Des armes saisies par l'armée libanaise dans les camps de Beddaoui et Aïn el-Héloué, le 13 septembre 2025. Photo armée libanaise
Le désarmement des camps palestiniens, qui a débuté en août au Liban, s'est poursuivi samedi matin dans les camps de Beddaoui dans le Nord et de Aïn el-Héloué, à l’entrée de la ville de Saïda dans le Sud.
Le directeur des relations publiques des Forces de sécurité nationale palestiniennes au Liban, Abdel Hadi Assadi, a affirmé dans un communiqué que ces forces ont « achevé la remise de nouveaux lots d’armes palestiniennes appartenant aux factions de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ». « Cinq camions provenant du camp de Aïn el-Héloué et trois camions du camp de Beddaoui ont été remis à l’armée libanaise », a-t-il détaillé.
« Partenariat libano-palestinien »
M. Assadi a également indiqué que ces mesures s’inscrivent dans la « mise en œuvre de la déclaration conjointe publiée par le président Mahmoud Abbas et le président libanais Joseph Aoun et des travaux du comité mixte libano-palestinien chargé du suivi de la situation des camps et de l’amélioration des conditions de vie qui y prévalent ». Cette initiative « reflète la profondeur du partenariat libano-palestinien et incarne le souci commun d’ancrer la sécurité et la stabilité, tout en préservant les relations fraternelles entre les deux peuples », a-t-il conclu.
Selon notre correspondant dans le Nord Michel Hallak, l'armée libanaise a inspecté les trois camions remis par le Fateh, dans le camp de Beddaoui avant de les transférer vers la caserne militaire de Qobbé à Tripoli. Selon une source sécuritaire palestinienne interrogée par notre correspondant dans le Sud Mountasser Abdallah, les cinq camions remis par le Fateh à Aïn el-Héloué contenaient « des armes, des roquettes, des mines, des mortiers avec leurs obus, des obus d’artillerie de différents calibres et des munitions ».
Commentant son opération, l'armée libanaise a affirmé dans l'après-midi avoir bien « réceptionné cinq camions d’armes du camp de Aïn el-Héloué à Saïda et trois camions du camp de Beddaoui à Tripoli ». Ces camions contenaient « différents types d’armes, d’obus et de munitions de guerre, qui ont été pris en charge par les unités militaires spécialisées pour inspection et traitement conformément aux procédures nécessaires », a-t-elle ajouté.
Le dialogue se poursuit avec le Hamas et le Jihad islamique
De son côté, le comité de dialogue libano-palestinien a salué cette opération qui « constitue une nouvelle étape dans le processus de désarmement complet des Palestiniens, selon un plan progressif exécuté par phases successives ». Il a également affirmé «poursuivre ses rencontres avec les différentes factions palestiniennes, y compris le Hamas et le Jihad islamique, afin de suivre la situation dans les camps et de réaffirmer la volonté constante de l’État libanais d’exercer sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire». Le comité a informé ces parties « de la nécessité d’entamer des mesures concrètes pour traiter définitivement le dossier des armes palestiniennes, ouvrant ainsi la voie à un renforcement de l’autorité de l’État libanais sur les camps, à la garantie de leur sécurité et de leur stabilité, tout en préservant la stabilité nationale et en protégeant la dignité ainsi que les droits humains, économiques et sociaux des Palestiniens résidant au Liban ».
Ces opérations se sont déroulées loin des médias.
La collecte des armes palestiniennes au Liban a débuté en août, au camp palestinien de Bourj el-Brajné, dans la banlieue-sud de Beyrouth. Cette première étape faisait suite à la rencontre entre les présidents Aoun et Abbas, durant laquelle le dirigeant palestinien avait affirmé son soutien à la souveraineté de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire et à son monopole sur les armes.
L’armée libanaise avait, par la suite, lancé des opérations de collecte de l’armement palestinien au sud du fleuve Litani et dans les camps de Rachidiyé, el-Bass et Bourj el-Chemali (Tyr) avant de récupérer une autre cargaison du camp de Bourj el-Brajné, dans ce que le porte-parole officiel du Fateh, Abdel Fattah Dawla, a décrit comme « la plus grande opération de ce type depuis juillet 1991 », date d'un accord de désarmement signé à l'époque entre le Liban et le Fateh, principale organisation de l'OLP. Cette remise comprenait en effet des armes lourdes provenant de la majorité des camps officiellement reconnus - 10 sur les 12, selon la déclaration.
Aucun accord n’a pour l’heure été annoncé avec le mouvement islamiste Hamas sur une éventuelle remise de son arsenal aux autorités libanaises. Le rétablissement du monopole de l'État sur les armes fait partie des objectifs prioritaires du président Joseph Aoun et du gouvernement de Nawaf Salam.



Il est bon d'avoir une photo pour concrétiser la remise des armes. Il convient toutefois de rester lucide: 1/ La photo ne représente évidemment pas tout l'armement récolté. Elle montre essentiellement des obus de mortier (dont pas mal sont dégradés) et des caisses de munitions sans plus de précisions. 2/ Dans TOUTES les collectes d'armement pour le rétablissement de la paix -pas juste au Liban- les gens donnent en priorité les armes et munitions périmées, dégradées et usagées. Ce n'est qu'en dernier que viendront -si elles viennent- les armes les plus récentes et les plus efficaces. Toujours.
10 h 06, le 14 septembre 2025