Une embarcation de la marine militaire recherchant des victimes du naufrage d'un bateau au large de Tripoli, le 28 avril 2022. Photo d'illustration X/ @Lebarmy
Une patrouille de la marine a empêché, dans la nuit de vendredi à samedi, le navire « Hawk III », qui était chargé de fuel oil à destination d'Électricité du Liban (EDL), de quitter illégalement les eaux territoriales libanaises, et arrêté 22 personnes à bord, a indiqué l’armée dans un communiqué publié samedi, notant que trois militaires ont été blessés.
« Après que la salle des opérations maritimes conjointes relevant de l’armée ait reçu des informations et sur instruction du pouvoir judiciaire compétent, une patrouille des forces navales a lancé une opération de poursuite du navire Hawk III lors de sa tentative de quitter les eaux territoriales libanaises de manière illégale », a affirmé l’armee libanais dans son communiqué. L’équipage ayant refusé « d’obtempérer aux ordres de la patrouille », les militaires ont tiré « des coups de semonce en l’air ».
Une unité des commandos maritimes, appuyée par les forces aériennes, a ensuite mené « une opération d’abordage » et arrêté 22 personnes à bord, à environ 30 milles nautiques (55 km) du littoral libanais, avant de ramener le navire au port de Dbayé. Trois militaires ont été blessés « lorsque le capitaine a tenté de manœuvrer pour empêcher les soldats de monter à bord », indique le texte. L’armée a encore précisé qu’une enquête est en cours et que « les mesures nécessaires seront prises concernant le navire, sous la supervision de l’autorité judiciaire compétente ».
La semaine dernière, le ministre de l’Énergie, Joe Saddi, avait autorisé le déchargement du Hawk III, chargé de fuel oil B destiné à l’EDL, après que trois analyses indépendantes, menées à Dubaï, en Grèce et en Italie, eurent confirmé la conformité du produit aux spécifications requises, selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). Cette décision avait été prise en réponse à la nécessité urgente de décharger la cargaison afin d’éviter un blackout au Liban avant le 8 septembre.
Selon des informations de presse qui circulaient samedi, le carburant aurait été fourni par la Russie et serait donc sous le coup de sanctions internationales, ce qui expliquerait pourquoi les autorités ont cherché à l’appréhender — une information que nous n’avons pas été en mesure de confirmer formellement. Après le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, l'UE a imposé une interdiction sur la plupart des importations de pétrole en provenance de Russie, tandis que les États-Unis ont aussi adopté des sanctions contre des producteurs de pétrole russes. Ce week-end, le président américain Donald Trump a affirmé samedi qu'il était prêt à prendre de nouvelles sanctions contre la Russie, mais à la condition que les pays de l'OTAN arrêtent d'acheter du pétrole russe.
Les explications de Saddi
Commentant l'opération de la marine samedi, le ministre Saddi a salué les efforts de la troupe, notant que le navire « avait été saisi par les douanes libanaises sur indication du procureur général près la Cour de cassation ». « Le ministère de l’Énergie et de l’Eau attend toujours une décision de la justice « afin d’agir en conséquence concernant la relation contractuelle avec la société fournisseuse (Sahara Energy DMCC, ndlr) et son respect des conditions stipulées », a-t-il ajouté.
Selon un autre communiqué du ministère datant du 6 septembre, le ministère a indiqué que la société fournisseuse avait reçu des cargaisons de pétrole brut de la société publique irakienne de commercialisation du pétrole (SOMO), sur la base du contrat de troc signé entre la SOMO et le ministère libanais de l’Énergie.
Dans une intervention sur la chaîne locale MTV, Joe Saddi a indiqué avoir adressé une notification au parquet le 25 août afin d’enquêter sur la qualité du fuel et son origine. « Nous préservons les droits de l’État par le biais de la garantie financière. Nous attendons les résultats de l’enquête sur l’origine du fuel », a-t-il ajouté. Il a de nouveau salué l’opération menée par l’armée libanaise et s'est montré « étonné de la manière dont l’équipage du navire a obtenu ses passeports, alors que le navire fait l’objet d’une enquête ».
Dans un communiqué publié en fin d'après-midi, le ministère de l'Énergie a expliqué qu'entre le 25 août et le 5 septembre, il a saisi le parquet de cassation au sujet du navire « Hawk III » après des soupçons de fuel frelaté et de documents falsifiés. Il a ensuite demandé un troisième test en Europe, hors Grèce, pour s'assurer de la qualité de la cargaison. Le 3 septembre, les analyses réalisées par le laboratoire Amspec en Italie ont confirmé la conformité du fuel, en accord avec celles déjà menées à Dubaï et en Grèce. Enfin, le 5 septembre, la direction des douanes, après consultation du parquet de cassation, a confirmé qu’aucune interdiction de déchargement n’existait.
Le ministère a aussi indiqué que M. Saddi avait reçu en juillet une réponse du gouvernement à une demande de clarification qu’il lui avait adressée concernant les pays auprès desquels il est interdit d’importer du pétrole, y compris la Russie. « Le gouvernement a confirmé qu’il n’y a pas d’interdiction d’importer de Russie, tant que les mécanismes du « plafonnement des prix » (Price Cap) imposés au pétrole russe sont respectés », a souligné le texte, notant que la Direction générale du pétrole n’a jamais possédé d’abonnement à une application de suivi des navires.
Le texte a précisé que « les tankers maritimes ayant des certificats d’origine russe n’ont jamais cessé de venir au Liban au cours des deux dernières années ». Le ministère a enfin affirmé avoir déposé une information concernant un autre navire et n’a pas encore reçu de réponse à ce jour.



Un charabia que seuls les corrompus de notre pays arrivent à comprendre, et encore. Donc des tractations frauduleuses continuent à être effectuées sous le nez et la barbe du nouveau pouvoir sans que cela n’aboutisse à des arrestations en masse de tous les corrompus qui se sentent plus que jamais au dessus des lois? Les scandales éclatent suite à des enquêtes menées par des journaux étrangers alors que nos responsables disent ne pas être au courant du trafic continuel? De qui on se moque là?
12 h 46, le 17 septembre 2025