De la fumée et des flammes s'élèvent alors qu'une frappe aérienne israélienne s'abat sur une maison à Gaza-ville. Khamis al-Rifi/Reuters
Au moins 46 Palestiniens ont été tués par des attaques israéliennes menées depuis dimanche matin dans la bande de Gaza, dont 44 rien qu'à Gaza-ville, où Israël a entamé une intensification de ses opérations militaires.
En parallèle, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé en milieu d'après-midi une « extension » des opérations militaires à Gaza-ville, menacée d'une offensive de grande envergure approuvée en août par Tel-Aviv avec l'objectif affiché de la vider intégralement de sa population. « Nous sommes en train d'étendre nos opérations en périphérie de la ville de Gaza et dans la ville même », a-t-il dit au début de la réunion hebdomadaire de son cabinet ministériel, selon une vidéo diffusée par son bureau.
Nouveaux ordres d'évacuation
Il a également affirmé qu'environ « 100 000 habitants » de Gaza-ville auraient déjà quitté les lieux. Selon des estimations récentes de l'ONU, près d'un million de personnes vivent dans et autour de la ville, la plus grande de l'enclave palestinienne, déjà contrôlée à 40 % par l'armée israélienne, selon ses dires.
Dans la foulée de cette annone, l'armée israélienne a diffusé vers 17h (heure locale) de nouveaux avis d'évacuation concernant quatre zones de Gaza-ville déjà mentionnées la veille dans un précédent message d'un porte-parole de la troupe. Cet avertissement menaçait en particulier un haut immeuble résidentiel, celui d'al-Rouya, en appelant les personnes se trouvant dans « les tentes adjacentes » de fuir vers la zone dite humanitaire de Mawassi, près de Khan Younès dans le sud de l’enclave.
L'immeuble ciblé a été bombardé un peu moins de deux heures plus tard, comme l'a confirmé l'armée israélienne dans un communiqué. « L'armée a attaqué un immeuble de plusieurs étages utilisé par le Hamas, où il y a installé du matériel de renseignement et des postes d'observation pour surveiller les positions des forces israéliennes dans la zone », cite le texte.
Samedi, l'armée israélienne avait déjà ciblé une grande tour résidentielle similaire dans un autre quartier de Gaza-ville, en invoquant les mêmes motifs. Ces accusations ont été qualifiées de « mensonges éhontés » par le Hamas, qui a dénoncé des crimes de guerre visant à « l'extermination systématique de notre peuple palestinien ».
Les frappes israéliennes et les survols de drones se sont « intensifiés » à la suite de la publication des avertissements, selon les correspondants locaux de la chaîne qatarie al-Jazeera. Ces derniers ont ainsi rapporté qu'au moins huit Palestiniens ont été tués dans des frappes ayant touché des zones densément peuplées dans les quartiers d’al-Shanti et de Zarqa.
Auparavant, des sources médicales avaient fait état de la mort d'au moins 31 personnes depuis l'aube dimanche matin dans des bombardements menés par l'aviation israélienne tout au long de la journée. Huit de ces victimes ont été tuées dans une frappe ayant visé l’école al-Farabi, transformée en abri pour déplacés, à l’ouest de la ville. Dans les quartiers de Cheikh Radwan, Zarqa et Remal, au moins 13 autres personnes ont péri, dont quatre enfants, à la suite d'un raid ayant atteint une tente et une maison. Par ailleurs, deux autres frappes ont touché deux maisons à Khan Younès, dans le sud de l'enclave, sans qu'aucun bilan ne soit connu dans l'immédiat.
Cinq nouvelles victimes de la famine
Entre-temps, une délégation du Hamas a achevé une visite au Caire, dans le cadre des efforts visant à mettre fin à la guerre à Gaza et aux actions israéliennes en Cisjordanie occupée. Dans un communiqué, le mouvement palestinien a indiqué que ce déplacement avait pour objectif de « renforcer les consultations, développer l’action commune et élaborer une feuille de route nationale ». « La visite a coïncidé avec l’escalade des crimes de l’occupant dans la bande de Gaza et sa politique de destruction et de déplacement systématiques », ajoute le texte.
De son côté, le ministère de la Santé de l’enclave palestinienne a annoncé à la mi-journée qu’au moins 83 personnes ont été tuées dans des attaques israéliennes au cours des dernières 24 heures, dont 31 alors qu’elles étaient en train d’attendre de l’aide humanitaire. Au total, au moins 64 368 Palestiniens ont été tués et 162 776 autres blessés dans la bande de Gaza depuis le début de l’offensive israélienne, a précisé le ministère.
De plus, le ministère de la Santé avait indiqué plus tôt que cinq nouveaux Palestiniens, dont trois enfants, sont morts de faim ces dernières 24 heures. Ces nouveaux décès portent à 387 le nombre total de décès liés à la famine et la malnutrition dans ce territoire assiégé depuis le début de la guerre, dont 138 enfants.
Dans ce cadre, le sous-secrétaire général des Nations unies aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, a déclaré qu'il restait une « courte période » – jusqu'à la fin septembre – pour éviter que la famine ne se propage dans les régions de Deir al-Balah et de Khan Younès, où sont concentrés plus d'un million de Palestiniens dans le sud de l'enclave.



