Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, entouré de députés de son bloc parlementaire, serre la main du Premier ministre, Nawaf Salam, le 22 août 2025 au Grand Sérail à Beyrouth. Photo ANI
Le contact entre Haret Hreik et Baabda reprend. Vendredi, à quatre jours de la visite prévue de l’émissaire américain Tom Barrack, le chef du groupe parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a reçu le général André Rahal, conseiller du président de la République. Selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), les deux hommes ont évoqué « l’actualité politique, les derniers développements ainsi que les positions des parties concernées au sujet de ces questions ». Deux jours plus tôt, M. Rahal s’était rendu à Aïn el-Tiné pour un entretien avec le président du Parlement, Nabih Berry. Ces entretiens interviennent à l’heure où le gouvernement attend d’ici à la fin août un plan de l’armée pour le désarmement des milices au Liban, parmi lesquelles le Hezbollah, suite à une décision en deux temps du Conseil des ministres au début du mois. Celle-ci a provoqué une levée de boucliers du tandem chiite et un refroidissement des relations entre le Hezbollah et le président Joseph Aoun, mais aussi et surtout avec le Premier ministre Nawaf Salam. Le président Aoun et le Hezbollah dialoguaient loin des projecteurs ces derniers mois sur la question du désarmement du parti, après que le nouveau mandat présidentiel a fait du monopole des armes aux mains de l’État un de ses principaux engagements. Dans ce contexte, le chef de l’État a reçu dans la journée de vendredi le commandant en chef de la troupe, Rodolphe Haykal. Les deux hommes ont évoqué la situation sécuritaire à la lumière des récents développements, ainsi que les affaires de l’institution militaire. Le président a également reçu le directeur général de la Sécurité de l’État, le général Edgard Lawandos.
Geagea apporte son soutien à Nawaf Salam
En parallèle, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, s’est rendu hier au Grand Sérail de Beyrouth pour un entretien à forte symbolique avec le Premier ministre. À l’issue de ce rare déplacement, M. Geagea – qui était accompagné de la plupart des députés de son parti – a affirmé que « tout le monde doit se conformer » aux décisions du gouvernement de Nawaf Salam concernant le monopole que doit exercer l’État libanais sur les armes. Il a dénoncé dans ce cadre les critiques dont le président Joseph Aoun et le Premier ministre sont l’objet depuis que les autorités ont décidé d’amorcer le désarmement des milices au Liban. « Tout le monde doit se conformer à la décision du gouvernement libanais concernant le monopole des armes. Cependant, cette décision est en train d’être appliquée de manière partielle », a déclaré le leader chrétien, qui semble vouloir mettre tout son poids derrière le Premier ministre. « Tout le monde est d’accord pour que les armes palestiniennes soient remises à l’armée et le gouvernement a lancé cette opération. Alors pourquoi certains la refusent-ils ? » a-t-il ajouté. Il a aussi salué les « décisions audacieuses » du gouvernement Salam, qui a « remis le Liban sur le bon chemin ». « Avant cela, nous vivions depuis 40 ans dans un semblant d’État, un État qui n’avait pas son mot à dire et qui était donc très affaibli. Avec ces décisions (du gouvernement), chaque Libanais a commencé à ressentir la présence d’un véritable État », a-t-il déclaré. « Nous sommes ici aujourd’hui pour dire que l’État réel a commencé à prendre forme. Mais certains tentent encore d’entraver ce projet, en s’en prenant tantôt au président de la République, tantôt au chef du gouvernement. Cela est inacceptable et, en fin de compte, ceux qui tenteront d’entraver cette marche en avant seront perdants, car celle-ci se poursuivra », a souligné le chef des FL. Samir Geagea a appelé les détracteurs de Nawaf Salam à saisir les institutions démocratiques s’ils le souhaitent. « Ceux qui considèrent que le Premier ministre est un traître peuvent lui retirer leur confiance au Parlement (...) Notre système est un système démocratique parlementaire. Qu’ils demandent une session extraordinaire du Parlement pour discuter de la question des armes. Nous sommes prêts à cela, mais attaquer le chef du gouvernement jour et nuit est inacceptable », a-t-il ajouté. Accusé de servir des intérêts « israélo-saoudiens » ou qualifié de « sioniste » par la presse pro-Hezbollah, Nawaf Salam fait l’objet d’une campagne menée contre lui par le parti chiite. Il est par contre fortement soutenu par les opposants à la formation pro-iranienne.


Les pro iraniens œuvrent uniquement au profit de l'Iran. Ils se mettent à dos tous les libanais et bien au-delà ! Quelle solution restera-t-il si ils s'obstinent dans leur obstruction destructrice ? Celle des armes est peu être la seule qu'ils respectent...
10 h 42, le 23 août 2025