Des combattants du groupe jihadiste Hay'at Tahrir al-Cham dans la province d'Idlib, le 16 août 2023. Photo Omar Haj Kadour/AFP
Des combattants étrangers ayant participé à la guerre civile en Syrie ont récemment demandé à obtenir la citoyenneté syrienne au nouveau gouvernement islamiste à Damas, arguant l’avoir méritée pour le rôle qu’ils ont joué dans la prise de pouvoir aux côtés des rebelles qui ont renversé l’ancien dirigeant Bachar el-Assad en décembre dernier, rapporte l'agence Reuters.
Le sort des combattants étrangers est incertain depuis la prise de pouvoir par le groupe Hay’at Tahrir el-Cham (HTC), peu d’États étant disposés à accueillir ces personnes souvent considérées comme des extrémistes, et dont les Syriens eux-mêmes se méfient.
Beaucoup de combattants et leurs familles, ainsi que d'autres personnes, notamment des travailleurs humanitaires et des journalistes, qui ont rejoint les rebelles n'ont pas de papiers en règle. Certains ont été déchus de leur nationalité d'origine et craignent de longues peines de prison, voire la mort, dans leur pays d'origine. Toutefois, leur accorder la nationalité syrienne pourrait nuire aux relations entre la Syrie et les États étrangers en question, alors même que le nouveau gouvernement syrien sollicite leur soutien pour l’unification et la reconstruction d’un pays dévasté par la guerre et secoué par des massacres sectaires, souligne l'agence.
Une pétition soumise jeudi au ministère syrien de l'Intérieur soutient que les étrangers devraient obtenir la citoyenneté syrienne afin de pouvoir s'installer, posséder des terres et même voyager. « Nous avons partagé le pain, nous avons partagé la douleur, et nous avons partagé l'espoir d'un avenir libre et juste pour la Syrie... Pourtant, pour nous, les mouhajirine (émigrants), notre statut reste incertain », peut-on lire dans la lettre. « Nous demandons respectueusement aux dirigeants syriens, avec sagesse, clairvoyance et fraternité, de nous accorder la pleine citoyenneté syrienne et le droit de détenir un passeport syrien », poursuit le texte.
La lettre a été soumise au ministère syrien par Bilal Abdel Karim, un comédien américain devenu journaliste de guerre résidant en Syrie depuis 2012 et figure de proue parmi les étrangers islamistes dans ce pays. Celui-ci a affirmé que la pétition visait à aider des milliers d'étrangers originaires de plus d'une douzaine de pays. Parmi eux figurent des Égyptiens, des Saoudiens, des Libanais, des Pakistanais, des Indonésiens et des Maldiviens, ainsi que des Britanniques, des Allemands, des Français, des Américains, des Canadiens et des personnes d'origine tchétchène et ouïghoure.
Il n'a pas été possible de déterminer combien de personnes ont soutenu la pétition pour obtenir la citoyenneté, mais trois étrangers en Syrie - un Britannique, un Ouïghour et un Français - ont confirmé l'avoir fait. Un porte-parole du ministère syrien de l'Intérieur a déclaré que c'était à la présidence syrienne de se prononcer sur la question de la citoyenneté des étrangers.
Dans les semaines qui ont suivi son accession au pouvoir, le président par intérim Ahmed el-Chareh, ancien chef du HTC, a déclaré que les combattants étrangers et leurs familles pourraient obtenir la citoyenneté syrienne, mais aucune information publique n'a été communiquée depuis à ce sujet.
Ce texte est une traduction d'un article initialement publié en anglais par l'agence Reuters.


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01 h 00, le 17 août 2025