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Culture - Événement

Byblos fait son cinéma : un premier festival international illumine la cité antique

Du 29 au 31 août, le Byblos International Film Festival voit le jour à Jbeil, entre pierres millénaires et récits d’aujourd’hui, tissant patrimoine et 7e art sous le ciel d’été.

Byblos fait son cinéma : un premier festival international illumine la cité antique

Le Jardin des artisans à Jbeil (Byblos) se prépare à accueillir le premier Festival international du film de Byblos. Photo BIFF

Par les douces nuits de fin d’été, lorsque l’air marin glisse entre les pierres de Jbeil, les histoires montent comme la marée. Cette année, pour la première fois, ces récits s’animeront sur grand écran, en plein air. Le Byblos International Film Festival (BIFF), qui s’ouvre le 29 août au Jardin des artisans, installe le cinéma au cœur de l’une des plus anciennes cités du monde – un lieu où chaque mur murmure encore les échos du passé. « Nous avons voulu créer quelque chose qui nous ressemble, qui reflète l’esprit et l’atmosphère de Jbeil », confie Alexandra Karam, cinéaste et cofondatrice du festival, dont elle est aussi la présidente. « Un film raconte une histoire, et se promener à Byblos, c’est déjà en vivre une – entre son histoire, ses pierres, son architecture et ceux qui y vivent. »

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Une naissance entre amitié et attachement au lieu

Le festival est né d’une conversation entre Karam et Antoine Sfeir, vice-président du BIFF et membre de longue date du comité du tourisme de Jbeil. Tous deux originaires de la région, ils ont vu l’idée germer lors d’un dîner entre amis. « Alexandra avait ce projet en tête depuis des années », se souvient Sfeir. « Un soir, elle nous a lancé : « Pourquoi ne pas le faire ? » Le moment semblait venu. L’an dernier, on y a pensé, mais on a préféré attendre, pour bien faire les choses. Et voilà, c’est pour très bientôt. »

Pour Sfeir, ce projet s’est naturellement imposé comme une suite logique à son engagement pour sa ville. « J’ai toujours aimé organiser des événements à Jbeil », dit-il. « Le cinéma ne faisait pas partie de mes projets à l’origine, mais je voulais créer des rendez-vous culturels et touristiques. Et avec Alexandra, la synergie s’est faite : tourisme et cinéma. C’est ainsi que le BIFF est né. » Au-delà du simple divertissement, les deux fondateurs y voient un acte presque vital. « Le Liban en a besoin. Nous en avons tous besoin », résume Sfeir.

Du cinéma entre les pierres

Le programme reflète à la fois l’ancrage local et l’ouverture internationale de Byblos. « Nous avons souhaité une sélection mêlant productions nationales et internationales, pour favoriser l’échange culturel », explique Sfeir. « Il s’agit aussi de montrer qui nous sommes, tout en accueillant d’autres récits dans notre ville. »

Image tirée du documentaire "Liban, les secrets du royaume de Byblos" de Philippe Aractingi.  Capture d'écran
Image tirée du documentaire "Liban, les secrets du royaume de Byblos" de Philippe Aractingi. Capture d'écran

En ouverture : Liban, les secrets du royaume de Byblos, documentaire de Philippe Aractingi. « C’est un film important », souligne Karam. « Le festival parle de l’histoire de Byblos, et ce film est essentiel pour en transmettre les clés. »

Parmi les autres projections figurent Sous le ciel d'Alice (2021), coproduction libano-française signée Chloé Mazlo, ainsi qu’un long-métrage brésilien présenté en partenariat avec l’ambassade du Brésil, Três Verōes (Trois étés) de Sandra Kogut. Une sélection de courts-métrages libanais et internationaux complète la programmation, chacun offrant une perspective singulière. « Les films libanais sont magnifiques, et ceux venus de l’étranger également », ajoute Sfeir. « Ils durent une vingtaine de minutes, ce qui permet d’en voir plusieurs dans la même soirée et de voyager d’un univers à l’autre. »

Les projections se tiendront du 29 au 31 août, de 20h à minuit. La soirée d’ouverture débutera dès 18h avec un accueil sur tapis rouge, accompagnée de rafraîchissements et de dégustations, entièrement gratuits. « La culture doit être accessible à tous », insiste Sfeir. « Un événement comme celui-là ne devrait pas être payant. »

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Le choix du lieu – le Jardin des artisans, havre médiéval fleuri de bougainvilliers – ancre davantage encore le festival dans le patrimoine de Byblos. « C’est un endroit magnifique, avec ses murs en pierre et ses arches anciennes », décrit Sfeir. « Un cadre charmant, en parfaite harmonie avec l’histoire de la ville. Une fois aménagé pour l’occasion, ce sera vraiment magique. »

Dialogues à travers les siècles

Au-delà des projections, le festival met l’accent sur la rencontre et l’échange. Une « session patrimoine » sera consacrée à des courts documentaires explorant l’histoire de Jbeil, suivie de discussions avec des intervenants locaux. Après certaines projections, notamment les courts-métrages, les réalisateurs seront présents pour répondre aux questions du public.

« Nous espérons que les gens viendront non seulement pour regarder, mais aussi pour dialoguer », explique Karam. « Les cinéastes seront là. Si quelqu’un veut en savoir plus sur le film ou échanger avec son auteur, il en aura l’occasion. C’est une invitation à la découverte, à la connexion. »

Le film brésilien "Três Verōes" (Trois étés) de Sandra Kogut. Capture d'écran
Le film brésilien "Três Verōes" (Trois étés) de Sandra Kogut. Capture d'écran

Les retours des créateurs locaux sont déjà enthousiastes. « Franchement, nous sommes très heureux », dit Karam. « L’accueil est formidable. Les gens partagent, téléchargent, créent du contenu. Il y a une vraie énergie. »

Une première édition, et des rêves d’avenir

Même si cette édition est inaugurale, Alexandra Karam et Antoine Sfeir pensent déjà à la suite. « Le potentiel est énorme », affirme Sfeir. « Un festival attire des films internationaux, de l’attention, du monde. Byblos est connue pour son histoire, mais certains à l’étranger ignorent même qu’elle se trouve au Liban. Le cinéma peut la remettre sur la carte. Comme on dit en anglais, « The sky is the limit » (Le ciel est la seule limite). »

Parmi leurs ambitions pour les prochaines années : étendre le programme avec des ateliers, des sessions en journée et des partenariats avec d’autres festivals. « Chaque édition sera différente », prédit la présidente du BIFF. « L’an prochain, on essaiera d’inclure des moments plus interactifs. Petit à petit, on pourra montrer toute la richesse et la beauté de Jbeil. »

Mais, pour l’heure, leur espoir est simple : voir les gens venir, se retrouver, ressentir quelque chose de nouveau. « J’aimerais que chacun garde le souvenir d’un événement chaleureux, détendu, avec de beaux films et des moments culturels forts », confie Sfeir.

Wajdi Mouawad et Alba Rohrwacher dans "Sous le ciel d'Alice" de Chloé Mazlo. Photo Pascal Chantier/ AD VITAM)
Wajdi Mouawad et Alba Rohrwacher dans "Sous le ciel d'Alice" de Chloé Mazlo. Photo Pascal Chantier/ AD VITAM)

Et Karam de conclure : « On veut voir l’espoir sur les visages, à travers l’art, le cinéma, la culture – pas seulement les mauvaises nouvelles. Notre génération veut aussi croire en la beauté. Ce festival, c’est notre manière de remercier notre ville, ses habitants. Et d’inviter tout le monde à en faire partie. »

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Une invitation à rêver

Du 29 au 31 août, alors que le soleil se couche sur le port et que la fraîcheur gagne les ruelles de pierre, Byblos ouvrira ses bras au cinéma. Gratuit, en plein air, ancré dans la mémoire des siècles, le Byblos International Film Festival s’adresse à tous : habitants, visiteurs, curieux en quête de beauté et d’histoires. « Nous attendons ce moment avec impatience », dit Karam. « Le moment de voir les gens s’installer à Jbeil, regarder des films, discuter ensemble. On le redoute… dans le bon sens du terme. » Les écrans sont prêts. Les pierres écoutent. Byblos s’apprête à raconter son histoire, encore une fois.

Dates du festival : du 29 au 31 août 2025.
Lieu : Jardin des artisans, souk ancien, Byblos.
À l’affiche : « Liban, les secrets du royaume de Byblos » (ouverture), « Sous le ciel d'Alice », projection spéciale brésilienne, courts-métrages libanais et internationaux.
Entrée libre 
Infos : Instagram — @byblosfilmfestival
Par les douces nuits de fin d’été, lorsque l’air marin glisse entre les pierres de Jbeil, les histoires montent comme la marée. Cette année, pour la première fois, ces récits s’animeront sur grand écran, en plein air. Le Byblos International Film Festival (BIFF), qui s’ouvre le 29 août au Jardin des artisans, installe le cinéma au cœur de l’une des plus anciennes cités du monde – un lieu où chaque mur murmure encore les échos du passé. « Nous avons voulu créer quelque chose qui nous ressemble, qui reflète l’esprit et l’atmosphère de Jbeil », confie Alexandra Karam, cinéaste et cofondatrice du festival, dont elle est aussi la présidente. « Un film raconte une histoire, et se promener à Byblos, c’est déjà en vivre une – entre son histoire, ses pierres, son architecture et ceux qui y vivent. » ...
commentaires (1)

Bravo bravo bravo, merci merci merci Alexandra Karam et Antoine Sfeir.

ABDO-HANNA Nicolas

07 h 49, le 28 août 2025

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Commentaires (1)

  • Bravo bravo bravo, merci merci merci Alexandra Karam et Antoine Sfeir.

    ABDO-HANNA Nicolas

    07 h 49, le 28 août 2025

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