Le secrétaire général adjoint de la Ligue Arabe, Houssam Zaki, lors d'un point de presse au palais de Baabda, le 8 avril 2021. Photo d'archives Dalati et Nohra
Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Hossam Zaki, a déclaré samedi que « le désaccord autour du monopole des armes réside dans son application, non dans ses objectifs », au lendemain de son déplacement à Beyrouth qui reflétait le soutien de la Ligue aux efforts du Liban pour affirmer sa pleine souveraineté et garantir que les armes soient exclusivement sous contrôle de l’État.
« Le désaccord autour du monopole des armes réside dans son application, non dans ses objectifs », a affirmé M. Zaki dans une interview à « Cairo News Channel », rapportée par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). Il a ainsi indiqué avoir constaté chez le président du Parlement, Nabih Berry, «une compréhension et un soutien au principe de l’exclusivité des armes aux mains de l’État ; mais avec certaines remarques d’ordre pratique et temporel liées aux complexités de la situation au Liban». M. Zaki a aussi souligné que ses rencontres avec les responsables libanais jeudi ont reflété «un consensus clair sur la nécessité de rejeter le discours confessionnel, de réduire le ton de l’escalade et de mettre fin à toute incitation politique ou confessionnelle». «Tout le monde est conscient que ce type de discours pourrait entraîner le Liban dans des dérives dangereuses que nous ne souhaitons pas voir», a-t-il prévenu.
Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe a indiqué, dans ce cadre, que les répercussions internes de la décision, accompagnées d’échanges médiatiques et de fortes tensions dans le discours politique, ont nécessité sa visite au Liban afin d’exprimer le soutien de l'organisation panarabe à l’affirmation de la souveraineté de l’État libanais et au monopole des armes, en plus de contribuer à l’apaisement des tensions.
Soutien à l'armée
« La décision du gouvernement libanais de charger l’armée de préparer un plan pour mettre en œuvre le principe de l’exclusivité des armes s’aligne totalement sur les résolutions des sommets arabes », a ajouté M. Zaki, soulignant que « la Ligue arabe s’est empressée de l’appuyer ». Il a ainsi exhorté les États arabes et non arabes à fournir rapidement un soutien concret à l’armée libanaise, insistant sur le fait que « la Ligue n’a jamais hésité à apporter un appui moral et politique » à la troupe. Il a ajouté que la Ligue, étant une organisation politique, ne dispose pas d’outils de soutien militaire mais poursuit ses efforts pour mobiliser un appui régional et international en faveur de l’armée. « Si une conférence internationale est organisée pour soutenir l’armée, la Ligue arabe y participera et s’efforcera de générer l’élan nécessaire afin d’encourager les pays donateurs à fournir l’aide essentielle au soutien à la stabilité du Liban et à la sécurité de son peuple », a-t-il promis. Il a aussi réitéré « le soutien ferme de la Ligue arabe aux demandes continues du Liban auprès du médiateur américain afin de faire pression sur Israël pour qu’il respecte ses engagements, mette fin aux violations de la souveraineté du Liban et à l’occupation de son territoire ».
En dépit de la trêve conclue le 27 novembre 2024, Israël continue de frapper le sud du Liban et, plus rarement, les bastions du Hezbollah dans la plaine de la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth. Pour mettre fin aux attaques, l’émissaire américain Tom Barrack a proposé une « feuille de route » de mesures progressives entre Beyrouth et Tel-Aviv. Le Liban a fait un premier pas en acceptant officiellement le plan et en confiant à l’armée la mission de désarmer le Hezbollah et les autres groupes armés d’ici la fin de l’année. En contrepartie, Israël devrait progressivement se retirer des positions qu’il occupe encore dans le sud du Liban et libérer les détenus libanais de ses prisons. L’adoption de la feuille de route américaine par le gouvernement a suscité de vives critiques de la part du Hezbollah, dont le secrétaire général, Naïm Kassem, a mis en garde contre un conflit interne potentiel.
M. Zaki a par ailleurs indiqué que ses rencontres avec les responsables libanais ont reflété un large consensus en faveur du rejet des discours sectaires, de la réduction de l’escalade politique et pour éviter les incitations, avertissant que des propos incendiaires pourraient entraîner le pays sur une voie dangereuse. Il a qualifié sa première rencontre avec le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, « d’excellente », et salué en lui une figure militaire importante ayant une connaissance directe de la région au sud du Litani. M. Zaki a ajouté que la vision du commandant était « réaliste et sérieuse », reflétant les lourdes responsabilités qui incombent à l’armée libanaise et son engagement à mettre en œuvre les directives politiques et à renforcer les institutions de l’État.
Jeudi, après sa rencontre avec le président Joseph Aoun au palais de Baabda, M. Zaki a souligné que « personne ne souhaite voir le Liban sombrer dans une situation aux conséquences indésirables ».



En lisant cet article je me suis cru en France à écouter un politique ! L'application ne répond qu'à un seul objectif : désarmer le Hezbollah qui représente un danger majeur pour le pays !! Rien de moins et rien de plus ...
22 h 10, le 24 août 2025