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Politique - Diplomatie

Barrack depuis Baabda : Israël est prêt à se retirer du Liban-Sud mais souhaite voir des mesures concrètes

L'émissaire américain Tom Barrack a entamé sa tournée au Liban avec une première visite à Joseph Aoun ce matin.

Barrack depuis Baabda : Israël est prêt à se retirer du Liban-Sud mais souhaite voir des mesures concrètes

L'émissaire américain Tom Barrack et l'envoyée spéciale adjointe des États-Unis pour le Moyen-Orient, Morgan Ortagus, au palais de Baabda, le 26 août 2025. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

L'émissaire américain Tom Barrack a affirmé mardi, depuis le palais de Baabda, qu' « Israël est prêt à se retirer du Liban-Sud mais souhaite voir des mesures concrètes », pressant ainsi les autorités libanaises à mettre en œuvre le désarmement du Hezbollah, qui continue de s'y opposer, près de neuf mois, jour pour jour, après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre les deux pays suite à un conflit dévastateur de 13 mois.

« Israël affirme directement qu'il ne veut pas occuper le Liban et est prêt à s’en retirer, mais il souhaite voir des mesures concrètes », a souligné Tom Barrack, arrivé la veille à Beyrouth. Lors d'un point de presse au palais présidentiel, il a également rappelé que le gouvernement libanais « a défini onze points et a promis de s’y conformer, le premier étant un plan de désarmement du Hezbollah ». Il a également affirmé que ce que le président américain Donald Trump « a fait dans la région reflète sa volonté que le Liban soit prospère ».

Le gouvernement libanais a chargé l'armée, début août, d'élaborer d'ici la fin du mois un plan pour désarmer le Hezbollah et les autres milices avant la fin de l'année, mais le parti chiite continue de refuser de remettre son arsenal. « Personne ne veut d'une guerre civile », a également précisé l'émissaire américain, alors que le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem avait brandi cette menace après la décision du gouvernement.

« L’armée libanaise est la réponse, pas la Finul »

Sur le plan international, alors que le Conseil de sécurité de l'ONU devrait se prononcer incessamment sur le renouvellement du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) cette semaine, M. Barrack a souligné que « l’armée libanaise est la réponse, pas la Finul ». Il a toutefois souligné que les Etats-Unis vont approuver l'extension du mandat pour un an, alors que Washington et Tel-Aviv estiment que les Casques bleus sont inefficaces et s'opposaient à un renouvellement de son mandat.

Sur le plan régional, l'émissaire US a par ailleurs souligné que le président syrien « Ahmad el-Chareh ne veut pas de relations hostiles avec le Liban ». Tom Barrack a aussi indiqué que les US « feront venir les pays du Golfe » pour contribuer au redressement économique du Liban-Sud.

De son côté, l'envoyée spéciale adjointe des États-Unis pour le Moyen-Orient, Morgan Ortagus, qui accompagne M. Barrack dans sa tournée, a affirmé qu' « Israël est prêt à avancer pas à pas avec le gouvernement, notant que « maintenant tout dépend des actes et non des paroles. Nous répondrons à chaque mesure prise par le gouvernement par une action de la part d’Israël ».

Dans un entretien accordé à la presse lundi, Mme Ortagus avait déjà souligné que le secrétaire général du Hezbollah et son parti « ne représentent pas le peuple libanais », affirmant que Washington « aidera l'armée libanaise à développer et exécuter » le plan de désarmement du parti chiite.

Accompagnant les deux émissaires, le sénateur américain Lindsay Graham, a estimé depuis Baabda que le Liban « doit désarmer le Hezbollah avant de poser la question du retrait d’Israël ». Il a également affirmé que « le Hezbollah n’est pas loyal envers le peuple et agit pour un agenda extérieur et non pour le peuple libanais. Je pense que les Libanais veulent un avenir meilleur et qu’Israël ne regardera pas le Liban d’une manière différente à moins que le Liban n’agisse différemment ». Il a aussi rappelé que « l'idée du désarmement du Hezbollah est venue du peuple libanais ». Le sénateur US a également souligné que « le retrait israélien dépend de ce que fera le Liban. Si le Hezbollah et les Palestiniens ne sont pas désarmés, il n’y aura aucune avancée, et l’Arabie saoudite ne viendra pas aider » le pays, a-t-il prévenu.

Le désarment du Hezbollah, « difficile mais décisif »

De son côté, la sénatrice américaine d'origine libanaise Jeanne Shaheen a affirmé « soutenir les décisions courageuses du gouvernement ». « Notre réunion avec le président Joseph Aoun était fructueuse », a-t-elle ajouté, affirmant « comprendre que le désarmement du Hezbollah est une étape difficile mais décisive ». Elle a souligné que « l’armée libanaise a besoin de soutien matériel et logistique. Nous en avons discuté aujourd’hui avec le président Aoun. Nous aiderons à soutenir l’armée et l’économie si le Liban parvient à désarmer le Hezbollah », a-t-elle poursuivi. Elle a par ailleurs souligné que « les États-Unis soutiennent les réformes du secteur bancaire et espèrent que le Parlement réussira à les mettre en œuvre ».

Aoun remercie l'administration Trump

Le président Joseph Aoun a pour sa part commenté dans un communiqué sa réunion avec Tom Barrack et la délégation qui l'accompagnait à Baabda, assurant avoir « réitéré ses remerciements à l'administration américaine et au Congrès pour l'intérêt continu qu'ils portent au Liban et leur engagement à aider le pays, en conformité avec les directives du président Donald Trump ».

Il a également réitéré l'engagement de Beyrouth envers la feuille de route américaine approuvée « sans aucune restriction » début août par le Conseil des ministres. « Le président Aoun a remercié la partie américaine pour son soutien continu aux forces armées libanaises et pour leur renforcement dans tous les domaines afin qu'elles puissent accomplir leurs missions », selon le communiqué. Le chef de l'État a par ailleurs souhaité que « la partie américaine poursuive ses contacts avec toutes les parties concernées, en particulier avec les pays arabes et occidentaux amis du Liban, afin de soutenir et d'accélérer les processus de reconstruction et de relance économique ».

M. Aoun a aussi « salué les positions exprimées par les membres de la délégation concernant la vision américaine pour sauver le Liban, qui repose sur trois principes. Le premier consiste à assurer la sécurité en confiant le contrôle des armes et les décisions de guerre et de paix à l'État seul, alors que le deuxième vise à garantir la prospérité économique en misant sur la capacité des Libanais à innover et à investir (...) », indique le communiqué. Selon le texte, « le troisième consiste à préserver la démocratie consensuelle au Liban, qui protège toutes les communautés libanaises dans le cadre d'un système pluraliste libre ».

Le chef de l'État s'est enfin enquis des résultats de la visite de M. Barrack en Israël dimanche, ainsi que « des positions exprimées par les responsables israéliens ». Il a réitéré l'attachement « total » du Liban au cessez-le-feu du 27 novembre 2024. Le président Aoun a également « été informé des résultats de la visite de la délégation à Damas (lundi) et exprimé sa satisfaction face aux dispositions syriennes en vue d'établir les meilleures relations avec le Liban. Il a réitéré la volonté de Beyrouth à travailler immédiatement sur les dossiers bilatéraux en suspens (...) tout en assurant que le Liban appuie l'unité en Syrie ».

La délégation américaine a ensuite été reçue par Premier ministre Nawaf Salam. Ce dernier a souligné que « le processus du monopole des armes et de l’affirmation de l’autorité exclusive de l’État dans les décisions de guerre et de paix est un processus engagé et il n’y aura pas de retour en arrière », rapporte un message sur X du Grand Sérail. Ce processus « est une exigence et une nécessité nationales, convenues par les Libanais dans l’accord de Taëf avant toute autre chose, mais dont l’application a été retardée pendant des décennies, privant ainsi le pays de nombreuses opportunités dans le passé » a-t-il dit.

Le Premier ministre a réaffirmé que le document approuvé en Conseil des ministres est « fondé sur le principe de la simultanéité des étapes, il garantit le retrait d’Israël des territoires libanais et l’arrêt de toutes les hostilités ». Il a par ailleurs remercié la délégation pour « son soutien constant à l’armée libanaise », soulignant que « l’élargissement de ce soutien sur les plans financier et militaire est une nécessité urgente afin de permettre à l’armée d’accomplir sa mission ».

Enfin, Nawaf Salam a déclaré que le Liban « cherche à obtenir un engagement international clair, en particulier de la part des principaux donateurs, concernant les préparatifs en cours pour la tenue de la conférence internationale prévue sur la reconstruction et la relance économique du Liban », entre l’automne et la fin de l’année 2025.

M. Barrack s'est également réuni avec le président de la Chambre Nabih Berry et le leader druze Walid Joumblatt.

Le déplacement de la délégation américaine intervient dans un contexte de tensions sur la scène libanaise. Si le gouvernement de Nawaf Salam a adopté le 7 août la « feuille de route » américaine qui devrait permettre progressivement de garantir le respect de la trêve entre le Liban et Israël et de désarmer les milices présentes au Liban, le parti chiite en tête, ce dernier ne semble pas prêt à coopérer. Lundi, Naïm Kassem avait réaffirmé son refus que les armes de son parti soient retirées. De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait salué le jour même les « efforts du Liban pour désarmer le Hezbollah » d’ici à la fin de l’année, proposant de « réduire » la présence israélienne au Liban-Sud si ce désarmement était mis en œuvre, sans toutefois évoquer un retrait de ses militaires.

L'émissaire américain Tom Barrack a affirmé mardi, depuis le palais de Baabda, qu' « Israël est prêt à se retirer du Liban-Sud mais souhaite voir des mesures concrètes », pressant ainsi les autorités libanaises à mettre en œuvre le désarmement du Hezbollah, qui continue de s'y opposer, près de neuf mois, jour pour jour, après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre les deux pays suite à un conflit dévastateur de 13 mois.« Israël affirme directement qu'il ne veut pas occuper le Liban et est prêt à s’en retirer, mais il souhaite voir des mesures concrètes », a souligné Tom Barrack, arrivé la veille à Beyrouth. Lors d'un point de presse au palais présidentiel, il a également rappelé que le gouvernement libanais « a défini onze points et a promis de s’y conformer, le premier étant un plan de...
commentaires (7)

Il y a peu de temps, les US refusaient de garantir tout retrait israelien, on dirait que ça evolue dans le bon sens Si c’est le cas le hezbollah n’a plus d’argument valide et on va donc bientot voir si derriere le masque de la resistance se cache vraiment un libanais…ou un iranien

Phenix

17 h 50, le 26 août 2025

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Commentaires (7)

  • Il y a peu de temps, les US refusaient de garantir tout retrait israelien, on dirait que ça evolue dans le bon sens Si c’est le cas le hezbollah n’a plus d’argument valide et on va donc bientot voir si derriere le masque de la resistance se cache vraiment un libanais…ou un iranien

    Phenix

    17 h 50, le 26 août 2025

  • Ahahaha ! Les fous de Dieu sanguinaires, les vrais ont pris possession du Liban. Celles et ceux qui pensent qu’ils ont une quelconque marge de manœuvre avec eux ont tout faux. Il faudra être créatif pour se libérer des tentacules de l’hydre. Bon courage à tous.

    Sphinx

    16 h 02, le 26 août 2025

  • Al chareh ne veut pas de relations hostiles avec le liban. Évidemment. Personne ne veut de ce genre de relations hostiles. Le liban aussi n’en veut pas. Le liban ne veut pas de relations belliqueuses et hostiles avec Israel. Même si PAS DE RELATIONS pour l’instant c très bien.Réactivons l’armistice . Du moment que nos régions ( et les leurs) sont pacifiées et les habitants vivent sereinement c’est le but de tout le monde. Les gens en syrie, liban et Israel EN ONT MARRE DES GUERRES. Seuls les IRANIENS et leur milice au liban insistent pour des relations belliqueuses et guerrières…les perses oui

    LE FRANCOPHONE

    15 h 27, le 26 août 2025

  • Une faille doit surgir de la part de Berri pour casser le duo et accepter de rendre les armes, Ça peut être la solution et Berri a intérêt à le faire, sinon c’est lui et sa milice Amal qui vont payer le prix fort avant la milice iranienne.

    Gebran Eid

    15 h 07, le 26 août 2025

  • Et nous aussi

    William SEMAAN

    14 h 01, le 26 août 2025

  • Ils se retireront quand le hezbollah est desarme dans tout le Liban et notre Armee Nationale deployee partout. La partie se joue helas entre les mollahs perses et Trump. Mais apres, je ne fais pas confiance aux usurpateurs Israeliens. Ils ne sont pas meilleurs que les mollahs perses.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 15, le 26 août 2025

  • Un bras de fer entre l’Iran et les E.U se joue sur notre sol. Le berger répond à la bergère. Le Liban peut être sauvé. Si le Liban n’a pas compris que c’est l’occasion de sa vie pour se débarrasser des vendus sur son sol, alors nous serons condamnés à vivre ou survire malheureux et soumis pour le restant de nos jours. La première chose à faire serait une décision rapide sur la rupture de toute relation diplomatique avec les mollahs pour leur signifier qu’ils ont dépassé les bornes. Ainsi le HB pourra prendre ses décisions sans être menacé par ses maîtres qui seront affaiblis politiquement.

    Sissi zayyat

    11 h 43, le 26 août 2025

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