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Moyen-Orient - Syrie

Amnesty accuse les forces gouvernementales et alliées d’avoir exécuté 46 Druzes lors des affrontements à Soueida

Selon l'organisation, des vidéos authentifiées montrent « des hommes armés en uniforme militaire et des forces de sécurité, certains portant des insignes officiels, exécuter des personnes non armées ».

Des bédouins et des tribus maintiennent leurs positions lors d’affrontements avec des combattants druzes dans la ville de Soueida, dans le sud de la Syrie, malgré l’annonce d’un « cessez-le-feu immédiat » par le président syrien par intérim le 19 juillet 2025. Omar Haj Kadour/AFP

Amnesty International a accusé mardi les forces gouvernementales syriennes et des groupes affiliés d'avoir exécuté sommairement 46 Druzes à Soueida les 15 et 16 juillet, et a réclamé que les responsables soient traduits en justice. Les affrontements dans la province méridionale syrienne de Soueida, majoritairement druze, avaient éclaté le 13 juillet entre combattants druzes et bédouins sunnites, avant l'intervention des forces de sécurité et des membres de tribus venus d'autres régions de Syrie pour prêter main forte aux bédouins.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé au Royaume-Uni, a fait état la semaine dernière d'un nouveau bilan de 2.000 morts, dont 789 civils druzes « exécutés sommairement », selon lui, par des « membres des ministères de la Défense et de l’Intérieur ». Amnesty a indiqué avoir documenté « des tirs délibérés et l'exécution de 46 Druzes » à Soueida « sur une place publique, dans des habitations, une école, un hôpital et une salle de cérémonie ».

Selon l'organisation, des vidéos authentifiées montrent « des hommes armés en uniforme militaire et des forces de sécurité, certains portant des insignes officiels, exécuter des personnes non armées ». Elle dit avoir vérifié « 22 vidéos et photos » et recueilli des témoignages de 15 personnes, dont huit avaient perdu des proches. « Lorsque des membres des forces militaires ou de sécurité commettent un homicide délibéré et illégal, ou lorsque des forces affiliées le font avec la complicité ou l'approbation du gouvernement, il s'agit d’une exécution extrajudiciaire, un crime au regard du droit international », a déclaré Diana Semaan, chercheuse sur la Syrie à Amnesty. 

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« Enquête indépendante »

L'organisation a exhorté les autorités à « mener dans les meilleurs délais une enquête indépendante, impartiale et transparente » et à traduire les auteurs en justice « dans le cadre de procès équitables, sans recourir à la peine de mort ». Le 31 juillet, le ministère de la Justice a annoncé la formation d'une commission chargée d'enquêter sur les violences intercommunautaires de Soueida et déférer les auteurs des violations à la justice. 

Amnesty a indiqué avoir écrit le 12 août aux autorités pour partager ses conclusions, sans recevoir de réponse. Au moins « quatre hommes armés en uniforme militaire apparaissant dans des vidéos vérifiées portaient un écusson noir (...) couramment associé à l'Etat islamique ». Trois ont été filmés « opérant aux côtés de membres des forces de sécurité syriennes ». 

L’EI n'a pas revendiqué les attaques à Soueida. Les minorités syriennes expriment leurs craintes depuis la chute en décembre de l'ex-président Bachar al-Assad, qui se présentait comme le protecteur des minorités, renversé par une coalition de groupes islamistes. Un photographe de l’AFP présent à Soueida après le retrait des forces gouvernementales a compté 15 corps dans les rues du centre-ville, certains gonflés et semblant avoir été abandonnés plusieurs jours. Amnesty a en outre dit enquêter sur des « informations crédibles » concernant des enlèvements commis entre le 17 et le 19 juillet « par des groupes armés druzes et des combattants de tribus bédouines ».

Amnesty International a accusé mardi les forces gouvernementales syriennes et des groupes affiliés d'avoir exécuté sommairement 46 Druzes à Soueida les 15 et 16 juillet, et a réclamé que les responsables soient traduits en justice. Les affrontements dans la province méridionale syrienne de Soueida, majoritairement druze, avaient éclaté le 13 juillet entre combattants druzes et bédouins sunnites, avant l'intervention des forces de sécurité et des membres de tribus venus d'autres régions de Syrie pour prêter main forte aux bédouins.L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé au Royaume-Uni, a fait état la semaine dernière d'un nouveau bilan de 2.000 morts, dont 789 civils druzes « exécutés sommairement », selon lui, par des « membres des ministères de la Défense et de...
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