L'ancien ministre libanais Bassel Fleyhane, décédé le 18 avril 2005 des suites de ses blessures dans l'attentat du 14 février de la même année et qui avait coûté la vie à l'ex-Premier ministre Rafic Hariri. Photo Institut Bassel Fleyhane
L’Institut des finances Bassel Fleyhane, centre de recherche et de formation rattaché au ministère libanais des Finances, a commémoré mercredi son 29e anniversaire, l'occasion de rendre hommage à l'un de ses fondateurs, l'ex-ministre réformateur Bassel Fleyhane, décédé à 41 ans des suites de ses blessures 20 ans plus tôt, en avril 2005, deux mois après l'attentat à la bombe à Beyrouth qui a coûté la vie à son compagnon de route, l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, qu'il accompagnait ce jour-là dans son véhicule.
La cérémonie, placée sous le patronage du Premier ministre, Nawaf Salam, et organisée en partenariat avec l’Université américaine de Beyrouth (AUB), a réuni anciens Premiers ministres, ministres, responsables gouvernementaux, représentants de l’ONU et amis de l’institut. La rencontre a été l’occasion d’évoquer l’héritage d’un homme qui croyait à la force des institutions publiques et à l’État de droit.
Fondé il y a 29 ans, l’Institut des finances Bassel Fleyhane est devenu un repère institutionnel, renforçant les capacités de l’État, promouvant l’éducation financière et menant des réformes de gouvernance. Reconnu comme le « parrain » de la loi sur les marchés publics de 2021, il a formé ministères, municipalités et organismes publics, tout en servant de passerelle entre pouvoirs publics, universités et partenaires internationaux.
« Aujourd’hui, nous avons désespérément besoin de l’esprit de Bassel », souligne à L'Orient-Le Jour Lamia Moubayed, présidente de l'institut qui a vu le jour dans le cadre du protocole de coopération franco-libanais, pour reconstruire des capacités laminées par la guerre civile. « Après des années d’érosion de l’État et de déclin des compétences nationales, cette vision est de nouveau indispensable », estime-t-elle. « Après des études et une carrière à l’étranger, il est revenu servir son pays, avec des convictions fortes. L’équipe qu’il constitua à l’institut réunissait de jeunes profils variés, travaillant ensemble pour améliorer les services publics et renforcer l’économie, à une époque où la citoyenneté restait fragile », se souvient-elle.
Un « travailleur passionné et perfectionniste »
Yasma Fleyhane, veuve de l'ex-ministre qui avait également été élu député en 2000, a été décorée des mains du Premier ministre, au nom du président de la République. Elle se souvient d'un « travailleur passionné et perfectionniste qui répétait toujours : ''quand tu fais quelque chose, fais-le bien''. Il croyait profondément à la liberté et la nécessité de créer des synergies pour faire aboutir tout projet. » Bassel Fleyhane « pensait que le secteur public devait s’inspirer de l’esprit du privé pour prospérer. Il voyait les deux comme des partenaires, jamais comme des rivaux », rappelle-t-elle. L'ancien ministre avait lancé des initiatives de protection des consommateurs, la numérisation de ministères comme ceux des Finances et de l’Économie, ainsi que les Douanes et le Cadastre.

Quant à Lamia Moubayed, elle rappelle qu’il avait aussi combattu les monopoles et oligopoles, en « posant les bases légales pour réduire l’exclusivité et stimuler la concurrence ». « Une bataille ardue qui continue encore aujourd’hui », rappelle-t-elle, en évoquant la loi sur les marchés publics de 2021, dont l’institut est réputé être l’architecte. « Bassel a travaillé avec l’Union européenne, des pays donateurs et des organisations internationales comme l’Organisation mondiale du commerce pour renforcer la compétitivité. Les PME (petites et moyennes entreprises), qui représentent près de 90 % de l’économie libanaise, sont le moteur de l’innovation et de l’opportunité. La loi de 2021 ouvre l’espace à de nouveaux acteurs dans chaque secteur », explique-t-elle.
Mais des obstacles persistent. « Le système de classification des entreprises, figé depuis des décennies, a créé un club restreint d’entreprises qui raflent tous les contrats publics », déplora Mme Moubayed. « Ce dispositif doit être démantelé et remplacé par un cadre transparent, conforme aux standards internationaux. L’heure est venue de réformer à tous les niveaux, de restaurer la confiance dans l’État et de garantir des services dignes et une vie meilleure aux Libanais. »
Se souvenant du « sens aigu de la citoyenneté » de l'économiste qui a notamment travaillé au Fonds monétaire international et au Programme de développement des Nations unies, Yasma Fleyhane plaide aujourd'hui pour « un dialogue national afin de définir l’identité libanaise que nous voulons ». Quant à Lamia Moubayed, elle estime qu'« une nouvelle génération existe, mais personne ne l’écoute. Il faut la placer au centre pour bâtir une citoyenneté active et responsable ».
Fadlo Khury, président de l’Université américaine de Beyrouth et ami d’enfance de Bassel Fleyhane, présent à la cérémonie, a pour sa part annoncé que l'AUB organisera chaque 10 septembre une conférence en hommage à l'ancien ministre.



Tous ces mafieux se croyaient tirés d’affaires parce que ministres et premier ministre, (dont un, récemment décoré de la légion d’honneur) par un président français. La France frappe du poing sur la table pour exiger les réformes tout en continuant à collaborer avec ceux qui ont ruiné notre pays, en raclant les caisses et pour finir, voler le fruit de labeur de toute une vie des libanais qui se retrouvent à mendier leur argent planqué dans des paradis fiscaux. Si Mikati dit que cet un héritage, pourquoi alors l’avoir planqué?Cela a un nom, une fraude fiscale, pour laquelle il doit être jugé
11 h 10, le 14 septembre 2025