Cate Blanchett ambassarice d'Uniqlo. Photo Uniqlo
Si Uniqlo n’est présent au Liban qu’à travers quelques articles vendus en ligne, ce manque est significatif de l’étroitesse du marché local, mais aussi d’une certaine marginalisation, tant la marque est implantée dans chaque pays d’un certain niveau de vie, malgré ses prix raisonnables. Tout commence à Hiroshima, dans les années 1980. Tadashi Yanai, fils d’un commerçant, reprend la petite boutique familiale de vêtements pour hommes. Rien ne le prédestinait à transformer ce magasin en une entreprise qui allait redessiner la carte mondiale du prêt-à-porter. Pourtant, derrière son allure discrète et sa voix calme, Yanai caressait une ambition démesurée : rendre la mode accessible à tous. Hiroshima est une ville de province où les clients veulent des habits pratiques, solides et bon marché. Yanai, jeune diplômé de l’université Waseda, rejoint l’affaire familiale en 1972. Son tempérament est déjà singulier : curieux du monde, il dévore les journaux américains, s’intéresse autant aux affaires qu’aux détails du quotidien. Très vite, il comprend que la boutique n’aura pas d’avenir sans une vision plus large.
En 1984, il inaugure le premier magasin « Unique Clothing Warehouse ». Le nom se veut brut, mais il reflète une philosophie : simplifier le vêtement pour qu’il devienne universel. Quand le logo se contracte en Uniqlo, la trajectoire est déjà tracée : du Japon au Royaume-Uni, puis aux États-Unis, en passant par la Chine et la France, la marque conquiert la planète à coup de coupes épurées, de prix justes et surtout, d’innovations textiles. Pour la petite histoire, une erreur administrative transforme le nom (à l’origine avec un « c » pour «clothing ») en Uniqlo. Yanai aime raconter que ce hasard linguistique a scellé la destinée internationale de sa marque : « Court, simple, facile à retenir dans toutes les langues. »
Yanai n’est pas un couturier, encore moins un régulier des podiums. Il est stratège. « Nous ne faisons pas de la mode, nous faisons du LifeWear », aime-t-il répéter. Pour lui, la beauté n’est pas dans l’ornement, mais dans l’usage. Un vêtement doit être aussi fiable qu’un outil, aussi indispensable qu’une armure. L’introduction du Heattech, développé avec les ingénieurs de Toray Industries, en est la preuve éclatante : rendre l’hiver plus doux, simplement grâce à un tissu qui capte et conserve la chaleur du corps. Cette idée d’habiller le monde avec des vêtements simples, universels et intelligents a permis la création d’un empire. Aujourd’hui, Uniqlo compte plus de 2 300 magasins à travers le monde et génère des milliards de dollars de chiffre d’affaires, mais l’obsession de Yanai reste la même : perfectionner le quotidien.
Quarante ans après la première boutique d’Hiroshima, l’histoire de la marque prend un nouveau souffle. En 2023, Uniqlo invite Clare Waight Keller, l’ancienne directrice artistique de Chloé et Givenchy, à rejoindre l’aventure. Elle qui a habillé Meghan Markle pour son mariage, et marqué de son empreinte une mode à la fois fluide et romantique, se confronte chez Uniqlo à un terrain inattendu : celui du vêtement ordinaire. En septembre 2024, elle est promue directrice artistique de la marque. Son défi : insuffler de l’émotion dans l’essentiel. Ses collections traduisent cette ambition avec délicatesse : des lignes élancées, des matières fluides, des nuances sobres mais sensuelles. Elle élève l’ordinaire sans jamais trahir les principes de Yanai. Sous sa main, le LifeWear prend la dimension d’une élégance accessible, silencieuse, presque intime.

Pour porter ce récit sur la scène mondiale, Yanai ne pouvait rêver meilleurs ambassadeurs que Cate Blanchett et Roger Federer. Blanchett incarne le raffinement absolu : une actrice dont la silhouette et le charisme traversent les époques. Son engagement pour une mode durable fait écho aux valeurs d’Uniqlo. Federer, quant à lui, représente l’excellence et la grâce sportive. Sur un court de tennis ou dans la vie quotidienne, il illustre cette alliance de rigueur et de simplicité que la marque revendique. Ensemble, ils donnent un visage à cette promesse : que le vêtement Uniqlo n’a pas besoin de se faire remarquer, il s’impose dans la durée, par son confort et sa justesse.
La nouvelle collection automne-hiver reflète cette évolution. On y croise des manteaux aux proportions amples, des mailles en mérinos d’une finesse rare, des doudounes Ultra Light Down revisitées dans des tons de brume et de terre. Tout respire la sobriété et la chaleur, avec ce soin presque artisanal des coupes et des détails. Une garde-robe qui invite à s’habiller pour mieux vivre, dans le confort d’un essentiel qui se fait beauté.



L'article commence par "Si Uniqlo n’est présent au Liban qu’à travers quelques articles vendus en ligne". Vendus en ligne comment ou par l'intermédiaire de qui? La journaliste peut-elle clarifier cette information qui m'intéresse? Merci
19 h 41, le 15 septembre 2025