Le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi. Photo du bureau de presse du ministère
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, a déclaré dans un entretien accordée au journal émirati al-Ittihad publiée dimanche que « le retrait immédiat par Israël des cinq points occupés dans le Sud et la libération des prisonniers libanais constituent deux conditions essentielles » pour démarquer la frontière entre le Liban et l’État hébreu, jalonnée de treize points contestés.
La frontière « avec Israël a été délimitée depuis l’accord d’armistice de 1949 », a rappelé M. Raggi, qui appelle à ce que la démarcation soit « finalisée par le biais de négociations indirectes sous l’égide des Nations unies ou des États-Unis », soulignant que « le retrait immédiat par Israël des cinq points occupés dans le Sud et la libération des prisonniers libanais constituent deux conditions essentielles avant toute avancée supplémentaire ».
En dépit des modalités de l’accord de cessez-le-feu signé le 27 novembre 2024 entre le Liban et Israël, après plus de treize mois de conflit entre le Hezbollah et l’État hébreu, ce dernier occupe encore au moins cinq points au Liban-Sud et continue d’y mener presque quotidiennement des frappes, disant agir pour contrer le Hezbollah, qui estime pour sa part avoir respecté l’accord.
Les armes du Hezbollah
Abordant par ailleurs la question de la démarcation de la frontière avec la Syrie, poreuse et non clairement délimitée en de nombreux points depuis le mandat français sur le Liban et la Syrie, par incurie, et propice alors à la contrebande, le ministre a affirmé qu’il s’agit d’un « sujet purement technique qui nécessite la formation de comités conjoints pour régler certains chevauchements », en notant que « le Liban attend que la nouvelle administration syrienne s’intéresse à ce dossier ».
Lundi, lors d’une visite à Beyrouth d’une délégation syrienne - comprenant deux anciens ministres et le chef de la Commission nationale syrienne pour les personnes disparues- le Liban et la Syrie ont décidé de former deux commissions, chargées notamment de régler la question de la frontière.
M. Raggi a noté que « le plus grand défi auquel est confronté le gouvernement libanais actuel est de prouver sa capacité à imposer l’État de droit sur l’ensemble du territoire libanais », et que « la réalisation de cet objectif constituera un tournant pour l’avenir du pays », ajoutant que la réussite du Liban dans cette tâche « n’aura pas seulement un impact interne, mais se reflétera également sur la stabilité de toute la région ».
Il a souligné dans ce cadre l’importance de la décision prise le 5 août par le Conseil des ministres libanais, qui acte le monopole des armes aux mains de l’État d’ici à la fin de l’année 2025, la qualifiant de « décision historique attendue depuis l’accord de Taëf (1989), signé il y a 35 ans, et qui marque le début de l’instauration de l’État de droit, de la souveraineté et de la monopolisation des décisions de guerre et de paix ». Il a ajouté que « les Libanais avaient attendu longtemps que l’État revienne imposer pleinement son autorité ».
Le ministre a rappelé que la communauté internationale, y compris les grandes institutions financières comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, « avait lié tout soutien au Liban à deux conditions fondamentales : la mise en œuvre de réformes économiques pour lutter contre la corruption et la restriction des armes à l’État ».
« Relations fraternelles et stratégiques entre le Golfe et le Liban»
Par ailleurs, évoquant les relations entre le Liban et les Émirats arabes unis, M. Raggi a affirmé que « les Émirats arabes unis se tiennent toujours aux côtés du Liban, que ce soit sur le plan politique, économique ou social », saluant l’accueil chaleureux réservé aux délégations libanaises aux Émirats et expliquant que les visites du président libanais, Joseph Aoun, dans les pays du Golfe, en particulier aux Émirats, ont « rétabli la nature fraternelle et stratégique des relations entre le Golfe et le Liban ».
Joseph Aoun s’était rendu en Arabie saoudite en mars, puis au Qatar et aux Émirats en avril, dans le but de raviver les relations entre le Liban et les pays du Golfe, mises à mal par les tensions régionales entre l’Iran et l’Arabie saoudite ainsi que l’influence du Hezbollah au Liban. Le ministre a souligné que « les gouvernements précédents avaient endommagé les relations libano-arabes en raison de leur proximité avec certains partis internes qui avaient adopté des positions hostiles » à l’égard des pays du Golfe, insistant sur le fait que « l’actuel gouvernement avait corrigé le cap ».




Au rythme où ça va, cela risque de nous coûter encore quelques décennies pour voir les armes étrangères déposées sans le consentement des milices vendues et nos frontières pacifiées avec le retour de la souveraineté dont le pouvoir semble vouloir négocier contre des acquis politiques par ceux la memes qui ont détruit notre pays. Autant dire quand la poule aura des dents.
15 h 46, le 02 septembre 2025