Le ministre des Déplacés, Kamal Shehadi. ANI
Le ministre des Déplacés Kamal Shehadi a démenti vendredi, dans une déclaration à L’Orient-Le Jour, les informations selon lesquelles son ministère sera incessamment supprimé. Cette mise au point intervient après la publication d’un article sur le site Lebanon Debate accusant M. Shehadi de chercher à mettre un terme à l’existence de ce ministère, alors que de nombreux dossiers resteraient en suspens.
Créé en 1992, deux ans après la fin de la guerre civile (1975-1990), le ministère des Déplacés avait pour mission d’assurer le retour des personnes déplacées pendant ce conflit et de les indemniser. Son abolition a été évoquée à plusieurs reprises au cours des vingt dernières années, sans jamais être concrétisée. « La suppression du ministère revient dans toutes les déclarations depuis 20 ans, mais rien n'a été décidé pour l'heure », a souligné le ministre à L'OLJ. Il assure par ailleurs que « personne ne sera spolié de ses droits et que les dédommagements en suspens seront versés lorsque le ministère réussira à se procurer les fonds nécessaires ».
Dans son article, Lebanon Debate affirmait que le ministre « insiste pour éliminer le ministère des Déplacés, alors que les dédommagements et les réconciliations (dans les localités affectées par la guerre civile) ne sont pas terminées ». « Nous ne pouvons pas supprimer un ministère alors que des dossiers sensibles sont toujours en suspens, indiquait ce média.
Une réconciliation historique dans la région druzo-chrétienne de la Montagne avait eu lieu en août 2001, à la suite d'un processus de retour progressif de nombreux déplacés chrétiens qui avaient fui leurs villages après les massacres en série perpétrés pendant la guerre civile.
Kamal Shehadi, qui est aussi ministre d’État pour les Technologies de l’Information et l’Intelligence artificielle, a par ailleurs affirmé que 35 000 des 77 000 dossiers traités par le ministère ont été numérisés. « Une fois la numérisation terminée, on verra ce qu'il reste à faire pour les dossiers en suspens », nous a-t-il fait savoir. Il précisé à ce sujet que tous les dossiers qui restent à examiner remontent à plus de vingt ans, mais que le ministère n'a plus reçu de financement « depuis douze ans ».
Le ministre a enfin rappelé que « ce ministère n’est pas une fin en soi, mais un moyen ». Il devra selon lui être aboli « une fois sa mission accomplie ». « Chaque personne recevra ce qui lui est dû. Nous demanderons à ce moment au gouvernement de nous octroyer les fonds nécessaires afin de payer les dédommagements », a-t-il conclu.



A un moment il faut bien fermer les boutiques qui coûtent cher aux contribuables et qui n’apportent rien aux citoyens. Si au bout de trois décennies ce ministère n’a pas été capable de régler le problème de tous les déplacés, alors on ne voit pas son utilité.
10 h 35, le 13 septembre 2025