Le siège du département d'État américain. Photo AFP
Le département d’État américain a licencié lundi Chahed Ghoreishi, son responsable de la communication chargé des affaires israélo-palestiniennes, à la suite de multiples désaccords sur la manière de présenter les principales politiques de l’administration Trump, notamment un plan controversé visant à déplacer des centaines de milliers de Palestiniens de la bande de Gaza, selon des responsables américains et des documents examinés par le Washington Post. Ce licenciement fait suite à un débat interne sur la publication d’une déclaration à l’intention des médias affirmant que les États-Unis « ne soutiennent pas le déplacement forcé des Palestiniens de Gaza ».
M. Ghoreishi a rédigé cette phrase, qui ressemblait à des déclarations précédentes du président Donald Trump et de l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient Steve Witkoff, qui avait déclaré en février que les États-Unis ne poursuivraient pas de « plan d’expulsion » pour Gaza. La direction du département d’État a demandé aux responsables de « supprimer la phrase marquée en rouge et en gras », selon une note datée de la semaine dernière. Les responsables américains ont déclaré que toute communication s’écartant du message pro-israélien, même si elle est conforme à la politique américaine de longue date, ne serait pas tolérée, poursuit le Washington Post.
« Idéologies politiques personnelles »
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a ordonné mercredi le rappel de 60 000 réservistes après avoir donné son feu vert à la prise de la ville de Gaza, en pleine médiation en vue d’une trêve dans le territoire palestinien et la libération d’otages. Le cabinet de sécurité présidé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait approuvé début août un plan pour s’emparer de cette ville et de camps de réfugiés du centre du territoire, considérés comme les derniers bastions du Hamas, prendre le contrôle sécuritaire de l’ensemble de la bande de Gaza et libérer les otages.
Le département d’État n’a pas fourni de justification pour le licenciement de M. Ghoreishi. « Nous ne commentons pas les fuites d’e-mails ou les allégations », a déclaré Tommy Pigott, porte-parole du département d’État, cité par le Washington Post. « Les employés fédéraux ne doivent jamais faire passer leurs idéologies politiques personnelles avant le programme du président dûment élu », poursuit-il. M. Ghoreishi a déclaré au Post qu’il n’avait reçu aucune explication concernant son licenciement. Il a déclaré que cet incident soulevait des questions troublantes sur la position du département concernant l’expulsion potentielle des Palestiniens de Gaza.
David Milstein, conseiller principal de Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël, était l’un des principaux opposants à Ghoreishi au sein du département, ont déclaré des responsables proches du dossier. Mercredi, M. Ghoreishi a été attaqué par Laura Loomer, une militante d’extrême droite et conseillère officieuse de Trump, « connue pour ses déclarations non fondées », selon le quotidien. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, elle a qualifié Ghoreishi de « musulman jihadiste pro-régime iranien lié au NIAC », en référence au Conseil national irano-américain, un groupe qui a soutenu l’accord nucléaire iranien de 2015.



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