Le patriarche Béchara Raï lors d'une messe en septembre 2024. Photo ANI
Le patriarche maronite Béchara Raï a indiqué que « les fils de la communauté chiite en ont assez de la guerre et veulent vivre en paix », soulignant qu’« il existe un consensus libanais ferme sur l’application de la décision de désarmer le Hezbollah ».
Dans une interview accordée à la chaîne al-Arabiya, Mgr Raï a estimé que « les propos du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, relèvent de la surenchère et qu’il n’y aura pas de guerre civile au Liban ». Le patriarche a ajouté que « le Hezbollah doit arriver à la conviction que l’armée protège tous les Libanais sans distinction », en rappelant que « la coexistence est ce qui caractérise le Liban et qu’elle est inscrite dans la Constitution ».
« Le Hezbollah a vidé la résistance de son véritable sens ; la résistance ne consiste pas à se soumettre aux diktats de l’Iran », a martelé le patriarche dans une de ses plus virulentes attaques contre le parti chiite. Il a poursuivi en affirmant que « la décision du gouvernement libanais est claire : en finir avec toute arme illégale », insistant sur le fait que « le Hezbollah doit penser à sa « libanité » », et notant que « la guerre de soutien à Gaza a apporté la ruine au Liban ». Selon lui, « la priorité doit aller à la reconstruction et au redressement, non à la guerre ». « Les chiites sont une communauté libanaise qui existe avant la naissance de ce qu'on appelle la résistance, a encore lancé le patriarche. Le Hezbollah doit avoir une allégeance totale au Liban et cesser son allégeance à l’Iran ».
Ces propos interviennent après la décision du Conseil des ministres de désarmer les groupes armés au Liban, dont le Hezbollah, et d'approuver la feuille de route américaine transmise aux autorités par l’émissaire Tom Barrack. L’armée libanaise a dans la foulée été chargée de présenter un plan d’ici le 31 août prévoyant un désarmement qui devrait être exécuté avant la fin de l’année. Ces décisions ont provoqué la colère du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, qui a prononcé un discours d’une rare violence vendredi dernier, dans lequel il réitérait le refus de son parti de remettre les armes, allant jusqu’à agiter la menace d'une guerre civile. Ce discours a été prononcé au lendemain de la visite l’émissaire iranien Ali Larijani au Liban, où il a tenu des propos en faveur du maintien des armes.
Le prélat maronite a dans ce cadre qualifié de « flagrante » l’ingérence iranienne dans les affaires libanaises et martelé que « la résistance n’est pas synonyme d’obéissance aux ordres iraniens ».
Sur un autre plan, Mgr Raï a estimé qu’« il n’y a pas d’obstacle à la paix avec Israël à l’avenir, lorsque les conditions seront favorables ». Il a enfin révélé que « la visite du pape au Liban aura lieu avant la fin de cette année ».
Le Hezbollah s’est engagé dans un front de soutien du Hamas un jour seulement après l’attaque du groupe islamiste palestinien à l’intérieur du territoire israélien, le 7 octobre 2023. Cette offensive a entraîné la bande de Gaza dans une guerre avec Israël qui perdure depuis bientôt deux ans. Au Liban, ce nouveau conflit avec l’État hébreu a laissé le Hezbollah exsangue et privé le parti chiite de ses principaux leaders et cadres politiques et militaires, dont son précédent secrétaire général Hassan Nasrallah, tué le 27 septembre 2024.



Bravo et merci Monseigneur !
13 h 36, le 21 août 2025