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Moyen-Orient - Guerre

Netanyahu ordonne des négociations pour libérer les otages, l'armée pilonne Gaza-ville

L'armée israélienne contrôle aujourd'hui 75% du territoire palestinien.

Une femme palestinienne en pleurs à l'hôpital Al-Shifa, en attendant les funérailles de ses proches tués dans des frappes israéliennes, le 21 août 2025 à Gaza-Ville. OMAR AL-QATTAA/AFP

Benjamin Netanyahu a ordonné jeudi l'ouverture de négociations pour libérer « tous » les otages à Gaza, en réponse à une nouvelle proposition de trêve dans le territoire palestinien, où l'armée israélienne resserre son étau sur la ville de Gaza en vue d'une offensive annoncée. 

« J'ai donné des instructions pour lancer immédiatement des négociations pour la libération de tous nos otages et mettre fin à la guerre dans des conditions acceptables pour Israël », a déclaré le Premier ministre.

Sans la citer explicitement, il répondait ainsi à la dernière proposition des médiateurs - Egypte, Qatar et Etats Unis - en vue d'un cessez-le-feu dans le territoire palestinien, ravagé par plus de 22 mois d'une guerre qui y a fait des dizaines de milliers de morts. 

Le plan a été accepté lundi par le Hamas, dont l'attaque sans précédent en Israël le 7 octobre 2023 a déclenché le conflit. Il prévoit selon des sources palestiniennes une trêve de 60 jours durant laquelle doivent être liberés en deux temps les otages du 7-Octobre toujours captifs à Gaza, au nombre de 49 dont 27 morts selon l'armée.

M. Netanyahu a en parallèle affirmé être sur le point d' « approuver les plans » militaires « visant à prendre le contrôle de la ville de Gaza », la plus grande du territoire palestinien, considérée comme un des derniers bastions du Hamas, et à « vaincre » ce dernier.  

« Evacuation complète » 

Signalant que cette offensive pourrait être imminente, l'armée a annoncé avoir commencé à appeler hôpitaux et responsables médicaux de Gaza-ville pour les prévenir d'une prochaine « évacuation complète » et leur enjoindre de « préparer un plan pour transférer le matériel médical du nord au sud ».

L'armée a dit avoir assuré ces interlocuteurs qu'elle leur fournirait « un lieu pour opérer, que ce soit un hôpital de campagne ou tout autre hôpital ». 

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Le ministère de la Santé de Gaza, sous l'autorité du Hamas, a rejeté ces exigences, affirmant que cela « affaiblirait ce qui reste du système de santé », et « priverait plus d'un million de personnes de leur droit aux soins médicaux ».

Cinq divisions doivent, selon l'armée, participer à l'assaut contre Gaza-ville et ses environs. L'armée va aussi rappeler pour début septembre 60.000 réservistes supplémentaires.

Le ministre de la Défense Israël Katz a approuvé mercredi l'opération, l'armée disant être désormais positionnée « en périphérie » de Gaza-ville. 

48 morts selon la Défense civile -

Sur le terrain, les bombardements ont continué à Gaza-ville, en particulier dans les secteurs périphériques de Jabalia et Nazla (nord-ouest) et de Sabra, un quartier oriental déja pilonné depuis une semaine comme celui voisin de Zeitoun, selon des témoins.

Une journaliste de l'AFP, du côté israélien de la frontière a entendu jeudi de très fortes explosions provenant de la ville de Gaza, dont au moins une après un bombardement par un avion militaire. 

Des panaches de fumée étaient visibles s'élevant vers le ciel, et le rythme des explosions s'est accéléré en début de soirée.

Débarqués par camions, près d'une centaine de soldats ont pris place à bord d'un convoi d'une trentaine d'engins blindés stationnés sur la frontière, où l'activité militaire semblait néanmoins relativement normale. 

La Défense civile de Gaza a fait état d'au moins 48 personnes tuées jeudi par des tirs et bombardements israéliens. Comme elle le fait quotidiennement, l'armée a rejeté ce bilan. 

Le cabinet de sécurité présidé par M. Netanyahu a approuvé début août un plan de conquête de Gaza-ville et des camps de réfugiés du centre du territoire, pour prendre le contrôle sécuritaire de toute la bande de Gaza et libérer les otages. 

Israël contrôle aujourd'hui environ 75% du territoire palestinien, dont les plus de deux millions d'habitants assiégés et affamés, confrontés à une catastrophe humanitaire. 

« Sauver les otages » 

La proposition des médiateurs prévoit une trêve de 60 jours, la remise de 10 otages vivants et des dépouilles de 18 otages décédés en échange de la libération de prisonniers palestiniens, ainsi que l'entrée de plus d'aide humanitaire à Gaza, selon des sources du Hamas et du Jihad islamique, son allié. 

Les captifs restants seraient libérés lors d'une deuxième échange, dans le délai de la trêve, durant laquelle doivent se tenir des négociations en vue d'un cessez-le-feu permanent.

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Les proches d'otages plaident pour qu'Israël accepte cette proposition, « qui peut sauver des otages » souligne Lishay Miran Lavi, épouse du captif Omri Miran. son rejet par Israël « condamnerait les otages vivants à mort et les morts à l'oubli », a-t-elle mis en garde. 

Deux précédentes trêves en novembre 2023 et début 2025 avaient permis le retour d'otages ou de corps de captifs en échange de la libération de prisonniers palestiniens. Mais les efforts des médiateurs ont échoué jusque-là à aboutir à un cessez-le-feu durable à Gaza. 



Benjamin Netanyahu a ordonné jeudi l'ouverture de négociations pour libérer « tous » les otages à Gaza, en réponse à une nouvelle proposition de trêve dans le territoire palestinien, où l'armée israélienne resserre son étau sur la ville de Gaza en vue d'une offensive annoncée. « J'ai donné des instructions pour lancer immédiatement des négociations pour la libération de tous nos otages et mettre fin à la guerre dans des conditions acceptables pour Israël », a déclaré le Premier ministre.Sans la citer explicitement, il répondait ainsi à la dernière proposition des médiateurs - Egypte, Qatar et Etats Unis - en vue d'un cessez-le-feu dans le territoire palestinien, ravagé par plus de 22 mois d'une guerre qui y a fait des dizaines de milliers de morts. Le plan a été accepté lundi par le Hamas, dont...
commentaires (3)

Les familles des otages ont un grand courage, je serais à leur place en crise de nerfs permanente....quel cauchemard. Si l'offensive est lancée et la proposition des médiateurs refusée, comment imaginer qu'on puisse les retrouver vivants ??? Des sanctions internationales sont nécessaires non seulement pour le sort des Gazaouis mais aussi pour les otages sacrifiés par ce gouvernement criminel. A moins que des manifs monstres et répétitives finissent par avoir de l'impact, si ce n'est pas trop tard.

Axelle Motte

11 h 26, le 24 août 2025

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Commentaires (3)

  • Les familles des otages ont un grand courage, je serais à leur place en crise de nerfs permanente....quel cauchemard. Si l'offensive est lancée et la proposition des médiateurs refusée, comment imaginer qu'on puisse les retrouver vivants ??? Des sanctions internationales sont nécessaires non seulement pour le sort des Gazaouis mais aussi pour les otages sacrifiés par ce gouvernement criminel. A moins que des manifs monstres et répétitives finissent par avoir de l'impact, si ce n'est pas trop tard.

    Axelle Motte

    11 h 26, le 24 août 2025

  • Si Netanyahou veut libérer tous les otages en même temps, c'est très facile, il n'a qu'à sortir complètement de Gaza, arrêter ses agressions, laisser les camions et les humanitaires rentrer, et s'occuper de discuter de la reconnaissance et de l'installation de la Palestine sur ses terres.

    Hélène SOMMA

    00 h 36, le 22 août 2025

  • Les Israéliens peuvent faire une croix sur leurs otages qui seront soit tués par eux-mêmes, soit exécutés, soit morts de faim. Ils sont bien naïfs s'ils croient que leur délivrance est la priorité de leur gouvernement génocidaire.

    Politiquement incorrect(e)

    14 h 58, le 21 août 2025

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