Le cheikh druze syrien Hikmat el-Hijri. Photo ANI
Le cheikh Hikmat el-Hijri, membre du Conseil druze de la province syrienne de Soueida, a appelé lundi « les peuples honorables du monde et les pays libres à se joindre à (lui) pour proclamer une région (druze) séparée » dans le sud de la Syrie.
Des affrontements confessionnels meurtriers avaient éclaté en juillet entre des combattants druzes et des Bédouins sunnites dans la province de Soueida, avant que les forces de sécurité syriennes n’interviennent, principalement pour soutenir les Bédouins. Un cessez-le-feu a mis fin à une semaine de heurts sanglants faisant environ 1 600 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, en majorité des civils druzes.
« Notre parcours commence sous une nouvelle bannière après la récente épreuve qui visait à exterminer la communauté druze en Syrie », a annoncé le cheikh Hijri, selon des propos rapportés par plusieurs médias, dont l’Agence nationale d’information libanaise (ANI) et l’AFP. « Nous nous félicitons des nouveaux arrangements représentés par la création de la Garde nationale (...). Nous sommes des défenseurs de la paix et non des défenseurs du mal... mais nous avons le droit de nous défendre. Ce qui s’est passé récemment était une attaque barbare et brutale contre nous », a-t-il appuyé.
Hikmat el-Hijri a tenu ces propos en recevant à Soueida une délégation du Mouvement des hommes de la dignité, l’une des principales factions armées de la province, qui a annoncé sa disposition à combattre sous son commandement. La semaine dernière, des dizaines de petites factions de Soueida avaient déjà annoncé leur ralliement à la nouvelle formation baptisée « Garde nationale », afin de coordonner les efforts militaires sous l’égide du cheikh Hijri. Ce dernier, l’un des trois principaux dignitaires religieux druzes de Syrie, est le plus radical dans son opposition aux autorités de transition à Damas.
Hijri remercie les États-Unis et Israël
Le cheikh druze a par ailleurs souligné « l’importance de prêter attention à chaque détail concernant les nouveaux arrangements à Soueida, à la lumière de la création de la branche militaire druze, avec des garanties internationales ». Toujours selon l’ANI, qui cite des propos accordés à la chaîne Russia Today, Hikmat el-Hijri a également « remercié les États-Unis et Israël, en particulier les druzes de l’État hébreu, pour leur soutien à la communauté druze de Soueida ».
Alors que les violences communautaires s’intensifiaient dans la région de Soueida, Israël a tenté de se positionner comme le « protecteur » des druzes, une communauté très présente dans le plateau du Golan annexé en 1981 par l’État hébreu. Fin juillet, Israël a envoyé à Soueida une aide humanitaire d’un montant de 2 millions de shekels (près de 600 000 dollars) comprenant des colis alimentaires et des fournitures médicales, selon le ministère israélien des Affaires étrangères.
L’armée israélienne avait également bombardé les troupes gouvernementales syriennes lors de leur bref déploiement dans la province méridionale. Elle avait aussi frappé le quartier général militaire à Damas. Alors que les nouvelles autorités syriennes ont réaffirmé à plusieurs reprises leur intention de protéger les groupes ethniques et religieux du pays, les massacres qui ont coûté la vie à plus de 1 400 alaouites le long de la côte en mars et les violences à Soueida ont semé le doute quant à leur capacité à gérer les tensions sectaires. Le gouvernement a déclaré qu’il enquêterait sur les affrontements de juillet à Soueida.
Malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 20 juillet, la situation reste tendue dans la province de Soueida, rappelle l’AFP. Les habitants accusent le gouvernement d’imposer un siège à la province, ce que Damas dément, affirmant que plusieurs convois d’aide ont pu entrer. Le 16 août, des centaines de personnes avaient manifesté dans la ville de Soueida, tenue par les factions druzes, réclamant l’« autodétermination » et brandissant des drapeaux druzes et israéliens. Les autorités islamistes rejettent catégoriquement toute revendication séparatiste ou fédéraliste.



Si nous remontons dans l'histoire, il me semble que ce monsieur est dans une position un peu similaire a celle des Chrétiens du Liban en 1975. La différence est que ces derniers ne réclamaient pas a se séparer de l’état mais le défendaient et défendaient sa souveraineté et son indépendance contre une occupation alors que lui refuse l’état proposé par des citoyens de son pays. Question a un million: Doit on le traiter d’isolationniste de sioniste et de collaborationniste ou lui il peut se le permettre parce que secte musulmane et pas les autres?
11 h 50, le 26 août 2025