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Politique - Commémoration

Disparition de Moussa Sadr : pluie d'hommages au « champion de l’unité nationale »

Pour la 47e commémoration de l’enlèvement du fondateur d’Amal avec deux de ses compagnons en Libye en 1978, de nombreuses voix s’élèvent pour conseiller de s'inspirer de sa pensée aujourd'hui.

Disparition de Moussa Sadr : pluie d'hommages au « champion de l’unité nationale »

Le mufti de Tyr Hassan Abdallah (au centre) au cours d'une cérémonie de commémoration pour la disparition de Moussa Sadr, à Tyr, le 31 août 2025. Photo ANI

Il y a 47 ans jour pour jour, l’imam Moussa Sadr, fondateur et chef du mouvement chiite Amal, disparaissait sans laisser de traces, avec deux de ses compagnons, le cheikh Mohammad Yacoub et le journaliste Abbas Badreddine, alors qu’ils venaient d’arriver en Libye pour une visite officielle. Depuis, et malgré la chute du régime de Mouammar Kadhafi, le dictateur en place en 1978, au moment des faits, le sort des trois hommes reste inconnu. La commémoration annuelle donne toujours lieu à de nombreuses réactions politiques, mais elle intervient cette année dans des circonstances particulières, suite à la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, qui a laissé ce dernier, principal allié du mouvement Amal avec lequel il forme le tandem chiite, affaibli et amputé de son leadership historique.

Côté officiel, le président Joseph Aoun a réaffirmé samedi l’engagement du Liban à faire toute la lumière sur cette affaire et à assurer le suivi de la cause qu'il portait d'un pays uni. Le chef de l’État a affirmé qu'il ne transigerait pas sur « le droit du Liban à connaître toute la vérité » et à poursuivre l'affaire « à tous les niveaux ». Selon lui, cette disparition « demeure une plaie ouverte dans le cœur de tous les Libanais. » « La meilleure façon d’honorer l’imam disparu est de marcher sur ses traces en construisant un Liban juste et uni, qui rassemble tous ses enfants et protège leur dignité, un Liban de mission et de civilisation », a ajouté Joseph Aoun. Soulignant que le pays traverse des « circonstances délicates », il a fait appel à « la sagesse et aux positions nationales » de Moussa Sadr, qui était un « symbole de l’unité nationale et de la justice sociale, ainsi qu’un phare du dialogue entre religions et confessions ».
Le Premier ministre, Nawaf Salam, a écrit sur son compte X : « À l’occasion de l’anniversaire de la disparition de l’imam Moussa Sadr, nous rappelons la sagesse d’un homme qui a cru au Liban comme patrie définitive pour tous ses enfants et qui a fait de la religion un message de justice et d’unité, non de division et de discorde. Il a appelé à préserver la coexistence et à rejeter les dissensions. Sa présence fut une école de patriotisme et d’humanisme. »
De son côté, le ministre de l’Information, Paul Morcos, a loué « les principes d’unité nationale nécessaires pour faire face aux défis » que véhiculait l’imam Sadr. « Ces principes, nous aspirons à les vivre au quotidien », a-t-il ajouté.

Réactions chiites 

La commémoration annuelle de la disparition de l’imam Sadr a fait naturellement réagir les députés du tandem chiite. Pour le député du bloc Amal Kassem Hachem, l’imam Sadr était « un leader dont l’influence persiste à toute époque où son peuple connaît des souffrances ». « Le moins que l’on puisse faire est de donner à cette commémoration toute sa dimension nationale et humanitaire », car la pensée de Moussa Sadr « apporte une vision et une méthode qui restent une lumière éclairant la voie des Libanais vers l’unité et la coexistence, pour un pays plus juste », a-t-il dit.

Pour sa part, Michel Moussa, également député Amal, a estimé que « les principes et valeurs consacrés par l’imam Sadr nous poussent à nous en inspirer pour faire face aux défis actuels, notamment la libération du Liban-Sud de l’occupation israélienne et le renforcement de l’unité islamo-chrétienne en vue de construire un État fort et juste ».

Se basant sur une autre interprétation du discours de l'imam Sadr, le député Melhem Houjeiri, bloc du Hezbollah, a déclaré dans un communiqué qu’il y a « un besoin de revenir à la pensée de l’imam Sadr » dans le sens où « il ne faut pas succomber aux pressions extérieures comme le font les autorités libanaises actuelles », dans une apparente référence aux décisions du gouvernement de désarmer les milices. « Nous continuerons à résister et resterons du côté de l’imam Moussa Sadr, lui qui a dit que le Liban ne peut sourire si son Sud souffre », a-t-il insisté.

Au cours d’une cérémonie organisée par le mouvement Amal, le mufti de Tyr Hassan Abdallah a insisté sur les efforts de l’imam disparu « en faveur d’une annulation du confessionnalisme politique en vue de faire triompher la nation et les générations futures », estimant que « le Liban n’est pas une étape temporaire guidée par les intérêts, mais une patrie définitive pour tous ses fils ».

Pour la même occasion, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, proche du Hezbollah, a martelé que « personne n’a jamais éteint le feu de la guerre civile ni combattu la barbarie israélienne comme l’imam Moussa Sadr, dont le seul souci était la souveraineté du Liban et la coexistence islamo-chrétienne ». Plaidant pour un maintien du binôme armée-résistance, cheikh Kabalan a dit « s’attendre à un grand mouvement politique qui restaurerait les priorités libanaises loin du chantage, de la discorde et des menaces ».

L’ancien directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, a écrit sur les réseaux sociaux que Moussa Sadr est « plus présent que jamais ». « Tu restes la boussole qui montre la bonne direction », a-t-il poursuivi, rappelant le souci du fondateur d’Amal de préserver l’unité nationale en tant qu’ « arme dirigée contre les dangers et les défis ».

Autres figures 

De nombreux partis ont également rendu hommage à Moussa Sadr. Le chef du courant des Marada allié du Hezbollah, Sleiman Frangié, a écrit sur son compte X, s'adressant directement à l'imam disparu, que « plus que jamais, nous invoquons ta pensée et ta foi en l’unité du Liban comme patrie définitive pour tous ses enfants. » Dans un communiqué, le Parti socialiste progressiste (PSP) a rappelé que l’imam Sadr est « le champion de l’égalité sociale, de l’unité nationale et du dialogue entre les religions et les confessions », rappelant sa réflexion sur le fait que « la pluralité religieuse est une bénédiction non une malédiction ». Également sur son compte X, le député Gebran Bassil, chef du Courant patriotique libre, a salué « le souvenir d’un homme qui se souciait de l’humanité plus que du confessionnalisme, et qui a combattu l’injustice par les mots et les prises de position ». « Quarante-sept ans après la disparition de l’imam Moussa Sadr, nous avons tant besoin aujourd'hui des valeurs de dialogue, d'ouverture et de vivre ensemble auxquelles il croyait et qu'il s'est efforcé de consacrer » dans la vie politique libanaise, a écrit de son côté le député Fouad Makhzoumi sur son compte X.

Par ailleurs, la municipalité de Haret Saïda a démenti dans un communiqué qu’un accrochage avait eu lieu entre l’armée libanaise et des partisans commémorant la disparition de Moussa Sadr, comme l’avaient rapporté, selon elle, certains « sites en ligne ». « La municipalité de Haret Saïda tient à préciser que cette information est totalement infondée (…) Aucun incident n’a eu lieu avec l’armée ni avec aucun de nos voisins », a-t-elle assuré, précisant cependant qu’un militaire avait tiré en l’air pendant le passage du cortège de voitures organisé dans la ville par les habitants. « La municipalité et les habitants de Haret Saïda réaffirment que l’armée libanaise constitue une ligne rouge, qu’elle est notre fierté et notre honneur, et que ses officiers et soldats sont nos propres enfants », a-t-elle conclu.

Il y a 47 ans jour pour jour, l’imam Moussa Sadr, fondateur et chef du mouvement chiite Amal, disparaissait sans laisser de traces, avec deux de ses compagnons, le cheikh Mohammad Yacoub et le journaliste Abbas Badreddine, alors qu’ils venaient d’arriver en Libye pour une visite officielle. Depuis, et malgré la chute du régime de Mouammar Kadhafi, le dictateur en place en 1978, au moment des faits, le sort des trois hommes reste inconnu. La commémoration annuelle donne toujours lieu à de nombreuses réactions politiques, mais elle intervient cette année dans des circonstances particulières, suite à la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, qui a laissé ce dernier, principal allié du mouvement Amal avec lequel il forme le tandem chiite, affaibli et amputé de son leadership historique.Côté ...
commentaires (6)

Le Mouvement Amal devrait poser des question a L'iran en ce qui concerne l'identite des commanditaires de la disparition de Moussa Sadr.....

MOBIUS

14 h 10, le 01 septembre 2025

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Commentaires (6)

  • Le Mouvement Amal devrait poser des question a L'iran en ce qui concerne l'identite des commanditaires de la disparition de Moussa Sadr.....

    MOBIUS

    14 h 10, le 01 septembre 2025

  • Arrêtons de pleurer le lait renversé et contrôlons plutôt le reste qui risque de déborder. Les libanais disent vouloir tourner la page et en écrire une nouvelle alors que certains ne cessent de célébrer des drames dont les libanais n’y sont pour rien, pour faire oublier ceux à venir qui semblent imminents pour noyer le poisson.

    Sissi zayyat

    12 h 01, le 01 septembre 2025

  • autant de ferveur pour un homme qui, somme toute n'a meme pas vraiment , effectivement appliquer ses paroles , meme pas fait ses preuves . Heureusement que beaucoup ne suivent pas la mode ....

    L’acidulé

    10 h 01, le 01 septembre 2025

  • Le BS libanais encore et toujours.

    Ma Realite

    06 h 26, le 01 septembre 2025

  • Imam Moussa Sadr, un grand homme integre et champion National libanais, malheureusement remplace par des polichinelles vendus, mafieux et petits.......

    Cadmos

    05 h 31, le 01 septembre 2025

  • Il faut juste voir à qui a profité sa disparition ! Pour achever de classer ce dossier gravissime et qui a transformé l’histoire du Liban !

    Adnan

    18 h 23, le 31 août 2025

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