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Politique - Liban

Désarmement : Aoun affirme à Le Drian que toute pression sur Israël aidera à appliquer le plan de l'armée

L'émissaire français a estimé que les « mesures prises récemment par le Liban contribuent à accroître le soutien extérieur ».

Désarmement : Aoun affirme à Le Drian que toute pression sur Israël aidera à appliquer le plan de l'armée

L'émissaire français Jean-Yves Le Drian à son arrivée au Grand Sérail, le 11 septembre 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour

L'émissaire spécial du président français au Liban, Jean-Yves Le Drian, s'est entretenu jeudi avec les dirigeants libanais, lors d'une tournée au cours de laquelle il a notamment réitéré que la France s'est engagée à organiser deux conférences internationales de soutien au Liban et son armée. Lors de sa réunion avec le président Joseph Aoun, ce dernier a une nouvelle fois appelé Paris et Washington à faire pression sur Israël pour qu'il cesse ses attaques sur le Liban, affirmant qu'une telle pression permettra de contribuer à la mise en application du plan de l'armée pour le désarmement des milices, et notamment du Hezbollah.

Outre sa réunion avec Joseph Aoun, M. Le Drian a rencontré tour à tour le président du Parlement, Nabih Berry, et le Premier ministre, Nawaf Salam.

Selon le compte X de Baabda, le chef de l'Etat a affirmé lors de sa réunion avec M. Le Drian que « toute pression française ou américaine sur Israël pour qu'il cesse ses hostilités contribuera à la mise en œuvre du plan de sécurité élaboré par l'armée et dont s'est félicité le Conseil des ministres. »

Le commandant en chef de la troupe avait présenté vendredi dernier cette feuille de route en cinq étapes devant permettre à l'Etat de récupérer le monopole des armes. Malgré le départ des ministres chiites du Conseil des ministres au cours duquel a été présenté ce plan, le gouvernement l'avait avalisé, sans que cela ne crée de tensions supplémentaires entre les différentes parties. L'armée a déjà entamé le démantèlement de l'arsenal et des positions militaires du Hezbollah au sud du Litani, le fleuve délimitant une large bande frontalière avec Israël, depuis l'entrée en vigueur de l'accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024, qui avait mis fin à 13 mois de guerre entre le Hezbollah et Israël, dont deux d'offensive ouverte israélienne sur tout le Liban. Malgré cette trêve, l'Etat hébreu continue de frapper quotidiennement le Liban-Sud, et régulièrement la Békaa, des fiefs du Hezbollah. Dans la journée de jeudi, des séries de frappes ont été menées sur ces deux régions, notamment une zone frontalière avec la Syrie dans l'Anti-Liban et la région d'Ansar, au nord du Litani.

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« Personne ne cherche à semer la discorde »

Par ailleurs, le président Aoun a déclaré que « la cohésion et la solidarité entre les Libanais sont indéniables et incontestables, et personne ne cherche à semer la discorde dans la position libanaise sur les questions cruciales. »

De son côté, et toujours selon Baabda, l'émissaire français a souligné que la France continue de soutenir le Liban dans tous les domaines, et poursuit ses efforts pour organiser deux conférences internationales, à Paris. Ces événements visent à obtenir des financements pour aider à la reconstruction du Liban, soutenir l'armée et relancer l'économie. Des conférences similaires avaient déjà été tenues par le passé et liaient tout versement financier à la mise en oeuvre de réformes, longtemps restées lettre morte. Depuis le début du nouveau mandat, soit l'élection de M. Aoun en janvier et la formation du gouvernement de Nawaf Salam en février 2025, plusieurs des réformes réclamées par la communauté internationale, notamment concernant le secteur bancaire, ont commencé à être approuvées. « Les mesures prises récemment par le Liban contribuent à accroitre le soutien extérieur dont il bénéficie déjà », selon des propos de M. Le Drian rapportés par la présidence, en référence probable à ces réformes et à la décision de l'exécutif de désarmer les milices.

Jean-Yves Le Drian a dans ce cadre eu des « contacts encourageants en Arabie saoudite au sujet du soutien au Liban », après des années de désintérêt de Riyad concernant la situation libanaise, notamment en raison de la mainmise du Hezbollah sur la vie politique. Le parti chiite est sorti très affaibli de la guerre de l'automne dernier, au cours de laquelle non seulement une grande partie de son arsenal, mais surtout son leadership, ont été décimés. La coupure de ses lignes d'approvisionnement en cash et armes, en provenance d'Iran, a en outre été fortement impactée par la chute du régime Assad en Syrie, le 8 décembre 2024. Depuis, l'émissaire Yazid ben Farhane est venu à plusieurs reprises à Beyrouth, notamment au cours de la semaine écoulée.

« Un choix national irréversible »

Depuis le Sérail de Beyrouth, Nawaf Salam a assuré à l'émissaire français que le monopole des armes par l’État était désormais «un choix national irréversible». Le Premier ministre a ensuite présenté les priorités de son gouvernement, articulées autour de trois étapes essentielles : « une conférence sur la reconstruction et la relance économique destinée à mobiliser les ressources nécessaires pour les infrastructures, le logement et la relance de l’économie ; une conférence de soutien à l’armée libanaise afin d’assurer son financement, ses capacités logistiques et son équipement, pour lui permettre de renforcer la stabilité et d’étendre l’autorité de l’État ; et enfin la conférence « Beyrouth 1 » sur l’investissement, visant à ouvrir de nouveaux horizons aux capitaux et à consolider la confiance de la communauté internationale au Liban.

Nawaf Salam a insisté sur le fait que « ces étapes sont interdépendantes et complémentaires : il ne peut y avoir de redressement économique sans stabilité sécuritaire, ni de stabilité sans institutions solides et un environnement d’investissement attractif », soulignant que « la réussite de ces trois démarches nécessite le soutien de la France, ainsi que celui des amis arabes et internationaux ».

De son côté, Jean-Yves Le Drian a félicité le gouvernement libanais pour « les mesures prises afin d’étendre l’autorité de l’État », réaffirmant « l’engagement de la France à soutenir le Liban dans les trois démarches » présentées par M. Salam. Il a estimé que « l’armée libanaise constitue le premier garant de la stabilité intérieure et de la confiance des citoyens », précisant que « Paris accompagnera ces trois conférences ».

L'émissaire français a insisté sur « l’importance d’accélérer les réformes financières et économiques, en particulier la transmission du projet de loi sur la répartition des pertes financières au Parlement et les progrès vers un accord avec le Fonds monétaire international, considérés comme des conditions essentielles pour renforcer la confiance de la communauté internationale ».

Plus tard dans la journée, M. Le Drian s'est entretenu avec le commandant en chef de l’armée, Rodolphe Heykal, à Yarzé. Les discussions ont porté sur la situation générale au Liban et dans la région, ainsi que sur les moyens de soutenir l’armée face aux développements et aux défis actuels.

L'émissaire spécial du président français au Liban, Jean-Yves Le Drian, s'est entretenu jeudi avec les dirigeants libanais, lors d'une tournée au cours de laquelle il a notamment réitéré que la France s'est engagée à organiser deux conférences internationales de soutien au Liban et son armée. Lors de sa réunion avec le président Joseph Aoun, ce dernier a une nouvelle fois appelé Paris et Washington à faire pression sur Israël pour qu'il cesse ses attaques sur le Liban, affirmant qu'une telle pression permettra de contribuer à la mise en application du plan de l'armée pour le désarmement des milices, et notamment du Hezbollah.Outre sa réunion avec Joseph Aoun, M. Le Drian a rencontré tour à tour le président du Parlement, Nabih Berry, et le Premier ministre, Nawaf Salam.Selon le compte X de Baabda, le chef de...
commentaires (2)

On en revient toujours à la célèbre exclamation de ce même Le Drian: "Aidez-nous à vous aider, bon sang!", traduction en français moderne de la morale de la fable de La Fontaine: "Aide-toi, le ciel t'aidera". D'un Aoun à l'autre, la politique est la même: attendre que les pays étrangers fassent ce pour quoi nous refusons de lever le petit doigt.

Yves Prevost

07 h 43, le 12 septembre 2025

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Commentaires (2)

  • On en revient toujours à la célèbre exclamation de ce même Le Drian: "Aidez-nous à vous aider, bon sang!", traduction en français moderne de la morale de la fable de La Fontaine: "Aide-toi, le ciel t'aidera". D'un Aoun à l'autre, la politique est la même: attendre que les pays étrangers fassent ce pour quoi nous refusons de lever le petit doigt.

    Yves Prevost

    07 h 43, le 12 septembre 2025

  • La France a déja fait pour le Liban (et pour Hezballah) en se battant pour le renouvellement du mandat de la FINUL; Qu'a fait le Liban Officiel pour le désarmement du hezballah mis à part des paroles?

    Moi

    17 h 29, le 11 septembre 2025

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