Je lance un appel solennel aux autorités libanaises afin de tenir le pays à l’écart des conflits internationaux et régionaux, en insistant sur la nécessité pour l’État de rester maître de ses décisions.
L’armée libanaise doit exercer son autorité sur l’ensemble du territoire national, aucune arme ne saurait s’élever au-dessus de la sienne et il lui incombe de protéger les frontières, tout en réaffirmant le droit du Liban à recouvrer ses territoires par tous les moyens légitimes reconnus par les lois et conventions internationales.
Les profondes mutations régionales et mondiales actuelles imposent aux Libanais, y compris ceux de la résistance, de préserver l’unité nationale, pierre angulaire de la stabilité et de la sauvegarde de la patrie dans toutes ses composantes, en particulier la communauté chiite. La voie la plus appropriée est l’intégration de la « résistance » et de ses armes à l’armée libanaise.
Aucun slogan ni appellation ne saurait justifier l’isolement ou l’exclusion de cette composante du consensus national. La protection du Sud et de ses habitants contre la menace d’agressions israéliennes demeure une revendication unanime du peuple libanais.
Une large majorité de la communauté chiite n’est pas affiliée au « duo chiite » et n’adhère pas au principe du wilayat al-faqih. Elle dispose de ses propres choix et orientations politiques, reflétant la diversité des sensibilités au sein de cette communauté.
Les Libanais, toutes confessions et appartenances confondues, soutiennent la nécessité de mettre en œuvre la résolution 1701, d’obtenir le retrait d’Israël des positions qu’il occupe encore dans le Sud, la libération des prisonniers, ainsi que le lancement par l’État de la reconstruction des zones détruites et le retour des habitants déplacés. Les États garants sont donc tenus de prendre les mesures nécessaires à la mise en œuvre effective de cette résolution.
L’heure est vraiment venue pour le Liban d’affirmer sa pleine souveraineté et de se libérer de toute pression extérieure, quelle qu’en soit la source. La décision de guerre et de paix doit émaner exclusivement de l’État.
Nul groupe ou communauté libanais ne doit se sentir marginalisé, en particulier la communauté chiite, dont la représentativité ne saurait être réduite au « duo » politique car cette communauté constitue une dimension essentielle de la nation libanaise, dont le rôle historique, les sacrifices pour l’indépendance du pays ainsi que sa contribution déterminante aux accords de Taëf sont indéniables.
J’appelle enfin les pays arabes et les États amis à user de leur influence pour contraindre Israël à mettre fin à ses agressions contre le Liban, à cesser ses attaques de drones et à se retirer de toutes les positions encore occupées dans notre Sud précieux.
Maha EL-KHALIL CHALABI
Ambassadrice de bonne
volonté de l’Unesco
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