L'émissaire américain Tom Barrack, accompagné de l'ancienne émissaire Morgan Ortagus, ont atterri dimanche soir à l'Aéroport international de Beyrouth (AIB), rapportent les médias locaux.
Le président du Parlement libanais et chef du mouvement Amal, allié du Hezbollah, qui s'exprimait également sur al-Arabiya, a de son côté appelé à un « dialogue au sujet de la décision du monopole des armes aux mains de l’État, mais pas de la manière dont elle est actuellement proposée. »
« J’écouterai l’envoyé américain pour connaître sa vision quant aux modalités du désarmement, mais je n’ai rien à lui soumettre de mon côté », a-t-il lancé, alors que Tom Barrack est attendu lundi au Liban, en compagnie de sa prédécesseure, Morgan Ortagus.
« Il n’y a aucune crainte d’une guerre civile ni d’une menace contre la paix intérieure », a encore souligné M. Berry, qui a souligné qu' « aucune décision concernant le désarmement d’un parti ne peut être appliquée tant qu’Israël refuse de mettre en œuvre ses engagements », notamment en se retirant du territoire libanais et libérant les détenus libanais dans ses prisons. « Le Hezbollah n’a pas tiré une seule balle depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, alors qu’Israël poursuit ses frappes », a-t-il souligné. Le parti chiite avait mené des tirs quelques jours après le début de la trêve, début décembre 2024, qui avaient provoqué une riposte sévère et meurtrière de l'armée israélienne.
M. Aoun a également souligné que la communauté chiite est « un élément fondamental au Liban et qu'il n'y a pas lieu de craindre pour une communauté ou une autre ». Il a affirmé que la neutralité du Liban, et le fait de le maintenir à l'écart des conflits « est ce qui le protège face à tous les défis ». L'armée libanaise « est forte et accomplit ses missions dans toutes les régions du pays, ce qui renforce la stabilité et rassure les Libanais à l'intérieur et à l'extérieur », a-t-il déclaré.
Sur un autre plan, le chef de l'Etat a rejeté toute « naturalisation des Palestiniens » au Liban, rappelant qu'il s'agissait d'une « question relevant du Pacte national. »
Concernant les relations avec le Golfe, et surtout avec l'Arabie saoudite, Joseph Aoun a expliqué avoir « dit à Son Altesse le prince Mohammad ben Salmane et à tous dans le monde : je ne veux pas de dons, je veux des investissements. Les investissements peuvent prendre plusieurs formes et nous avons de nombreux secteurs dans lesquels vous pouvez investir. »
« Nous comptons beaucoup sur le rôle du Royaume d’Arabie saoudite dans la relance au Liban. Personne ne pourrait renoncer à la relation entre nos deux pays », a-t-il souligné.
« Je promets aux Libanais, dans le pays et à l'étranger, que nous allons aller de l'avant. Il n'y aura pas de retour en arrière », a encore lancé Joseph Aoun. « Le changement ne se fait pas du jour au lendemain, mais il a commencé et il est tangible », a-t-il insisté, affirmant que des « démarches qui rétablissent la confiance des Libanais et de l'étranger en l’État ont été entamées ». « Personne n’est protégé, pas même moi. Et les fonds des déposants reviendront », a-t-il assuré.
Joseph Aoun dit avoir eu « deux options » face au plan Barrack : l'accepter ou le refuser et voir s'intensifier les attaques israéliennes
« Tout le monde est favorable à la neutralité du Liban, et c’est ce qui le renforce et le protège face à tout défi venant de n’importe quelle partie », a-t-il ajouté.
Concernant la feuille de route américaine approuvée le 7 août par le gouvernement, il a souligné avoir eu « deux options : soit accepter le document et demander au monde d’obtenir l’accord d’Israël » pour un arrêt des attaques visant le Liban, « soit ne pas l’accepter et voir s’intensifier les agressions et l’isolement économique du Liban. » « Nous avons formulé des remarques sur le document américain, il est ainsi devenu un document libanais », a-t-il répondu aux responsables ayant critiqué le plan présenté par l'émissaire Tom Barrack. « Il ne devient exécutoire qu’après l’approbation des États concernés et nous avons insisté sur le principe du +pas à pas+ », a-t-il ajouté. Il a encore indiqué que tous les contacts avec Israël « se font par l’intermédiaire des Américains, des Français et de parties qui veulent simplement aider. Mais il n’y a aucune partie ou médiateur qui mène un dialogue libano-israélien. »
Joseph Aoun à al-Arabiya : Il est injustifié d'instiller la peur de l'autre parmi les Libanais
« L’Iran est un pays ami, mais sur la base du respect mutuel et de la préservation de la souveraineté. « Nous ne nous permettons pas d’intervenir dans ses affaires ni dans celles d’aucun autre État, pas plus que nous n’acceptons d’ingérence dans nos affaires intérieures », a ajouté M. Aoun, alors que le régime iranien a dit rejeter la décision du gouvernement libanais de désarmer le parti chiite.
Pour lui, les mises en garde contre une guerre civile en cas de désarmement imposé, et « la peur de l'autre instillée parmi les Libanais » ne sont que des « paroles, et elles ne sont pas justifiées ».
Le président libanais, Joseph Aoun, donne actuellement un entretien sur la chaîne saoudienne al-Arabiya.
Face à la journaliste libanaise Layal el-Ikhtiyar, il a déclaré que l'armement du Hezbollah est « une affaire interne et que ce sont les institutions constitutionnelles qui sont compétentes pour traiter cette question », en allusion aux décisions prises les 5 et 7 août par l'exécutif concernant le monopole des armes, qui doit être récupéré par l'Etat avant la fin de l'année. « Je ne pense pas, dans le pays, quelqu'un ait un problème avec le principe du monopole des armes », a-t-il ajouté.
L'armée israélienne va « concentrer » ses opérations sur la ville de Gaza, dans le nord du territoire palestinien, pour y frapper de « façon décisive » le Hamas, a annoncé son chef d'état-major. « Aujourd'hui, nous approuvons le plan pour la prochaine phase de la guerre », a déclaré le lieutenant-général Eyal Zamir, cité par un communiqué de l'armée au cours d'une visite sur le terrain dans la bande de Gaza.
« Nous maintiendrons l'élan de l'opération » d'envergure annoncée mi-mai par l'armée dans le territoire palestinien en guerre depuis 22 mois « tout en nous concentrant sur la ville de Gaza » - la plus grande du territoire et selon Israël un des derniers bastions du mouvement palestinien - a-t-il développé. « Nous continuerons à frapper jusqu'à la défaite décisive du Hamas, en gardant toujours les otages au premier plan de nos préoccupations », a-t-il ajouté.
Netanyahu : Les manifestations pour la fin de la guerre à Gaza renforcent la position du Hamas
Les manifestations en Israël pour exiger la fin de la guerre dans la bande de Gaza et la libération négociée des otages renforcent la position du Hamas, a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
« Ceux qui appellent aujourd'hui à mettre fin à la guerre sans une défaite du Hamas non seulement renforcent la position du Hamas et éloignent la libération de nos otages, mais ils garantissent aussi que les horreurs du 7 octobre se reproduiront encore et encore, et que nous devrons nous battre dans une guerre sans fin », a accusé M. Netanyahu lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement.
Des milliers de personnes sont descendues dimanche dans la rue en Israël pour exiger un accord de cessez-le-feu garantissant la libération des otages enlevés lors de l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, qui a déclenché la guerre.
Liban-Sud : création d’une « coalition des habitants des villages frontaliers du Sud », demandant l'aide de l’État pour la reconstruction et l'indemnisation des familles
Se présentant comme étant « ni affiliée ni opposée à aucun parti politique », une « coalition des habitants des villages frontaliers du Sud », constituée pour l’occasion, a organisé une conférence de presse à 11 heures du matin à Kfar Jouz (caza de Nabatiyé). « Nous refusons toutes les rumeurs sur des zones tampons vidées de leurs habitants, car cette terre a des propriétaires qui ne l’abandonneront pas » peut-on lire dans le communiqué.
Dénonçant le fait que « des dizaines de milliers de déplacés sont encore dispersés à travers le pays, certains étant toujours réfugiés dans des écoles », et que le « taux de retour ne dépasse pas 10 % de la population d’avant-guerre », la « coalition » a adressé quatorze demandes à l'État libanais « et à toutes les parties concernées », dont la reconstruction des zones détruites, le versement des indemnisations aux sinistrés, des soins médicaux et une éducation gratuite, le retrait des dépôts bloqués dans les banques, ou encore le versement d’un montant mensuel d’au moins 300 dollars par famille à titre d’allocation de logement.
« Nous frapperons à toutes les portes et mènerons toutes les formes de mobilisation possibles et disponibles, de manière démocratique, légale, positive, pacifique » précise le communiqué.
Gaza : 18 Palestiniens tués dans des bombardements et tirs israéliens
La Défense civile à Gaza a indiqué que 18 personnes avaient été tuées et des dizaines blessées dimanche dans des bombardements et tirs israéliens. Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile, a déclaré à l'AFP que parmi les morts figuraient sept Palestiniens tués à l'aube par une frappe de drone dans la cour de l'hôpital al-Maamadani dans la ville de Gaza, dans le nord du territoire affamé.
Selon des témoins, les victimes faisaient partie de « l'unité Sahm » affiliée au Hamas. Cette unité regroupe des centaines des agents de sécurité et de volontaires chargés « d'assurer l'aide et de lutter contre les pillards », selon des sources du Hamas.
« Pour chaque personne tuée le 7-Octobre, 50 Palestiniens doivent mourir (…) Ils ont besoin d'une Nakba de temps en temps » déclare l’ancien chef du renseignement militaire israélien, Aharon Haliva
Dans une série d’enregistrements non datés, et diffusés vendredi soir par la chaîne israélienne Channel 12 à heure de grande écoute, l'ancien chef du renseignement militaire israélien, Aharon Haliva a déclaré que le « fait qu’il y ait déjà 50 000 morts à Gaza est nécessaire et requis pour les générations futures », rapportent les médias israéliens.
« Pour tout ce qui s’est passé le 7 octobre, pour chaque personne tuée le 7 octobre, 50 Palestiniens doivent mourir » , a affirmé celui qui a démissionné de son poste en avril 2024. « Je ne dis pas cela par vengeance, mais comme un message aux générations futures », a-t-il insisté. Avant de lancer : « Ils ont besoin d’une Nakba de temps en temps pour ressentir les conséquences. Il n’y a pas d’alternative, dans ce voisinage dérangé. »
Liban-Sud : une puissante détonation entendue dans la région de Kfar Kila
À l'aube, une puissante détonation, d'origine toujours inconnue, a été entendue dans la région de Kfar Kila, selon les sources locales de notre correspondant Mountasser Abdallah. La déflagration a été entendue dans plusieurs villages voisins.
Syrie : Chareh reçoit le patriarche Yazigi
En Syrie, le président par intérim Ahmad el-Chareh a reçu hier à Damas le patriarche d'Antioche et de tout l'Orient des grecs-orthodoxes, Jean X Yazigi, a rapporté la présidence sur Telegram.
Les deux hommes ont discuté du « rôle de l'Eglise » dans la consolidation de l'unité nationale en Syrie et dans la préservation de la paix civile.
Cette rencontre a eu lieu près de deux mois après l'attentat à l’église Saint-Élie des grecs-orthodoxes à Damas le 22 juin dernier, qui a fait 25 morts et 63 blessés. L'attentat avait été revendiqué quelques jours plus tard par un mystérieux groupuscule jihadiste syrien répondant au nom de « Saraya Ansar el-Sunna » (« Brigade des partisans des sunnites »). Les autorités syriennes ont, elles, accusé l'organisation État islamique.
La diplomatie américaine suspend ses visas humanitaires pour les Gazaouis
La diplomatie américaine a annoncé hier qu'elle mettait fin, le temps d'une enquête, à ses visas médicaux pour des réfugiés palestiniens de la bande de Gaza, après qu'une influenceuse d'extrême droite, qui a l'oreille de Donald Trump, a dénoncé cette politique humanitaire.
« Tous les visas visiteurs pour les personnes en provenance de Gaza sont suspendus le temps que nous fassions un examen complet et minutieux du processus et des procédures utilisés ces derniers jours pour accorder un petit nombre de visas temporaires de type médical et humanitaire », a indiqué sur X le département d'Etat.
Cette annonce du ministère des Affaires étrangères, dirigé par le secrétaire d’État Marco Rubio, fait suite à des messages sur les réseaux sociaux de Laura Loomer, journaliste et influenceuse réputée pour ses sorties racistes et complotistes et qui a déjà obtenu la tête de responsables de la précédente administration démocrate de Joe Biden. Elle a ainsi annoncé vendredi avoir dénoncé auprès de parlementaires républicains l'arrivée aux États-Unis de Palestiniens de Gaza qui « travaillent pour des organisations islamiques pro-Hamas (...) affiliées aux Frères musulmans et financées par le Qatar ».
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Manifestations en Israël pour la libération des otages à Gaza
Des manifestations ont débuté dans plusieurs villes d'Israël pour demander au Premier ministre Benjamin Netanyahu de mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza et obtenir un accord pour la libération des otages qui y sont retenus. Un immense drapeau israélien, floqué de portraits de personnes kidnappées, a été déployé à Tel-Aviv sur la « place des otages », devenue emblématique depuis le début de la guerre.
La mobilisation de dimanche survient alors qu'Israël a annoncé se préparer à prendre le contrôle de Gaza-Ville et de camps de réfugiés voisins avec pour but affiché de vaincre le mouvement palestinien et libérer les otages. Cette annonce a suscité en Israël l'effroi de familles d'otages qui craignent que l'opération entraîne la mort de leurs proches.
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Les houthis annoncent « l’imposition d’un blocus aérien complet » contre Israël
Peu après la frappe israélienne contre Sanaa, le porte-parole militaire des houthis a annoncé « l’imposition d’un blocus aérien complet contre Israël », disant agir « en réponse à l’intensification des opérations à Gaza ». « Nous agirons pour imposer ce blocus en ciblant de manière répétée les aéroports, en particulier l’aéroport de Lod, appelé Ben-Gourion » précise le porte-parole, dans des propos rapportés par la chaîne al-Jazeera.
Après ces menaces, la chaîne 12 israélienne a indiqué que la compagnie aérienne Air Europa, la troisième plus grande compagnie espagnole, a annulé l’ensemble de ses vols prévus lundi entre Madrid et Tel-Aviv.
L'armée israélienne annonce avoir bombardé un « site énergétique » des houthis
L'armée israélienne a annoncé ce matin avoir frappé « un site énergétique » dans la région de Sanaa, utilisé par les rebelles houthis.
L'armée israélienne « a mené cette frappe à une distance de quelque 2.000 kilomètres d'Israël, en plein cœur du Yémen, ciblant un site d'infrastructure énergétique utilisé par le régime terroriste houthi », indique l'armée dans un communiqué.
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