L'adjoint politique du secrétaire général du Hezbollah, hajj Hussein Khalil lors d'une conférence de presse. Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine
Le Hezbollah a accusé mercredi l’administration américaine de vouloir transformer le Liban en une « colonie américano-israélienne » et de pousser le gouvernement libanais à prendre des « décisions fautives » menant à une reddition totale, appelant le président de la République, Joseph Aoun, à « mettre fin à cette soumission politique » et à protéger l’armée libanaise de toute discorde interne menaçant la sécurité et la stabilité du pays.
Selon l'adjoint politique du secrétaire général du Hezbollah, Hussein Khalil, Washington « veut détruire tous les éléments de résistance et de défense dont bénéficie le Liban, et le transformer en une colonie américano-israélienne », l'administration américaine « ayant réussi à entraîner le gouvernement libanais à prendre des décisions fautives comme première étape vers un processus complet de reddition et de soumission totale ».
Les injonctions américaines, « impudentes et humiliantes (...) visant notamment le désarmement du Hezbollah », constituent « un renoncement clair et flagrant à l’accord parrainé par les États-Unis et la France », en novembre 2024 qui prévoyait l’arrêt des hostilités et de toutes les attaques israéliennes, a fait valoir Hussein Khalil.
D'après lui, l'administration américaine « a voulu se laver complètement les mains de toutes ses obligations et garanties explicites, ainsi que de ses engagements à exercer des pressions sur Israël pour qu’il cesse ses attaques quotidiennes et se retire des zones occupées au Liban, allant ainsi à l’encontre de tout ce que les émissaires américains eux-mêmes avaient récemment promis aux trois présidents (Joseph Aoun, Nawaf Salam, et Nabih Berry) avec des promesses mensongères ».
Hussein Khalil a également accusé Washington de tenter d’opposer « l’armée libanaise à son propre peuple et à la résistance », ce qu’il a qualifié de « tentative ignoble de détruire deux piliers fondamentaux du pays : l’armée et la résistance ». Il a aussi mis en garde les responsables libanais contre de « tels pièges mortels ».
« Protéger l’armée libanaise de la discorde interne »
Le dirigeant du Hezbollah a par ailleurs réfuté les affirmations de « certains responsables, en particulier à la tête du pouvoir exécutif », selon lesquelles les actions du gouvernement « relèveraient de l’application de l’accord de Taëf », affirmant qu'il s'agit là d'une « erreur grave ». Il a dans ce cadre souligné que cet accord prévoit le droit du Liban à « prendre toutes les mesures nécessaires pour libérer son territoire et le défendre ». « Cela a été clair dans les déclarations ministérielles de tous les gouvernements libanais successifs après Taëf, a-t-il ajouté. Ce que nous redoutons le plus, c’est d’entraîner le pays dans une guerre civile, que l’accord de Taëf avait pour objectif d’éviter après de longues souffrances infligées aux Libanais ».
Hussein Khalil a enfin dit espérer « que ceux qui veillent à l’indépendance et à la sécurité de ce pays, à leur tête le président de la République, travaillent à mettre fin à cette soumission politique aux décisions du gouvernement libanais et à protéger l’armée libanaise de la discorde interne qui menace la sécurité et la stabilité ».
Le président du Parlement et chef du mouvement chiite Amal, Nabih Berry, avait exprimé mercredi sa déception face aux résultats de la nouvelle visite au Liban de l’émissaire américain Tom Barrack à la tête d’une délégation américaine, alors que l'armée doit présenter son plan de désarmement des milices, dont le Hezbollah, au gouvernement le 2 septembre prochain.
Le 5 août, le gouvernement a chargé l'armée d’élaborer un plan visant au désarmement des milices au Liban, dont le parti chiite pro-iranien, avant la fin de l’année. Le 7 août, le cabinet, en l’absence de ses ministres chiites, a approuvé la feuille de route américaine pour le maintien du cessez-le-feu, qui prévoit le désarmement du Hezbollah, mais également un arrêt des violations israéliennes de la trêve. Le Premier ministre Nawaf Salam a souvent rappelé que « le processus du monopole des armes (...) est une exigence et une nécessité nationales, convenues par les Libanais dans l’accord de Taëf avant toute autre chose ». Des manifestations, de faible ampleur, de membres du parti chiite dans plusieurs régions du Liban ont accompagné ces décisions.


A choisir, nous préférons nous soumettre à des pays qui veulent nous sauver et voir notre pays prospère et pacifié plutôt qu’à ceux qui se démènent depuis des décennies à le détruire et le saccager pour le dominer et en faire une dictature d’un autre âge. Demandez donc aux iraniens, affamés et privés de tout, s’ils préfèrent continuer à vivre sous ce régime sanguinaire ou s’ils préfèrent qu’un autre pays vienne les sauver de la tyrannie de ces assassins qui les considèrent comme leurs sujets et les tuent sans vergogne s’ils daignent réclamer leur souveraineté et la liberté de vivre dignement.
11 h 27, le 28 août 2025