouth et de Doha. La délégation officielle libanaise comprend le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi, l’ambassadrice du Liban au Qatar Farah Berry, ainsi que le représentant permanent du Liban auprès de la Ligue arabe, l’ambassadeur Ali Halabi.
Raggi rencontre Araghchi
Le chef de la diplomatie libanaise a été reçu par son homologue qatari Mohammad ben Abdelrahmane ben Jassim al-Thani en marge du sommet d’urgence, selon l’agence de presse qatarie QNA. Leur rencontre a porté sur les relations de coopération entre les deux pays et les moyens de les soutenir et de les renforcer, ainsi que sur l’évolution de la situation dans la région, en particulier après l’attaque israélienne sur Doha. Le ministre qatari des Affaires étrangères a affirmé que « son pays prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger sa sécurité et préserver sa souveraineté face à l’agression israélienne flagrante ». Pour sa part, Joe Raggi a réitéré « la solidarité » du Liban avec l’émirat, qualifiant « l’attaque israélienne de violation de la souveraineté du Qatar et du droit international ».
Le ministre Raggi avait au préalable participé dimanche à Doha à une réunion préparatoire avec ses homologues de la Ligue arabe. Dans le paragraphe consacré au Liban dans le projet de communiqué final, les ministres appellent à la « nécessité d’une action urgente de la communauté internationale pour limiter les agressions israéliennes répétées dans la région et mettre fin aux violations continues de la souveraineté, de la sécurité et de la stabilité des États, y compris de la République libanaise ».
Le chef de la diplomatie libanaise a par ailleurs rencontré à Doha son homologue iranien Abbas Araghchi, en marge des préparatifs au sommet. Les deux responsables ont eu « une discussion approfondie sur la situation au Liban et dans l'ensemble de la région ». « J'ai parlé en toute franchise de la décision du gouvernement libanais de revenir au monopole de l'État sur les armes et d'affirmer sa souveraineté sur l'ensemble du territoire national. M. Araghchi a quant à lui réaffirmé l'engagement de son pays à respecter la souveraineté du Liban et à s'abstenir de toute ingérence dans ses affaires intérieures », a écrit Joe Raggi sur X.
Celui-ci avait refusé de recevoir Abbas Araghchi en juin dernier, alors que ce dernier effectuait une visite officielle au Liban. Il avait aussi convoqué l’ambassadeur d'Iran à Beyrouth Mojtaba Amani, qui avait exprimé l’opposition de Téhéran au désarmement du Hezbollah.
Consulté par l'agence Reuters, un extrait du projet de résolution qui sera présenté au sommet souligne par ailleurs que « l'attaque brutale d'Israël contre le Qatar et la poursuite des actes hostiles de l’État hébreu, notamment le génocide, le nettoyage ethnique, la famine, le siège, la colonisation et les politiques d'expansion, menacent les perspectives de paix et de coexistence dans la région ». Ces actions torpillent « tout ce qui a été accompli sur la voie de la normalisation des relations avec Israël, y compris les accords actuels et futurs », selon le projet rédigé par les ministres des Affaires étrangères, dont M. Raggi, avant le sommet.
Environ 80 participants, provenant de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui compte 57 membres, et de la Ligue arabe, qui en compte 22 sont attendus à Doha.



Très beaux discours de tous les pays solidaires du Qatar. Passons aux sujets qui fâchent. Avec quels outils ces pays comptent répondre à l’agression d’un pays souverain tel que le Qatar pour dissuader Israël de persévérer dans ses provocations? La région vie une guerre interminable depuis des décennies avec son lot de mercenaires, tel que le Hamas et le HB, qui terrorisent leurs compatriotes pour les asservir, sans jamais réussir à prouver leur suprématie face à l’armée israélienne. Il serait temps que tous ces pays fassent la paix pour couper court aux ambitions des fossoyeurs de la région
11 h 25, le 16 septembre 2025