Le président du Parlement libanais, Nabih Berry. Photo Nabil Ismail
Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a exprimé sa déception mercredi face aux résultats de la nouvelle visite au Liban de l’émissaire américain Tom Barrack à la tête d’une délégation américaine, alors que l'armée doit présenter son plan de désarmement des milices, dont le Hezbollah, au gouvernement le 2 septembre prochain.
Lors d’une interview au média panarabe Al-Charq Al-Awsat, M. Berry a affirmé que « les Américains ont fait le contraire de ce qu’ils nous avaient promis », en référence à la réponse attendue d'Israël à la politique du « pas contre pas » défendue par l'émissaire américain Tom Barrack dans ses déclarations. Nabih Berry a ainsi estimé que les positions de l’émissaire américain et celle des autres membres de la délégation ont été « contraires à ses déclarations », dans la mesure où ils ont insisté sur le désarmement du Hezbollah avant d'envisager toute mesure israélienne en contrepartie, à savoir le retrait des territoires libanais et la fin des agressions quasiment quotidiennes sur le Liban, principalement son Sud, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. « La délégation américaine n’a rien apporté avec elle d’Israël, ce qui complique à nouveau les choses », a ainsi constaté le président du Parlement.
Les choses « ne sont pas faciles », selon Berry
Refusant de s'exprimer sur l’étape suivante, M. Berry s'est contenté de souligner que les choses « n'étaient pas faciles ». En réponse à une question sur la réunion prochaine du gouvernement visant à examiner le plan de l’armée, le chef du législatif a souligné que « tout ce qui conduit à des dissensions dans le pays est condamnable ». Depuis que le gouvernement a mandaté le 5 août l'armée libanaise pour préparer avant la fin du mois d'août un plan en vue de désarmer tous les groupes armés, Hezbollah en tête, les partisans du tandem chiite critiquent à tout va le cabinet de Nawaf Salam et agitent les menaces de troubles sur la scène locale.
Commentant également la question du désarmement, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, réputé proche du tandem Hezbollah-Amal, a appelé pour sa part mercredi le chef de l’Etat, Joseph Aoun, « à mener un sauvetage national », car « le Liban est aujourd'hui au cœur d'une catastrophe politique qui menace la paix civile et la composition nationale ». Et ce, alors que le Hezbollah est mis au pied du mur pour rendre ses armes à l’Etat après avoir été affaibli par l'armée israélienne durant le dernier conflit, et que le gouvernement libanais doit étudier le 2 septembre prochain, le plan de l’armée libanaise pour le désarmement du parti chiite et d'autres milices. « Il n'y a pas de solution pour relever ce pays sans libérer la politique gouvernementale de l'emprise étrangère », a martelé le dignitaire chiite, tendant la main pour un « partenariat historique, dans le cadre de la Constitution qui préserve les droits de ses composantes fondatrices ».
« L'attaque diplomatique américaine d’hier (mardi) a bafoué la dignité nationale et exposé le pays à une catastrophe souveraine sans précédent », a rappelé le religieux, faisant ainsi référence aux propos abrupts de l’émissaire américain Tom Barrack au palais présidentiel, à l’intention des journalistes, lors d’un point de presse. « Restez silencieux un instant. Si la situation devient chaotique et bestiale, nous partirons », avait prévenu l’émissaire américain, en s'adressant à la presse. « Vous voulez savoir ce qui se passe, soyez civilisés », avait-il encore martelé. Des propos qui ont été dénoncés par le palais présidentiel, notamment.



Le gouvernement doit continuer sur sa voie, et si le hezbollah lui cherche noise alors noise il trouvera.
09 h 26, le 28 août 2025