Le siège du tribunal militaire à Beyrouth, secteur du Musée. Photo ANI
Un homme du nom de Mohieddine Hassané, initialement condamné par une cour militaire à 15 ans de prison pour « espionnage pour le compte d’Israël », a été relâché par la Cour de cassation militaire, présidée par le juge Mounir Sleiman, selon plusieurs médias locaux et de nombreux messages circulant sur les réseaux sociaux.
L’Orient-Le Jour n’a pas été en mesure de vérifier la libération de l’espion présumé auprès du tribunal militaire au moment de la publication de cet article, sachant que le site d’al-Manar, télévision du Hezbollah, a publié une copie du jugement. Il n’a pas non plus été possible de connaître les motifs de cette libération, même si, toujours selon al-Manar, « la Cour de cassation militaire a décidé de se suffire des 22 mois qu’il avait déjà passés en prison et de le libérer, sans l’innocenter pour autant ».
Attaque des bipeurs
Mohieddine Hassané est un ingénieur en télécommunications qui avait été arrêté par les gardes du siège du président du Parlement, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné, le 14 décembre 2023, c’est-à-dire un peu plus de deux mois après l’ouverture du front de soutien avec Gaza par le Hezbollah qui a marqué le début du dernier conflit avec Israël. Toujours selon le site pro-Hezbollah, les mouvements de sa voiture étaient suspects et les services de renseignements ont décelé sur son toit une caméra très sophistiquée, reliée à un système de radars capable de collecter des données sur un vaste rayon. Cet appareillage permettait de localiser toute personne utilisant le Wi-Fi via un téléphone, de pénétrer le champ des talkies-walkies et des bipeurs et d’intercepter les messages qui y sont envoyés.
Dans les nombreuses réactions à la libération de l’homme, il ressort que cet « espion » aurait ouvert la voie à l’attaque des bipeurs à la mi-septembre 2024, soit plusieurs mois après son arrestation, qui avait fait des milliers de blessés et une dizaine de morts, principalement dans les cercles du Hezbollah, par l’explosion simultanée des bipeurs, puis des talkies-walkies le lendemain, dans les mains de leurs propriétaires. Le Mossad avait plus tard revendiqué l’attentat et il est apparu que la cargaison entière de ces engins, importée directement par le parti chiite des années plus tôt, était truquée à la base, programmée pour une telle opération.
Selon les informations du site al-Modon, Mohieddine Hassané et ses complices auraient pris plus de 350 000 clichés de plusieurs régions libanaises, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, mais également à Aïn el-Tiné, au Metn et dans le Kesrouan, au nord de Beyrouth. Le site ajoute que l’homme, lors des interrogatoires, aurait déclaré travailler avec une société américaine pour cartographier de vastes régions au Liban, une mission qu’il aurait affirmé avoir déjà remplie dans d’autres pays comme la Libye, l’Iran, l’Ukraine et l’Irak. Il aurait argué que les équipements sophistiqués en sa possession ne signifient pas qu’il est un agent israélien.
Selon les informations dont dispose al-Modon, le jugement de la Cour de cassation se fonde sur le fait qu’il n’y a pas de preuves suffisantes que les données ont été livrées directement à Israël, en raison de la nature technique complexe du dossier, bien qu’il y ait de forts soupçons que les informations soient parvenues à l’État hébreu d’une façon ou d’une autre.
« Retenez ce nom »
Quoi qu’il en soit, un sit-in de protestation a été organisé vendredi dernier devant le tribunal militaire pour protester contre ce jugement. Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes visiblement pro-Hezbollah ont exprimé leur colère face à cette libération. Le journaliste Radwan Mortada a accusé les autorités libanaises de se soumettre aux pressions américaines. « Est-ce un hasard si cet agent a été libéré juste après les dernières visites de responsables américains à Beyrouth ? Sa libération en était-elle une conséquence ? » s’est-il demandé. La semaine dernière, les deux émissaires américains Tom Barrack et Morgan Ortagus, ainsi que des sénateurs, étaient en visite à Beyrouth. Toujours selon M. Mortada, le père du détenu aurait plaidé en faveur de la libération de son fils auprès de plusieurs responsables politiques libanais.
« Retenez son nom », ont écrit de nombreux internautes dans des messages hostiles à Mohieddine Hassané. Beaucoup de réactions ont mis en avant le fait que sa libération pourrait encourager les proches « de ceux qui ont été tués à cause de ses actions à perdre leurs nerfs s’ils le voient », comme l’a exprimé le cheikh Toufic Alaouié, un internaute. Beaucoup d’autres, comme celui qui se fait appeler Abo al-Azem, a accusé les présidents de la République, Joseph Aoun, et du Conseil des ministres, Nawaf Salam, de ne pas réagir à la libération d’un homme qui a « mis la sécurité du pays à découvert ». Certains ont même partagé la photo du juge Mounir Sleiman qui a ordonné sa libération, en l’accusant d’être sur le point de libérer d’autres « agents ».




Trump juge « totalement inacceptable » la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre
OLJ, ouvrez vos dossiers dans la periode ou l,IMAM SADR se trouvait en Italie et recapitulez vos articles. Vous trouverez bien un sur la saisie de caisses pretes a etre embarquees sur des avions avec des personnes kidnapees dedans. Deux avions avaient decolle deja.
14 h 12, le 02 septembre 2025