Le président libanais, Joseph Aoun (g.), recevant à Baabda le Premier ministre Nawaf Salam, le 1e septembre 2025. Photo X / LBPresidency
Le président libanais Joseph Aoun a reçu lundi matin au palais de Baabda le Premier ministre Nawaf Salam, à l'entame d'une semaine cruciale pour le pays. Le gouvernement doit en effet étudier, au cours d'un Conseil des ministres vendredi à 15h, le plan préparé par l'armée dont l'objectif est de permettre à l’État de récupérer le monopole des armes, et donc désarmer le Hezbollah ainsi que d'autres milices et les camps palestiniens.
Selon le bureau de presse de la présidence, le chef de l’État et le président du Conseil ont examiné les « résultats de la visite au Caire » de M. Salam la semaine dernière, où il avait rencontré le président Abdel Fattah al-Sissi. Les deux hommes ont en outre évoqué les « préparatifs » du Conseil des ministres de vendredi et « la situation dans le pays ».
Le gouvernement avait mandaté le 5 août l'armée en vue de préparer ce plan de désarmement, avant d'approuver deux jours plus tard les objectifs du « plan Barrack ». Ce document comprend aussi un volet sur le monopole des armes, parmi d'autres mesures de relance, en échange d'un arrêt des attaques d'Israël contre le Liban et de son retrait des territoires encore occupés dans le Sud.
Le Hezbollah est catégoriquement opposé à tout désarmement et prône le « dialogue », à l'instar de son allié, le chef du mouvement Amal et président de la Chambre Nabih Berry. Ce dernier avait lancé dimanche une nouvelle « initiative » visant à discuter de la question de l'arsenal du Hezbollah. Néanmoins, les responsables du parti chiite se font toujours plus radicaux dans leurs prises de position, allant jusqu'à agiter le spectre du recours à la rue. Le discours du chef du Législatif, prononcé à l'occasion du 47e anniversaire de la disparition en Libye de l'imam Moussa Sadr, avait provoqué une certaine agitation dans la banlieue-sud de Beyrouth, où quelques centaines de partisans en deux-roues ont circulé en convoi dans l'après-midi.
Messages de Sissi
A question du monopole des armes a été au centre de plusieurs autres rendez-vous du chef de l'État à Baabda lundi. Avant une réunion avec l'ambassadeur français au Liban, Hervé Magro, qui a confirmé que l'ancien ministre Jean-Yves Le Drian allait bien se rendre à Beyrouth dans les prochains jours. Joseph Aoun a aussi reçu l’ambassadeur égyptien Alaa Moussa, qui lui a fait part des « efforts » de son pays pour aider l’administration libanaise à « atteindre l’objectif que nous poursuivons tous : la stabilité du Liban et le retrait complet d’Israël de son territoire ». Il a aussi déclaré que la question du rétablissement du monopole de l’État sur les armes n’était « pas négociable », mais que le choix de la méthode pour y parvenir était une question « interne au Liban ».
L’ambassadeur a par ailleurs ajouté que « les prochaines semaines devraient apporter de bonnes nouvelles concernant le transfert d’expertise égyptienne et le soutien de l’Égypte au secteur de l’énergie au Liban », soulignant des décisions prises lors de la récente visite de Nawaf Salam dans ce pays. « Avec la volonté de Dieu, ces préparatifs se concrétiseront d’ici la première semaine de novembre, lors de la réunion de la haute commission mixte, afin que ces initiatives se traduisent en accords bénéfiques pour les deux pays », a encore déclaré le diplomate, sans autre détail concret.
Producteur de gaz, l’Égypte avait un temps été impliquée dans une initiative américaine visant à approvisionner l’électricité du Liban en carburant pour ses centrales dans les premières années de la crise qui a éclaté au Liban en 2019. Cette initiative n’a cependant pas vu le jour, en raison de la réticence de Washington à lever les sanctions contre le régime de Bachar el-Assad – avant sa chute – pour permettre le transit du gaz via la Syrie.
L'ambassadeur a enfin remis à Joseph Aoun un message écrit du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi portant sur la situation générale et les relations libano-égyptiennes, ainsi qu’une invitation du président égyptien à assister à la cérémonie d’inauguration du Grand Musée égyptien, prévue le samedi 1er novembre prochain, selon des déclarations de l’ambassadeur après la réunion.


