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Nos lecteurs ont la parole

Retour dans le futur

Il fut l’homme le plus puissant du pays.

Aujourd’hui, il est enfermé dans une chambre d’hôpital.

On disait de lui qu’il était intouchable.

Qu’il avait caché, sur une clé USB et dans le cloud, les noms de ses complices.

Qu’il pouvait tout faire basculer d’un clic.

Mais il n’avait rien caché.

Peut-être n’était-il pas aussi intelligent qu’on l’avait cru.

Les « ingénieries » qu’il avait conçues étaient d’une simplicité presque déconcertante.

Il a persévéré dans sa logique de tout pouvoir acheter jusqu’à son dernier souffle d’homme libre.

Jusqu’au dernier dollar « frais » de la banque centrale.

En Europe, il est poursuivi pour association de malfaiteurs, détournement de fonds, blanchiment et enrichissement illicite.

Au Liban, il est détenu pour une affaire de 44 millions de dollars de commissions.

Des commissions versées par des personnes qui n’existent pas.

Ou qui n’existent plus.

Comme ces pirates qui, une fois leur trésor enfoui sur une île oubliée, se réinventent un nom, un visage, un récit.

Mais les nouveaux pirates, eux, n’ont même plus besoin d’aller ailleurs.

Ils rebaptisent leurs banques à l’étranger, coupent les ponts avec le siège d’origine.

« Ce n’est pas la même banque », disent-ils.

« Et nous ne sommes plus les mêmes », ajoutent-ils.

L’homme qu’ils étaient n’est plus.

À sa place : une légitimité achetée, une respectabilité de façade et une impunité garantie par un système politique complice.

Car tant que l’argent est là, tout s’achète.

Même l’oubli.

Ce qui s’est passé n’est pas une révolution.

C’est une révolution à l’envers.

Un soulèvement du pouvoir contre le peuple.

À cause d’une dette publique.

Une dette qu’il a contractée et refusé de payer après avoir sauvé son propre argent.

L’argent des banquiers, des politiciens, des nantis.

Et confisqué celui de tous les autres.

Et le temps a passé, sans que personne ne s’en rende compte.

Et voilà qu’arrivent les « Harvard Boys ».

Les nouveaux idiots utiles du vieux système.

Ils n’ont pas de plan pour l’avenir.

Seulement le retour du passé.

Le même système, en plus violent, plus féroce, plus prédateur.

La triple peine pour les pauvres : hausse des taxes, chute du pouvoir d’achat, chômage.

Le rachat de l’État par l’argent qui rentre.

Le grand reset, qui sera officialisé l’année prochaine, en toute logique, par les nouveaux anciens députés.

Et le Liban renaîtra.

Mais pas celui dont j’ai rêvé.

Ceux qui peuvent se le permettre continueront à danser.

Danser, danser, danser – mieux qu’avant.

Et les autres vivront cachés, dans l’attente de promesses… d’ici ou d’ailleurs.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Il fut l’homme le plus puissant du pays.Aujourd’hui, il est enfermé dans une chambre d’hôpital.On disait de lui qu’il était intouchable.Qu’il avait caché, sur une clé USB et dans le cloud, les noms de ses complices.Qu’il pouvait tout faire basculer d’un clic.Mais il n’avait rien caché.Peut-être n’était-il pas aussi intelligent qu’on l’avait cru.Les « ingénieries » qu’il avait conçues étaient d’une simplicité presque déconcertante.Il a persévéré dans sa logique de tout pouvoir acheter jusqu’à son dernier souffle d’homme libre.Jusqu’au dernier dollar « frais » de la banque centrale.En Europe, il est poursuivi pour association de malfaiteurs, détournement de fonds, blanchiment et enrichissement illicite.Au Liban, il est détenu pour une affaire de 44 millions de...
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