Le sénateur américain Lindsey Graham, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 15 février 2025. Photo AFP / Thomas Kienzle
Le sénateur américain Lindsey Graham a déclaré jeudi soir à Tel-Aviv, où il se trouvait au lendemain de sa visite au Liban, qu'il était désormais temps que « le Hezbollah disparaisse », agitant la menace d'un « plan B », autrement dit un désarmement par la force, en cas d'échec de la feuille de route américaine.
M. Graham a souligné devant les journalistes que la guerre de 12 jours menées par Israël contre l'Iran en juin, et au cours de laquelle les États-Unis ont bombardé des sites nucléaires, avait « réduit au minimum l'influence et les capacités de l'Iran dans la région depuis 1979 ». « Le moment est donc opportun pour agir de façon décisive », a-t-il dit, soulignant que cela doit inclure le Liban, qui a « une belle opportunité de transformer la région pour le mieux ». Il a souligné que dans ce cadre, la décision prise par le gouvernement de désarmer les milices, dont le Hezbollah, était « une étape importante ». « Si le Hezbollah venait réellement à être désarmé, ce serait un coup énorme porté à l'Iran, et cela ouvrirait les portes à un avenir meilleur pour le Liban », a-t-il insisté, assurant avoir dit au gouvernement libanais que « personne n’investira dans le pays tant que le Hezbollah restera armé, capable de semer le chaos dans la région, et qu’il n’y aura pas de soutien militaire ou économique sérieux de Washington dans ces conditions. »
« Dialogue direct » entre Beyrouth et Tel-Aviv
Il a souligné que dans ce contexte, il faut garder l’œil sur « le plan de désarmement de l'armée libanaise, qui doit être présenté la semaine prochaine », et qui doit proposer une feuille de route pour une remise de l'arsenal des groupes armés d'ici la fin de l'année. Il a aussi affirmé que « la décision de mettre fin au mandat de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), en fonction depuis 1978 et dont le déploiement doit prendre fin d'ici à 2027, est « une opportunité pour l'armée libanaise de remplacer » les Casques bleus, qu'il a qualifiés « d'inefficaces ». Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé jeudi soir un renouvellement, pour une année seulement, du mandat de la force onusienne.
La troupe pourra ainsi « prouver aux Libanais, aux Israéliens et aux autres acteurs qu'elle dispose désormais de capacités qu'elle n’avait pas auparavant », a déclaré le sénateur républicain, qui a exprimé l'espoir « que le Liban et Israël entameront un dialogue direct sur la manière d'opérer une transition de la Finul à un contrôle militaire libanais » de la zone frontalière.
Le « plan B » contre le Hezbollah
Haussant ensuite le ton, il a menacé de « recourir au plan B », si une solution pacifique ne pouvait être mise en œuvre pour désarmer le Hezbollah : à savoir la « force militaire ». « Il faut que le Hezbollah disparaisse, ses membres sont formés et loyaux envers l’Iran », a-t-il lancé. « Si nous devons utiliser la force militaire pour désarmer le Hezbollah, il est dans l'intérêt de l'Amérique de s'assurer que l'armée libanaise y parvienne. Le pire serait de s'en prendre au Hezbollah et de perdre », a-t-il déclaré, dans une allusion au rôle que pourrait jouer la troupe dans ce « plan B ».
M. Graham faisait partie d'une délégation américaine venue à Beyrouth rencontrer les principaux responsables, dans le cadre des négociations en vue de garantir la bonne application de l'accord de cessez-le-feu qui avait mis un terme à 13 mois de guerre entre le Hezbollah et l'armée israélienne. La question du désarmement du Hezbollah fait entre-temps monter les enchères au Liban, le parti chiite refusant catégoriquement de remettre son arsenal à l'armée. Après la tournée de la délégation américaine, à laquelle s'étaient joints les émissaires Tom Barrack et Morgan Ortagus, la situation s'est encore tendue, le tandem chiite continuant de camper sur ses positions.



Tant que l’état n’a pas restauré sa souveraineté pleine et entière nous recevrons des leçons de politiques étrangers.
23 h 37, le 29 août 2025