"Nous ne lâcherons pas les armes", peut-on lire sur ce panneau tenu par une fillette lors d'un sit-in à Tyr, au Liban-Sud. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Des responsables au sein de l'administration américaine ont mis en garde Beyrouth contre un arrêt du soutien financier de Washington et des pays du Golfe, ainsi qu'une « nouvelle campagne militaire israélienne » si les dirigeants libanais ne désarment pas le Hezbollah, ce pourquoi « le temps leur est compté », croit savoir le New York Times. Le gouvernement libanais prévoit d'étudier vendredi à 15h le plan de désarmement préparé par l'armée, rappelle-t-on.
Le quotidien américain a interrogé plusieurs responsables américains ayant requis l'anonymat, qui ont exprimé la crainte de voir le gouvernement libanais « reculer face à une confrontation potentielle » entre l'armée libanaise et le Hezbollah. L'un de ces officiels a même agité la menace d'une réduction de l'aide annuelle à l'armée libanaise qui s'élève à quelque 150 millions de dollars, en cas « d'inaction ou de demi-mesures ». Si les experts cités par le NYT estiment que le Congrès américain pourrait « récompenser » un plan de désarmement efficace par des aides pour « l'équipement et les soldes » des militaires libanais, l'inverse serait aussi envisagé en cas de retard pour récupérer l'arsenal du parti chiite.
Des élus au Congrès ont ainsi soutenu plusieurs lois visant à interdire tout financement à l'armée si celle-ci ne prend pas des mesures contre le Hezbollah et contribue donc à le « renforcer », comme l'a exprimé le représentant républicain Greg Steube.
Menaces « infondées » de tensions internes au Liban
Les responsables interrogés estiment que les menaces d'une « confrontation » brandies par le Hezbollah sont infondées, mais risquent « d'intimider » les dirigeants libanais. Selon eux, l'affaiblissement de l'Iran et la chute du régime Assad en Syrie rendent ces menaces peu applicables. Une autre source en contact avec un « haut responsable saoudien » a de son côté rapporté que Riyad partage cet avis sur les risques réduits d'un recours à la violence de la part du parti chiite.
Le Hezbollah a été lourdement affaibli par la guerre de 13 mois qui l'a opposé à Israël entre le 8 octobre 2023 et le 27 novembre 2024, date de l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu. La majorité de ses cadres militaires ont été tués, notamment son chef emblématique Hassan Nasrallah. Si de nombreuses armes du parti chiite ont été détruites au cours de cette guerre, et que l'armée libanaise et les Casques bleus au Liban-Sud sont en train de démanteler ses positions militaires au sud du Litani, le Hezbollah conserve toujours une partie de son armement, qui devrait être remis dans le cadre d'un plan préparé par la troupe et que le gouvernement doit donc approuver dans la journée de vendredi. Toutefois, le parti refuse catégoriquement d'être désarmé et a brandi à maintes reprises la menace de tensions internes, voire de confrontations, s'il est forcé de remettre son arsenal.



L'occasion pour le Liban de se débarrasser du Hezbollah, et donc de l'Iran, est exceptionnelle ! Ils ne doivent pas la louper !!
19 h 14, le 05 septembre 2025