« Cachez ces druzes qu’on ne saurait voir » : qui a tué Mme N. ?
Le 16 juillet, une vingtaine de personnes tentent de quitter Soueida à bord d'un van, avant d'être prises pour cible par les forces gouvernementales.
OLJ / Caroline HAYEK, envoyée spéciale à Damas et Deraa,
le 13 août 2025 à 00h00
Des combattants tribaux et bédouins dans le quartier ouest de Soueida au milieu d'affrontements avec les druzes, le 19 juillet 2025. Phoot Abdulaziz Ketaz/AFP
Il y a d’abord ce sac de plastique blanc que Mahmoud* dézippe d’un geste précis, presque blasé. Et puis un corps qui apparaît d’entre ce voile pudique. Rigide. Criblé de balles. Un anonyme, un « jeune combattant arabe », dit le gardien. Il gît sur un chariot en acier, faute de place dans l’un des tiroirs réfrigérés de la morgue. Un sac, puis un autre, mais toujours pas de Madame N.Le 15 juillet, cette femme druze a été transportée à l’hôpital d’Izraa, grièvement blessée par balles à Soueida. Elle a succombé en chemin d’une hémorragie. Sept jours plus tard, son corps, initialement déposé dans cette pièce de béton cadenassée, à l’abri des regards fiévreux massés devant l’hôpital, ne s’y trouve plus. Sa famille, désemparée, soutient alors qu’il est encore à Izraa ou dans ses environs, mais où ? Sous quelle garde ? Nul ne peut répondre. Ils...
Il y a d’abord ce sac de plastique blanc que Mahmoud* dézippe d’un geste précis, presque blasé. Et puis un corps qui apparaît d’entre ce voile pudique. Rigide. Criblé de balles. Un anonyme, un « jeune combattant arabe », dit le gardien. Il gît sur un chariot en acier, faute de place dans l’un des tiroirs réfrigérés de la morgue. Un sac, puis un autre, mais toujours pas de Madame N.Le 15 juillet, cette femme druze a été transportée à l’hôpital d’Izraa, grièvement blessée par balles à Soueida. Elle a succombé en chemin d’une hémorragie. Sept jours plus tard, son corps, initialement déposé dans cette pièce de béton cadenassée, à l’abri des regards fiévreux massés devant l’hôpital, ne s’y trouve plus. Sa famille, désemparée, soutient alors qu’il est encore à Izraa ou dans ses environs,...
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Si l’espérance demeure, c’est grâce à des journalistes qui acceptent d’affronter la réalité en face - et les risques qui vont avec - et d’en rendre compte, encore et encore. La survie de la démocratie et des droits de l’homme dont elle est indissociable en dépend.
Merci à elles, à eux, à leurs familles; merci, Caroline Hayek !
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Rochat Philippe
13 h 32, le 14 août 2025
On peut accuser Tsahal de brutalités mais là bas elles sont d'une toute autre nature
Lillie Beth
17 h 09, le 13 août 2025
Terrible récit, espérons que les assassins seront châtiés. On écrit bru, pas brue.
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13 h 32, le 14 août 2025